Rapport d'activité 2018 - Les activités culturelles et éducatives

Rendre accessible au grand public le savoir et la connaissance, mettre en valeur les collections et leur actualité, découvrir leurs richesses et leur rareté font partie des missions de la programmation culturelle. La Bibliothèque nationale de France a maintenu en 2018 une très importante activité : elle a présenté 13 nouvelles expositions temporaires sur ses sites. À cette offre importante d’expositions, s’ajoutent des manifestations, conférences, spectacles, colloques et propositions pédagogiques.

 

Les expositions

Les expositions à la BnF

La fréquentation globale des expositions à la BnF est de plus de 350 000 visites pour l’année 2018 avec notamment 273 131 visiteurs pour les expositions temporaires dans les galeries d’expositions du site François-Mitterrand, à l’Arsenal ou sur le site de l’Opéra ; enfin, près de 120 000 personnes (estimation) ont fréquenté les installations de l’allée Julien Cain, espace en accès libre.

Sur le site François-Mitterrand (Galeries 1 et 2), quatre nouvelles expositions ont été proposées : Dominique Perrault – la BnF – portrait d’un projet ; Icônes de mai 68 ; Les Nadar, une légende photographique et Maket it New – Conversations avec l’art médiéval - Carte blanche à Jan Dibbets.

L’exposition Dominique Perrault, conçue par l’architecte lui-même, a permis de retracer le processus de création de ce projet marqué par des débats intenses, par l’engagement de nombreux partenaires et par de multiples expérimentations jalonnant sa conception et sa réalisation. Croquis, plans, maquettes et films, issus des archives de l’architecte et de différentes collections publiques, portaient un regard nouveau sur l’histoire de la BnF.

La mise en perspective était également un élément central de l’exposition Icônes de mai 68, l’exposition retraçant l’histoire de certaines images désormais célèbres. Elle a montré leur trajectoire médiatique pour mettre en évidence les conditions de leur émergence culturelle dans la mémoire collective.

En fin d’année, la BnF a proposé la première grande exposition consacrée aux trois Nadar : Félix Nadar (1820-1910), son frère Adrien Tournachon (1825-1903) et son fils Paul Nadar (1856-1939) tout à la fois photographes, peintres, dessinateurs et inventeurs. Par la richesse des thématiques développées, qui a pour toile de fond le milieu artistique et culturel mais aussi scientifique et industriel, voire politique, de la fin du XIXe et début du XXe siècle, l’exposition a permis de présenter au public les débuts de la photographie à travers l’histoire d’un atelier familial se transformant en entreprise et s’emparant des différentes techniques de la photographie et de leurs avancées. Le succès public de l’exposition a récompensé un projet en forte résonance avec l’histoire de la Bibliothèque et plus particulièrement celle du département des Estampes et de la photographie.

Dans la Carte blanche à Jan Dibbets, l’artiste, figure majeure de la scène artistique contemporaine, a mis en regard une sélection de manuscrits enluminés de La Louange à la sainte Croix, livre célèbre pour ses poèmes figurés, de Raban Maur et datant du IXe siècle, avec une trentaine d’œuvres représentatives de l’art minimaliste et conceptuel ainsi que du land art.

La galerie des donateurs, d’accès libre, a permis la mise en valeur de quatre fonds : les estampes d’Antoni Clavé, exposition organisée à l’occasion de la donation de 92 estampes, les dessins de Plantu, les archives de Michel Jaffrennou illustrant le travail de l’artiste vidéaste des années 1970 à 1990 et le fonds Jérôme et Annette Lindon.

L’exposition Plantu présentait 164 pièces illustrant 50 ans de dessin de presse de l’artiste, retraçant ainsi l’évolution stylistique de Plantu, du dessin à l’encre de Chine, au feutre avec enfin l’utilisation de la palette graphique. Outre les dessins originaux, des brouillons préparatoires, des journaux, des albums, des sculptures représentant des personnalités politiques ainsi que des objets dérivés ont été exposés. L’exposition a connu un succès et une fréquentation hors normes pour la galerie des donateurs avec 25 481 visiteurs. Devant le succès, l’ouverture de l’exposition a été prolongée de deux semaines.

Les combats de Minuit : dans la bibliothèque de Jérôme et Annette Lindon a exposé les livres dédicacés au couple, remis en don à la BnF par leurs trois enfants. Ces livres racontent l’aventure humaine vécue aux Éditions de Minuit, au gré des engagements esthétiques et politiques. L’exposition a ainsi rendu hommage à l’ambition et à l’exigence d’un travail d’éditeur qui a marqué la vie intellectuelle de la seconde moitié du XXe siècle d’une empreinte profonde.

L’allée Julien Cain, espace en libre-accès, a accueilli plusieurs autres expositions en 2018, en particulier l’exposition Chaillot, une mémoire de la danse, Épreuves d’imprimeur. Estampes de l’atelier Franck Bordas. Les lauréats du concours photographique de la Bourse du Talent 2018 ont été présentés, grâce au partenariat avec Picto.

Une seule nouvelle exposition a été proposée sur le site de l’Opéra-Garnier : Picasso et la danse. L’exposition co-organisée par la BnF et l’Opéra national de Paris explorait les différentes facettes du rapport de Picasso à la danse à travers une série d’œuvres et de documents rarement exposés en France.

Enfin, à la bibliothèque de l’Arsenal, l’exposition de bibliophilie a été consacrée à Georges Vigarello et ses livres. Historien du corps et de l’hygiène, directeur d’études à l’EHESS, titulaire de la chaire d’histoire des politiques corporelles, Georges Vigarello a rassemblé tout au long de sa carrière un ensemble exceptionnel de livres remarquables. Au carrefour de la bibliophilie et de la fabrique de l’histoire, l’exposition explorait de façon inédite le thème de la bibliothèque du chercheur, ouvrant une page nouvelle dans cette série sur les collections bibliophiliques, proposée par la BnF sur son site de l’Arsenal.

Sur le site Richelieu, suite à la réouverture de la première partie rénovée du site, la BnF a ouvert un espace semi-permanent, la rotonde des Arts du spectacle, espace de présentation des collections du département éponyme. La rotonde constitue un élément important du parcours de visite du site pendant la deuxième période de travaux. Plusieurs rotations sont organisées dans l’année.

Tableau – Fréquentation des expositions temporaires (accès payants et gratuits)

Les expositions hors les murs

La BnF a également poursuivi son cycle de présentations d’œuvres, « Dans les collections de la BnF », afin de faire découvrir et partager ses richesses patrimoniales : chaque année, des pièces exceptionnelles issues des collections de la Bibliothèque sont présentées dans plusieurs établissements culturels en région, choisies en fonction de leur valeur emblématique mais aussi pour les liens avec les collections locales ou la thématique d’un festival. Ainsi, en 2018, la BnF a mis à disposition auprès du Musée des Beaux-Arts de Tours plusieurs œuvres représentant Marie-Madeleine Guimard, qui fut une talentueuse danseuse de l’opéra sous l’Ancien Régime, mais également une sélection de dessins de Jean-Jacques Lequeu au musée des Beaux-Arts de Rouen-Métropole, parallèlement à la grande exposition organisée au Petit-Palais - musée des Beaux-Arts de la ville de Paris (voir ci-dessous), ou encore, des objets de la collection du marionnettiste Jacques Chesnais au musée des arts de la marionnette à Lyon et présenté une exposition La Scandinavie à travers les cartes, à l’occasion du festival international de géographie à Saint-Dié-les-Vosges.

Dans un format Hors les murs, la médiathèque Pierre Sanlac de Périgueux a accueilli l’exposition Théâtre du mouvement, l’aventure du geste en juin-juillet, soit 77 pièces du département des Arts du spectacle. Le Petit Palais a également présenté une exposition intitulée Jean-Jacques Lequeu, bâtisseur de fantasmes, exclusivement issue des fonds de la BnF. Ces expositions temporaires offrent à la BnF l’occasion de développer de véritables partenariats avec d’autres institutions.

Enfin, dans le cadre du plan « Culture près de chez vous », la Bibliothèque a proposé une quarantaine d’œuvres pour le Catalogue des désirs, pour l’itinérance des œuvres des collections nationales. Sont déjà prévues les mises à disposition de deux pièces de l’Arsenal (chaîne d’esclave et le traité de l’Abbé Grégoire) auprès du musée de la marine de Châteauneuf-sur-Loire, dans le cadre d’une exposition consacrée à la pratique de la traite négrière.

La fréquentation hors des emprises de la BnF, dans les projets dits hors les murs et collaborations, est importante. Les expositions hors les murs de la BnF ont accueilli plus de 300 000 visiteurs dont : 145 000 visiteurs pour Le Luxe dans l’Antiquité présentée à Copenhague du 17 octobre 2018 au 6 janvier 2019, environ 2 000 visiteurs / jour à l’exposition Le Monde en sphères présentée au Louvre Abu Dhabi ; Picasso et l’art ancien à travers les estampes de la collection de la Bibliothèque Nationale de France a été visitée par 114 000 visiteurs en cinq étapes différentes au Japon.

Les prêts à d’autres expositions

La BnF a consenti des prêts pour 181 expositions tant en France (111, dont 55 hors Ile-de-France) qu’à l’étranger, correspondant à 2 860 pièces.

Enfin, les collections de la BnF sont présentes dans l’exposition permanente inaugurale du Louvre Abu Dhabi.

Les conférences et les colloques

Dans une offre parisienne abondante et variée, la BnF s’est attachée, en 2018, à afficher un large spectre de propositions culturelles, affirmant sa spécificité autour d’une programmation originale, reflet de ses collections, de ses missions et de son identité propre. Cette programmation, pour en accroître la lisibilité, est structurée en grandes rubriques : « Tous les Savoirs », « Dans les collections », « Échos de recherche », « En scène », « Rencontres professionnelles », « Événements ».

En 2018, près de 200 manifestations ont été proposées, dont un peu plus du tiers en coproduction avec des partenaires : universités, centres de recherche, institutions, médias. Au total, 24 012 personnes ont été accueillies dans le cadre de cette programmation. Pour rappel, les chiffres pour les années 2016 et 2017 étaient respectivement de 19 193 et 34 075. Le résultat de 2017, d’un niveau exceptionnellement élevé, tenait à la très riche programmation de manifestations organisées pour la réouverture de la première tranche du site Richelieu et à l’accueil d’un festival de cinéma non reconduit en 2018.

Si les cycles de conférences, installées de longue date dans la programmation (tels que les Cours méthodiques et populaires de philosophie, les Jeudi de l’Oulipo, les séries Un texte, un mathématicien et Trésors de Richelieu…) ou plus récents (Masterclasses), connaissent une fréquentation constante, souvent imposante, qui justifie leur organisation dans les auditoriums, on aussi noter le succès non démenti de cycles de conférences ou de cours organisés en fin de journée dans l’espace plus resserré de la salle 70 : c’est le cas de l’Histoire des relations franco-italiennes ou du cycle consacré à l’archéologie, qui ont fait, à de rares exceptions près, salle comble. Toutes ces manifestations de format court, puisqu’elles ne durent jamais plus d’une heure et demie, sont regroupées dans la rubrique « Tous les savoirs ».

La deuxième édition du Festival de la BnF La Bibliothèque parlante a vu sa programmation resserrée et les manifestations qui se sont déroulées dans les auditoriums sont devenues payantes, eu égard à l’abondance et à la qualité de la programmation faisant participer des comédiens de grande notoriété.

Parmi les journées d’étude, peuvent être cités le colloque Sciences I Médias « Comment lutter contre la désinformation scientifique ? », le colloque international « Foucault, les Pères et le sexe », « Autour du dessin de presse : Le dessin satirique et la bande dessinée », « Droit(s) et apparence vestimentaire », « Cinéma et littérature de jeunesse : quelles passerelles entre écrits et écrans ? », « France et Angleterre : manuscrits médiévaux entre 700 et 1200 ».

Des conférences de la BnF sont ensuite téléchargeables sur des chaînes de podcast ou consultables sur son site internet ou dans sa bibliothèque numérique Gallica. En 2018, les pages hébergeant les vidéos des conférences ont été affichées près de 50 000 fois et les 500 vidéos de conférences intégrées dans Gallica ouvertes plus de 14 000 fois.

 

Tableau – Fréquentation des principales manifestations culturelles

Les activités pédagogiques

Le service de l’action pédagogique de la BnF diffuse et valorise les collections auprès des publics scolaires, soit directement (classes), soit indirectement (enseignants, professeurs-documentalistes, bibliothécaires…). Cette mission prend la forme de visites des sites de la BnF et de ses expositions, d’ateliers thématiques (livre, cartographie, presse, théâtre…), de formations pour les professionnels, de manifestations pédagogiques (débats et colloques publics) et de publications (dossiers pédagogiques par exemple, repris en ligne sur le portail classes.bnf.fr).

De la maternelle au début des études supérieures (classes préparatoires, BTS…), la fréquentation physique des publics scolaires a progressé en 2018 (+9%), avec 18 995 élèves et enseignants (14 896 élèves, 4 099 enseignants). Les principales classes reçues sont des classes du primaire (plus de 4 500 enfants), du collège (près de 3 800 collégiens) puis du lycée (3 000 élèves). On peut également mentionner plus de 1 600 étudiants (classes préparatoires, BTS). Près de 1 000 des scolaires et des enseignants ont suivi un programme hors les murs de la BnF (5% du public).

Les ateliers

L’offre d’ateliers a évolué en 2018. Une refonte de certains ateliers a été menée ainsi que la création d’un atelier pour les plus jeunes (de Grande section au CE2). Les ateliers du livre sont les plus demandés dans l’offre de ce service. Un créneau par semaine a été ajouté pour l’année 2018/2019 et 90% des ateliers ont été réservés.

Parmi les publics scolaires spécifiques, on peut souligner la participation d’apprentis et d’élèves allophones aux activités proposées par le service de l’Action pédagogique. Ainsi, huit groupes d’élèves allophones sont venus à la BnF pour une présentation générale de BnF et du Labo FLE. La venue de ces élèves a été coordonnée par le Centre Académique pour la Scolarisation des Nouveaux Arrivants et des enfants du Voyage-CASNAV qui finance leur participation.

Par ailleurs, six groupes d’apprentis du bâtiment et des travaux publics ont réalisé des visites techniques de la BnF. Les centres de formation pour apprentis sont toujours aussi intéressés pour faire visiter le site François-Mitterrand ou le site de Richelieu à leurs élèves.

Enfin, les élèves en situation de handicap participent à des ateliers du livre adapté à leur handicap. Un atelier du livre est ainsi proposé aux élèves non-voyants et un autre aux élèves souffrant d’un handicap psychique.

Activités autour des expositions

Chaque exposition est l’occasion de renouveler l’offre pédagogique. Des ateliers peuvent être crées sur le thème d’une exposition indépendamment des visites guidées d’exposition mais, le plus souvent, l’atelier est conjugué à une visite. Plus de 2 000 personnes, en diminution par rapport à 2017, ont été reçues dans le cadre des expositions temporaires organisées à la BnF, notamment Mai 68, Nadar, Plantu et Paysages français. Plus de 700 élèves ou enseignants ont bénéficié d’une visite guidée de l’exposition Icônes de Mai 68 et, en lien avec cette exposition, 70 élèves ont participé à l’atelier Ciné tract, 172 à l’atelier Fabrique ton film militant et 43 à l’atelier Chanson en révolution(s). Le public scolaire de l’exposition Paysages Français s’est révélé très divers, allant du CE1 jusqu’aux étudiants en architecture. L’exposition Nadar a été l’occasion d’inaugurer un projet nouveau, « Les petits médiateurs », pour lequel des élèves de CE2 de l’École élémentaire publique Romainville B. vont devenir des passeurs de culture de l’œuvre des Nadar. Par cette expérience, les élèves sortent de leur « rôle habituel » en devenant « guides » pour des jeunes d’âge différent. L’exposition Plantu a rencontré un vrai succès auprès des enseignants. La jauge de la Galerie des donateurs étant limitée, il n’a pas été possible de recevoir les classes de plus de 30 élèves. Les petits groupes et les créneaux du matin ont donc été privilégiés. Suite à cette exposition, un atelier permanent est maintenant proposé pour les classes d’écoles élémentaires sur le thème du dessin de presse et de la caricature.

Les formations et les manifestations

Comme l’année précédente le service a organisé deux formations inter-académiques de l’Ile-de-France : la journée inter-académique des professeurs documentalistes sur le site François Mitterrand, le 5 avril 2018, et les deux journées de formation du Plan national de formation Lettres, le 14 mai 2018. La BnF a également réalisé cinq journées de formation sur l’éducation artistique et culturelle en région.

La BnF et le Centre européen des professions culinaires (CEPROC) ont organisé une nouvelle édition du concours réservé aux apprentis des arts culinaires. 300 apprentis ont participé à la remise des prix à la BnF, le 3 mai 2018. Cette journée a été l’occasion pour le département Sciences et techniques d’organiser une table ronde sur le thème de l’alimentation du futur, proposée par la chaire ANCA, chaire partenariale de la Fondation AgroParisTech.

En lien avec l’exposition Icônes de Mai 68, la sixième édition du concours de récitation Réciter aujourd’hui avait pour thème En Révolution(s) : Jeunesse et Révolte, ouvert à des collégiens et lycéens venant de tout le territoire français. Stanislas Nordey présidait le jury. 336 élèves ont participé au concours. Le service de l’Action pédagogique participe à plusieurs concours dont Médiatiks, Presse Citron et pour sa première édition Les p’tits citrons. Enfin, 242 personnes ont assisté aux deux colloques organisés sur le thème de la Révolution.

 

Tableau – Fréquentation des activités pédagogiques

La médiation et la diversification

L’accueil et les ateliers pour tous les publics

Des visites guidées des différents sites de la BnF (François-Mitterrand, Richelieu et bibliothèque de l’Arsenal) ainsi que des grandes expositions temporaires sont proposées. S’ajoutent des offres dédiées aux familles et aux enfants, à travers des parcours ludiques de découverte de la Bibliothèque sous la forme de jeu de piste et des ateliers pour familles et enfants ou de lectures Heure du conte. Sur le site François-Mitterrand, les visites en groupe touchent aussi bien le grand public qu’un public d’étudiants et de professionnels du livre ou du bâtiment.

Au cours de l’année 2018, 14 694 personnes ont été reçues, en progression par rapport à 2017 (+26%). Au sein de cet ensemble, environ 13 000 personnes ont participé aux visites guidées, pour un parcours-découverte de la bibliothèque ou autour des expositions temporaires, pour des visites régulières ou des ouvertures exceptionnelles (Journées européennes du patrimoine, Rendez-vous au jardin) et 1 700 à des ateliers.

La diversification des publics

La BnF accueille les publics en difficulté sociale et éloignés de la culture. Elle s’appuie sur un réseau de relais tels que les centres sociaux, les antennes jeunes, les associations d’alphabétisation, de Français Langue Étrangère (FLE) ou encore les services qui développent des actions culturelles en direction des publics hospitalisés, auxquels elle propose des ateliers de découverte des collections, des visites des expositions et tout autre projet à même de faire de la culture un monde partagé. La Bibliothèque est également membre de la Mission Vivre Ensemble qui réunit plus de trente établissements culturels.

En 2018, près de 400 relais et 1 200 personnes ont été reçus. Les associations majoritairement accueillies travaillent auprès des apprenants en français (réfugiés, migrants, résidents en hébergements d’urgence, jeunes mineurs étrangers isolés…). Les centres sociaux et associations comme le Secours Populaire, le Secours Catholique viennent en second. Ces structures accueillent des habitants de banlieue et de quartiers populaires. Puis viennent les Centres de formation, groupements d’établissement Greta, le réseau Écoles de la 2e chance (E2C) et les Missions locales, qui accueillent des jeunes. Ces derniers effectuent une scolarité courte ou sont en échec vis-à-vis de l’école, voire en décrochage scolaire. Les structures qui accueillent ces jeunes sont très en demande de rencontres avec des professionnels. Ces trois types de publics constituent plus de 80% des publics accueillis. La dernière fraction de publics est constituée par les associations culturelles grand public et les publics dits empêchés (handicapés, établissements et service d’aide par le travail), les associations venues dans le cadre des projets zones de sécurité prioritaire, les étudiants en formation de médiation culturelle et les structures relevant du ministère de la Justice.

Par ailleurs les deux projets ZSP programmés sur trois ans (2016-2018) se sont poursuivis. Le projet Dans le salon de Delsarte a débouché sur la réalisation d’un film L’histoire de Rokia, réalisé par l’association Canal Marches et a été présenté le 6 avril à la BnF.

En partenariat avec la Mairie de Grigny, le théâtre de l’Agora scène nationale de l’Essonne et l’association Décider, la BnF a accompagné deux actions : dans la cité de la Grande-Borne, « Le Musée en voyage » a poursuivi son travail de médiation culturelle en direction des habitants. Dans le cadre de l’action « Les Fabricoleurs », un Fablab dédié à la fabrication d’instruments de musique a été créé au conservatoire municipal de Grigny. La BnF a contribué à la constitution des ressources documentaires du Fablab.

Des visites du labo FLE sont organisées tous les lundis lorsque les salles de lecture du Haut-de-Jardin sont fermées au public. Elles ont permis d’accueillir 150 personnes au cours de 15 visites, provenant d’organismes tels que La Croix Rouge, le Centre Paris Anim’ Daviel, le Centre Animation Dunois-Baudricourt, le Relais champ social du PJJ Ministère de la justice, la Ligue des femmes iraniennes pour la démocratie, le CHU Sartrouville, etc. Ces visites alternent présentation pour les relais du champ social et accueil du public fréquentant les organismes cités ci-dessus.

Un atelier de conversation en français est proposé depuis 2016. Gratuit et sans inscription, il se déroule tous les mardis et jeudis en soirée pour un groupe d’une douzaine de personnes : 85 ateliers ont eu lieu, accueillant 985 personnes de 51 nationalités différentes  (cf Les formations et les développements de nouveaux services).

La BnF hors les murs : participation à des salons

Enfin, dans un objectif de visibilité, de développement et de diversification de ses publics, l’établissement participe à de nombreux événements institutionnels, festivals, congrès et salons, parmi lesquels le Festival Historia, le Salon de l’Étudiant, Livre Paris, le Salon du livre ancien et de l’estampe, le salon Musicora, les Journées européennes du Patrimoine, les journées découvertes étudiants, les forum de rentrée de plusieurs universités (Paris Sorbonne, Paris 8…), les Rendez-vous de l’histoire de Blois, le Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil ou encore Paris Games Week.

Les éditions

La Bibliothèque nationale de France est un éditeur public dont le catalogue compte un peu plus de mille titres. On peut distinguer, au sein de la production éditoriale de la BnF, quatre types de publications : des ouvrages scientifiques de référence dont la programmation s’inscrit dans le cadre de la politique scientifique de la BnF. Ces catalogues et inventaires de collections relèvent de la mission de service public et font l’objet d’une diffusion directe par le service commercial ; des catalogues d’exposition dont l’exploitation commerciale se prolonge au-delà de l’exposition qui a motivé leur publication et qui sont largement diffusés en librairie ; des ouvrages de valorisation des collections à destination d’un large public, qui contribuent au rayonnement des collections et sont destinées à dégager des recettes ; des produits dérivés, sous forme de cartes postales et de calendriers essentiellement, réalisés avec des partenaires dotés de réseaux de distribution spécialisés.

2018 marque une légère augmentation de la production, avec 31 nouveautés (contre 29 en 2017 et 2016, et 28 en 2015). Dans le domaine des ouvrages scientifiques, on note la parution du fac-similé du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saïns (coédition Brépols), du Quatuor de Debussy (coédition Centre de documentation Claude Debussy), d’Une carrière de géographe au Siècle des Lumières : Jean-Baptiste d’Anville, du Livre enluminé, entre présentation et illusion,(conférence Léopold Delisle), de Jacques Devaulx, Œuvres nautiques (coédition Taschen). L’année 2018 a par ailleurs été marquée par la poursuite du programme de publication numérique des ouvrages scientifiques sur la plateforme Open Edition Books, avec quatre nouvelles mises en ligne (34 titres au total à fin 2018).

Concernant les catalogues d’exposition, six titres sont parus : Icônes de Mai 68, Georges Vigarello (dans la série « Bibliothèques de bibliophiles »), Picasso et la danse (coédition ONP), Les Nadar, une légende photographique, Make It New, conversation avec l’art médiéval, carte blanche à Jan Dibbets et Jean-Jacques Lequeu, bâtisseur de fantasmes (coédition Editions Norma). Dans le domaine de la valorisation sont parus l’agenda 2019 à cheval, Les Plus Beaux Contes de notre enfance, choisis et présentés par Boris Cyrulnik, Murs de papier, l’atelier du papier peint 1798-1805 (prix J’aime le livre d’art 2018), Les Premiers Voyageurs photographes (coédition Glénat), Napoléon à Sainte-Hélène (coédition Perrin), le coffret Apollinaire Marcoussis (coédition Gallimard), Merveilleuses cartes à jouer, le monde en miniature (coédition Gallimard), Les plus belles partitions de musique classique (coédition Textuel), Enluminures médiévales (coédition British Library) et un titre jeunesse, Le Conte du Tsar Saltan (coédition Albin Michel Jeunesse), une bande-dessinée, Le mirliton merveilleux (coédition Editions 2024). À noter également, 2 nouveaux titres dans la collection L’œil curieux et deux nouveaux titres dans la collection Les orpailleurs, ainsi que le lancement d’une nouvelle collection de livres-posters avec deux titres respectivement consacrés à Audubon et à Hokusai.

Par ailleurs, neuf nouveaux contrats de cession, portant principalement sur des ouvrages de valorisation, ont été signés avec l’Allemagne, l’Angleterre, l’Espagne et la Grèce.

La Revue de la BnF (2 titres parus, l’un consacré aux Monstres, l’autre à la France vue d’ailleurs) peine à trouver son public : malgré une refonte importante en avril 2016, le chiffre d’affaire, en recul de 22% par rapport à 2017, ainsi que le nombre d’abonnés (198, -10%), témoignent des difficultés enregistrées par cette publication.

En léger recul par rapport à 2017 (-5,8 %) et 2016, le chiffre d’affaires s’établit fin 2018 à 537 002 € hors taxes. Ce résultat s’explique principalement par la contreperformance des catalogues d’exposition sur la période. Cette ligne, qui « pèse » en moyenne 407 000 € de CA annuel et représente jusqu’à 64 % de l’activité, génère en 2018 un chiffre d’affaires de 150 491 € (28 % du CA). 43 % de ce chiffre d’affaires est réalisé par le seul catalogue Nadar. Avec un chiffre d’affaire de 268 556 €, les ouvrages de valorisation représentent, sur la période, la moitié du chiffre d’affaires total. Ces performances contrastées valident la stratégie de diversification mise en place début 2013 afin de réduire la dépendance aux résultats des catalogues. Plus favorable, la programmation culturelle 2019 devrait toutefois permettre à l’activité éditoriale de retrouver un niveau comparable à celui de 2016.