SINDBAD, l’intelligence humaine à votre service !

Le 15 novembre 2005 était publiée la première question adressée à SINDBAD, Service d’INformation Des Bibliothécaires à Distance. Vingt ans après, ce service d’assistance à la recherche, gratuit et ouvert à tous, répond à plus de 10 000 questions par an. Entretien avec Coralie Philibert, coordinatrice du dispositif.

 

Chroniques : Pourquoi SINDBAD a-t-il été mis en place ?

Coralie Philibert : Le service répond à un double objectif. Il permet d’une part aux lecteurs de préparer leur venue à la BnF, en étant accompagnés dans leurs recherches par l’expertise documentaire de bibliothécaires qui fournissent explications et conseils méthodologiques. Il offre d’autre part une aide à la recherche à distance, ce qui est particulièrement précieux quand on habite en province ou à l’étranger. L’utilité d’un tel service ne s’est jamais démentie ; elle a été encore renforcée pendant la période du Covid.

Illustration pour SINDBAD © Claire Ardenti / BnF

Quelle modalité est privilégiée par les usagers ?

Tout dépend de la question posée ! Nous recommandons d’utiliser le formulaire en ligne pour toutes les demandes un peu complexes qui nécessiteront des recherches assez poussées. Le chat, qui fonctionne du lundi au vendredi de 13 h à 17 h, permet d’obtenir une réponse immédiate – même depuis le métro, la rue ou la terrasse d’un café, comme le font certains de nos usagers ! Le numérique n’est cependant pas exclusif : il est toujours possible d’envoyer sa demande par courrier. Nous recevons chaque année environ 400 lettres, un chiffre qui est loin des 10 000 demandes numériques, mais qui n’est pas négligeable pour autant. Souvent manuscrites, elles viennent pour beaucoup de l’étranger ou de publics français empêchés, par exemple des détenus ou des personnes âgées qui ont peu accès à internet.

Le service utilise-t-il de l’intelligence artificielle ?

La question d’y avoir recours s’est posée, mais l’IA a été écartée, parce qu’elle n’est ici pas pertinente. Le service est fondé sur de l’humain : de très nombreux bibliothécaires y contribuent. Sollicités en fonction de leur expertise, ils procèdent à des recherches au sein des catalogues (de la BnF, d’autres bibliothèques et centres d’archives français ou étrangers), mais aussi de sites de référence en ligne ; ils se déplacent également dans les magasins pour consulter directement des ouvrages… Leur réponse, envoyée sous trois jours ouvrés, comprend à la fois des références bibliographiques, les plus variées possibles, et des conseils d’orientation vers des outils ou des institutions spécifiques.

Toute question est-elle bonne à poser ?

Nous répondons à toutes les demandes en lien avec la recherche documentaire, qu’elles concernent les collections de la BnF ou d’autres fonds, le fonctionnement de la Bibliothèque, ses services… C’est en somme une transposition à distance de ce que nous faisons, en tant que bibliothécaire, en banque de salle ! Nous pouvons nous pencher sur tout type de sujets – que ce soit une adresse dans un ancien annuaire ou le classement du cross du Figaro de 1975, comme cela a pu nous être demandé – à condition que la question soit aussi précise que possible. Pour la presse, par exemple, nous avons besoin du titre et de l’année, sans quoi les recherches seraient bien trop longues… Le mieux est de nous fournir la source, par exemple la photo de la page où la référence est citée, pour éviter tout risque de coquille et de quête infructueuse.

 

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Propos recueillis par Alice Tillier-Chevallier

Article paru dans Chroniques n° 104, septembre-décembre 2025