Rapport d'activité 2019 - Synthèse de la réalisation des priorités stratégiques

Le rapport d’activité de la Bibliothèque nationale de France rend compte de l’accomplissement des grandes missions statutaires de l’établissement et de leur traduction en objectifs pluriannuels, actions et projets prioritaires tels que repris dans son contrat d’objectifs et de performance de la période 2017 - 2021. Les réalisations qu’il met en évidence sont le fruit du travail collectif de ses agents qui témoignent quotidiennement, dans leur relation aux collections comme aux usagers, de leur engagement et de la passion pour leur métier et le service public.

 

La BnF gère et diffuse le patrimoine constitué tout au long de son histoire et continue à l’alimenter en entretenant des liens forts avec l’actualité et la création contemporaine, ainsi qu’en a témoigné cette année, par exemple, l’exposition Make it New. Conversations avec l’art médiéval : carte blanche à Jan Dibbets. Institution vivante et créative, la BnF n’a de cesse de renouveler ses modes d’adresse aux publics : sessions de lectures à voix haute de manuscrits en salle des Manuscrits, développement de contenus pédagogiques permettant la venue de groupes autonomes, outil numérique de création de bande-dessinée, studios de création audiovisuelle, etc. Le rapport à l’actualité se matérialise dans sa programmation culturelle et pédagogique et dans la politique documentaire, vouée à saisir les faits culturels, sociaux et politiques contemporains. La BnF a ainsi mis en place des collectes spécifiques d’archivage de l’internet, complétant les collectes d’actualité régulières, afin d’archiver des contenus éphémères autour, par exemple, du mouvement des gilets jaunes en 2018 et 2019 et de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame.

Cette actualité peut avoir des effets importants sur le fonctionnement et l’activité de la BnF. Le mouvement social national sur la réforme des retraites a entraîné, en décembre 2019, une forte baisse de la fréquentation des salles de lecture et de nombreuses annulations de conférences et visites de groupes. La pandémie en 2020 est, comme pour le reste des établissements culturels et des secteurs du pays, une période de crise, d’intensité et de durée exceptionnelles, à laquelle la BnF doit faire face et s’adapter.

Une priorité donnée à la relation aux publics

Le contexte évolutif des usages conduit l’établissement à continuer de renforcer son action en direction des publics. Sa politique des publics a pour objectif prioritaire de consolider le lien avec ses publics naturels – académiques et scolaires – mais aussi de les diversifier, de diffuser davantage ses collections et ses services, tant grâce au numérique que par une diversification des formes d’exposition des œuvres. L’année 2019 affiche, grâce à cette action volontariste et malgré les perturbations de fin d’année, un bilan favorable pour la fréquentation de la Bibliothèque. S’agissant de la fréquentation physique, la fréquentation totale de la BnF sur tous ses sites, incluant la fréquentation des salles de lecture, des expositions, des manifestations, de l’offre pédagogique et des visites s’élève à environ 1,3 million de visiteurs accueillis. La galaxie des services en ligne de la Bibliothèque a enregistré près de 41 millions de visites.

La fréquentation mesurée dans les espaces de lecture s’établit à 920 000 visites, en légère diminution en année pleine par rapport à 2018 (-0,6%) mais était supérieure de 3% à fin novembre. Le nombre de lecteurs actifs (i.e. titulaires de cartes venus au moins une fois dans une salle de lecture) reste en progression (+4%). Ces résultats de 2019, malgré la perte d’activité de décembre, dépassent les objectifs annuels du contrat d’objectifs et de performance de l’établissement

En application des démarches qualité engagées par l’établissement, les processus d’accueil et d’inscription ont été revus en 2019, notamment avec une nouvelle répartition des postes d’accueil réduisant le nombre d’étapes pour les visiteurs, la suppression de l’obligation d’entretien d’accréditation pour les lecteurs « de droit » de la bibliothèque de recherche, remplacé par un service d’entretien-conseil ouvert à tous, ou encore la mise en place d’une interface de billetterie et de réservation en ligne pour les expositions, qui a permis à la BnF d’anticiper et de gérer les flux de visiteurs lors de l’exposition Tolkien.

La fréquentation 2019 des expositions a quant à elle dépassé les 330 000 visites sur les sites BnF (+23%) et avoisine les 400 000 pour les expositions hors les murs auxquels elle prend une part active. L’Exposition Tolkien. Voyage en Terre du milieu, du 21 octobre 2019 au 16 février 2020, a rencontré un succès public exceptionnel, avec plus de 130 000 visiteurs, jamais atteint par la BnF tout au long de son histoire. Hors les murs, l’établissement a poursuivi son cycle « Dans les collections de la BnF », qui permet de faire découvrir et partager ses richesses patrimoniales : des pièces exceptionnelles issues de ses collections sont présentées dans plusieurs établissements culturels en région, choisies en fonction de leur valeur emblématique mais aussi pour les liens qu’elles tissent avec les collections locales ou avec le thème d’un festival ou d’une manifestation. Plus largement, la BnF a consenti, tant en France qu’à l’étranger, des prêts pour 187 expositions dont certaines comportaient de nombreuses œuvres de la BnF. Grâce à ces prêts, les collections de la BnF ont pu être vues par plus de 2 millions de visiteurs.

Malgré de nombreuses annulations en décembre, la fréquentation de l’offre pédagogique a elle aussi fortement augmenté, dépassant l’objectif annuel. En région, elle se déploie notamment sous la forme de formations de médiateurs à l’éducation artistique et culturelle.

De son côté, l’audience en ligne et le rayonnement des collections numériques n’ont jamais été aussi importants. La refonte ergonomique, fonctionnelle et éditoriale du site bnf.fr s’est achevée début 2019 et permet désormais une navigation simplifiée et un affichage optimal quel que soit le type d’écran de consultation. Gallica, la bibliothèque numérique, a reçu près de 15,5 millions de visites. Fin 2019, elle donne accès à 7 millions de documents, dont près de 6 millions consultables à distance et un million de documents sous droits numérisés uniquement accessibles dans ses salles de recherche. La création et l’éditorialisation de contenus numériques sont également le fait de sa filiale, BnF-Partenariats, qui a enregistré 6,3 millions de visites en 2019 sur RetroNews, le site de presse de la BnF, et 40 millions d’écoute de sa Collection sonore sur des plateformes musicales. Pour faciliter la libre réutilisation de ses contenus, la BnF propose également la récupération de ses images par une API IIIF (International Image Interoperability Framework). En 2019, 190 millions d’accès images ont été comptabilisés (110 en 2018).

Une attention toujours déterminée à la gestion des collections

Forte des orientations stratégiques de sa charte documentaire et de sa charte de numérisation, la BnF s’attache à mettre en œuvre une politique documentaire d’ensemble, abordant de manière cohérente les collections physiques et numériques. Une programmation pluriannuelle de numérisation, élaborée en fonction des axes prioritaires définis dans sa charte, est mise en œuvre : en 2019, en incluant les opérations courantes ou rétrospectives d’océrisation, près de 30 millions de pages ont été produites.

L’année 2019 a vu se poursuivre les différents chantiers destinés à expérimenter le dépôt légal des documents numériques. De premiers livres numériques et albums musicaux ont déjà pu être mis à disposition. Ces premiers dépôts, encore peu nombreux, ont surtout permis de tester la chaîne complète de dépôt, signalement, archivage et mise à disposition des usagers. Ces dépôts expérimentaux augmenteront fortement avec la publication d’un texte instituant l’obligation de dépôt de tout exemplaire numérique, en préparation au ministère de la Culture. Cet enjeu de continuité des collections, fondamental pour la BnF, est partagé avec les autres établissements en charge de missions de dépôt légal. Ainsi, en 2019, un projet pour mutualiser la collecte et la conservation des collections audiovisuelles et cinématographiques en France a été porté conjointement par la BnF et le Centre national du cinéma et de l’image animée auprès du Fonds de transformation de l’action publique. Ce projet a été retenu et va bénéficier d’une aide financière de 2 170 K€.

Dans un contexte de complète redéfinition des normes de catalogage à l’échelle internationale, la BnF est engagée depuis plusieurs années dans un chantier pluriannuel d’envergure de refonte intégrale de son application de production catalographique. Les instructions se sont poursuivies en 2019 autour de deux projets distincts : NOEMI (Nouer les Œuvres, Expressions, Manifestations et Items) qui concerne la refonte de l’outil de catalogage de la BnF et le projet Fichier national d’entités (FNE) dont l’objectif est de mutualiser la production et la diffusion des données d’autorité produites par les bibliothèques françaises, en premier lieu la BnF et le réseau de l’Agence bibliographique de l’enseignement supérieur.

La conservation des collections, physiques et numériques, est un des enjeux majeurs de l’établissement pour la période actuelle et future. Les magasins de conservation étant dans une situation de quasi-saturation, l’établissement instruit des solutions d’extension de ses réserves à moyen et long terme. La Bibliothèque travaille à définir un schéma global d’implantation et de gestion dynamique des collections pleinement intégré à la stratégie immobilière de l’établissement en cours de redéfinition.

Signalons enfin que l’année 2019 a été marquée par la réalisation des priorités définies dans le contrat d’objectifs et de performance pour le traitement des collections : retour à un délai médian de catalogage à six semaines pour les livres entrant par dépôt légal, maintien d’une activité importante en conservation curative et préventive, amélioration des outils de contrôle des conditions thermo-hygrométriques en magasin.

L’accent sur la coopération et la valorisation scientifique

La BnF conduit un grand nombre d’actions de coopération, à l’échelle nationale et internationale, qui favorisent le partage de ses expertises, la mutualisation de ses infrastructures et la coproduction de contenus.

De façon exceptionnelle en 2019, la Bibliothèque nationale de France, connue pour son expertise en matière de numérisation, a été sollicitée par le gouvernement pour assurer une partie des traitements préalables à l’analyse des contributions du Grand débat national. Elle s’est ainsi chargée de la numérisation des contributions papier et de leur transcription (océrisation) lorsqu’elles étaient dactylographiées.

Les actions permanentes de coopération de la Bibliothèque se déploient dans les territoires. La coopération est d’abord documentaire, à travers le Catalogue collectif de France, l’aide à la numérisation des fonds locaux, la constitution et la consultation des archives de l’internet. En 2019, l’outil collaboratif TapIR (Traitement automatisé pour la production d’instruments de recherche) nouvellement déployé a permis, à l’échelle nationale, la publication de plus de 100 nouveaux inventaires de manuscrits.

Outil central de collaboration entre éditeurs et organismes agréés, la plateforme PLATON, qui donne accès à la lecture aux personnes en situation de handicap, s’est fortement développée au cours de l’année : fin 2019, plus de 100 organismes habilités sont inscrits et près de 16 000 nouveaux fichiers ont été déposés grâce, notamment, à une nouvelle modalité de dépôt en flux, et non plus seulement à l’unité, des fichiers adaptés par les organismes. Le nombre de fichiers déposés est ainsi passé de 1 000 fin 2018 à 7 200 fin 2019.

La dimension collective et coopérative de Gallica a continué de s’étendre. La bibliothèque numérique offre désormais l’accès à des collections de plus de 420 partenaires historiques, nationaux ou internationaux. Fin 2019, suite à la mise en ligne de NumBa, la bibliothèque numérique du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), sept bibliothèques numériques ont été réalisées grâce au dispositif Gallica marque blanche et sont accessibles en ligne. Gallica marque blanche est un dispositif de coopération pour les établissements ayant numérisé ou souhaitant numériser une partie de leurs collections mais ne disposant pas de plateforme de diffusion ou souhaitant renouveler leur plateforme.

En 2019, la BnF a réalisé un état des lieux de ses collections étrangères à caractère patrimonial. Il a permis de repérer près de 2 millions de notices et d’identifier des fonds remarquables de par leur caractère scientifique, politique ou symbolique, qui feront graduellement l’objet d’une numérisation accompagnée d’une valorisation scientifique. En 2018, la présidente de la BnF a décidé de réunir créer un comité stratégique et de suivi des provenances. Ce comité s’est réuni deux fois en 2019. Il a engagé de nombreux travaux, dont la publication d’un document public formalisant la politique de l’établissement en matière de gestion des des biens nécessitant une attention particulière du fait de leur provenance et de leur mode d’entrée dans les collections ou encore la création d’un accès numérique unifié aux registres d’entrée, associé à une campagne de numérisation systématique La numérisation joue désormais un rôle central dans la coopération internationale : la dissémination et la valorisation des collections extra-européennes au sein de la collection numérique Patrimoines partagés constitue un levier politique fort d’unification numérique entre institutions internationales.

L’engagement de la BnF pour la protection du patrimoine a reçu en 2019 le soutien de l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones de conflit (ALIPH) avec l’attribution de 880 000 dollars à la BnF pour son projet de sauvegarde et de diffusion du patrimoine écrit irakien.

La conduite de programmes de recherche en lien avec le patrimoine dont elle a la charge est l’une des missions scientifiques essentielles de la Bibliothèque. En se conformant aux actions de la feuille de route de la recherche définie fin 2018, la BnF a rédigé en 2019 deux documents de référence : à destination de ses partenaires de recherche,La recherche à la BnF : stratégie et organisation et un guide des projets de recherche à usage interne. L’année 2019 a également été marquée par la mise en ligne d’un Annuaire des spécialistes et experts (https://experts.bnf.fr/) destiné à valoriser les compétences des agents de l’établissement et faciliter les contacts avec des chercheurs ou des partenaires. Enfin, la BnF a signé une convention-cadre de partenariat scientifique et culturel avec le Collège de France dans trois domaines : les collaborations scientifiques, la diffusion des savoirs et l’échange d’expertise et d’information.

Une préoccupation des équilibres humains et financiers

La réorganisation de la fonction Ressources humaines a pris effet le 1er décembre 2018, suite à la délibération du conseil d’administration du 21 juin sur la réorganisation de la direction déléguée aux Ressources humaines (DdRH) et aux publications des postes aux mouvements internes pour renforcer cette fonction : le nombre de postes vacants a diminué de moitié en 2019.

2019 a été marquée par le déploiement de télétravail dans le cadre des orientations du ministère de la Culture en application du décret du 11 février 2016 relatif aux conditions et modalités de mise en œuvre du télétravail. La BnF est engagée dans la prévention des risques psychosociaux et s’inscrit pleinement dans le déploiement de la politique de prévention du ministère de la Culture formalisée dans la circulaire du 18 décembre 2018 « RPS, violences et harcèlement au travail et dispositifs d’alerte et de traitement ». Dans ce cadre, une procédure spécifique pour le signalement et le traitement des situations de harcèlement moral et sexuel a été mise en place au sein de l’établissement.

Sur le plan budgétaire, la BnF a poursuivi la maîtrise de ses dépenses de fonctionnement et d’investissement et a maximisé les taux de consommation de son budget de personnels ainsi que ceux de fonctionnement et d’investissement, en autorisation d’engagement (AE) comme en crédits de paiement (CP). Cette gestion rigoureuse témoigne d’une politique volontariste de l’établissement pour tendre vers un fonctionnement moins coûteux, soutenable, tout en restant efficace. Les dépenses de l’enveloppe de personnel 2019 (141 M€) ont été marquées par le déploiement de la nouvelle politique indemnitaire de la BnF découlant de la mise en œuvre du RIFSEEP qui a représenté une dépense nouvelle de 1,2 M€ en 2019. Près des deux tiers des agents de la BnF sont concernés par ces dispositifs. L’application de ce nouveau dispositif indemnitaire à la BnF s’est traduit par un effort particulier envers les agents de catégorie C et B : il encadre et permet des évolutions régulières de rémunération par le biais de l’IFSE et favorise l’égalité salariale femmes / hommes.

L’année 2019 affiche un niveau de réalisation des mécénats, partenariats et dons en forte progression. Les campagnes de prospection sont notamment orientées vers la rénovation des espaces patrimoniaux du site Richelieu.

Rapport d’activité 2019 de la bibliothèque nationale
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