Yan Morvan - Ceux du crack

Territoire : Île-de-France
Les usagers du « crack » canalisent tous les clichés de la détresse et de la misère sociale. Le portrait classique à la chambre photographique est l’outil qui leur restitue un peu de dignité. Il sera accompagné d’entretiens réalisés avec chacun d’entre eux comme des pistes de compréhension et de réflexion sur la part maudite qui les a menés sur ce chemin sans retour. Ce projet sera soutenu par l’association CAARUD (Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des Usagers de Drogue) en région parisienne.
 

Né en 1954, des études de mathématiques puis de cinéma vont lui donner les bases de la photographie mais c’est au contact de la rue qu’il le deviendra réellement.
En 1975, Yan Morvan est pigiste pour l’agence Fotolib, il évolue dans l’univers du rock et des bandes ; il édite son premier sujet au long cours « le cuir et le baston » aux éditions Simoen. Il intègre les équipes de Paris Match, du Figaro Magazine et enfin l’agence Gamma en 1979.
Alternant reportages de presse et long format, il se trouve à Londres à l’essor du mouvement punk. En 1980, destination Bangkok : les réfugiés cambodgiens y fuient les khmers rouges, il y témoigne de l’esclavage sexuel des paysans thaïs. Un livre sortira 40 ans plus tard (BKK, éditions Noeve ). Juillet 1980, il intègre les équipes de Sipa, s’affirme au fur et à mesure des sujets, la Turquie, la guerre Iran-Irak, l’Irlande puis, plus étonnant, le mariage de Lady Di. Durant les années 1980 il couvre le Liban, envoyé par Newsweek, il y restera quatre années, remporte deux World Press Photo , une mention pour le Robert Capa Award , deux condamnations à mort et un livre de 3,8 kg parus aux éditions Photosynthèses. Il couvre les conflits pour la presse internationale (Ouganda, Mozambique, Rwanda, Afghanistan, Cambodge, Irak, jusqu’à la Bosnie en 1999) et les sujets de fond sur les gangs, l’amplification de la fracture sociale. Il est pris en otage, torturé pendant trois semaines par le tueur en série Guy George.

Dans les années 1990, il crée avec Patrick Frilet le EMI-CFD, avec Jean-François Bauret et Didier de Fays le premier magazine français de photographie sur internet Photographie.com et la Bourse du Talent. Il collabore également avec Thierry Ardisson dès le début du magazine Entrevue et l’avènement du porno chic. Les années 2000 débutent avec la sortie de Gang aux éditions Marval, rétrospective de trente années de quête photographique. En 2004 débute le projet « Champs de batailles » qui durera dix années. Équipé d’une chambre photographique Deardorff 20x25 il photographie les lieux de batailles en France, Europe, Amérique, Asie, Afrique et Océan Pacifique.

En 2015, Champs de bataille, un livre de 660 pages parait aux éditions Photosynthèses et réunit 250 champs de batailles pris en photos et commentés par Yan Morvan. La série est exposée aux Rencontres de la Photographie de Arles en 2016 et rentrera dans la collection du Musée des Armées. En 2012 et 2016 sortent aux Éditions La Manufacture de livres Gang Story et Blousons Noirs, témoignages de l’évolution des bandes, puis il entreprend avec le photographe Eric Bouvet le projet « Hexagone », il sillonne la France afin de faire le Portrait des français avec sa chambre photographique.

En 2018, sort l’ouvrage Bobby Sands (éditions André Frère ) qui remporte le Prix Hip et sera exposé à Visa pour l’image. Les Années de Fer (éditions Serious Publishing) et Battlefield (éditions Abbeville), version américaine de « Champs de bataille », sont édités respectivement en 2018 et 2019. Cette même année sera marquée par sa première expo solo à Paris Photo dans l’espace de la Galerie Sit Down. En 2020, il expose, dans le cadre des Rencontres d’Arles, une introduction du projet « Hexagone », publie son récit sur le Pigalle des années 1990 (éditions La Manufacture de livres) et présenté à la Auer Photo Foundation à Genève.

2021, année historique, marque la sortie de 1981 récit photographique de cette année charnière pour la France (éditions Edisens), et qui donnera lieux à plusieurs expositions (Galerie Marlat, Place de la Bastille et à l’Institut François Mitterrand). C’est également les 50 ans du mouvement du Larzac, avec la parution d’un livre aux éditions La Manufacture de livre ainsi qu’une exposition qui sont organisés en juillet 2021. La même année il intègre la collection d’artistes édités par Agnès B.

Yan Morvan travaille avec L’Éditeur IC (Industrie Culturelle) sur la parution de ses archives sous forme de chroniques photographiques bimensuelles (2021-2025), il poursuit également son projet « Hexagone » (parution d’un livre et expositions prévus en 2022). Plusieurs projets autour de l’Amérique (qu’il a photographié durant quarante ans) et de la fracture sociale des années 1990 sont en préparation pour la même année. Yan Morvan continue à produire quotidiennement des sujets mettant en lumière les évolutions de la société. Yan Morvan a construit en cinquante années une encyclopédie de la condition humaine, côtoyant soldats, rockers, gangsters, travailleuses du sexe, hommes politiques, philosophe, historiens…

 

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