Événements et culture

Hommage à Alain Fleischer et au Fresnoy-Studio

Hommage

 

dimanche 8 mars 2015 14h30-18h00

Le Fresnoy, mémoire de l'imagination. Projections

Brouillant les pistes entre les genres établis, un programme inédit de films du Fresnoy questionne les frontières entre le réel et sa mise en scène, à travers une très large palette de moyens d’expression, du super-8 aux dernières techniques numériques de l'image.
Films réalisés par les étudiants et les artistes-professeurs invités au Fresnoy : Amel El Kamel, Anri Sala, Arash Nassiri, Bakary Diallo, Bertrand Dezoteux, Claire Denis, Clorinde Durand, Enrique Ramírez, Hayoun Kwon, Heewon Lee, Marie-Laure Cazin, Miguel Gomes, Neil Beloufa, Ronny Trocker, Viola Groenhart, Zhenquian Huang.
Reprise du 10 mars au 12 avril 2015 | 17h - 20h | accès libre
mardi - dimanche, grand écran de la salle A - Audiovisuel


Les films :

Voilà l’enchaînement, de Claire Denis (30 min, 2014)
Claire Denis (1946 à Paris), artiste professeur invité en 2012-2013 "Filmer les mots de Christine Angot, des mots qui disent ce que nous oblitérons. Je dis cela, oblitérer, peut-être qu’il y aurait un mot meilleur pour exprimer cet enchainement inévitable que pressent sans doute l’homme noir. Ce piège." (Claire Denis, Gaîté lyrique, 2014)

Nocturnes, d’Anri Sala (film 16 mm, 11 min, 1999)
Anri Sala (1974 à Tirana, Albanie), promotion John Cage (1998-2000) Dans Nocturnes s’entrecroisent deux “portraits” : le premier présente un adulte coupé de la réalité et immergé dans sa passion pour les poissons ; le second, un presque encore adolescent qui raconte, comme une confession, son expérience précoce de casque bleu dans les Balkans. Le récit de l’adolescent ressemble au départ à celui d’un délinquant meurtrier type jusqu’à ce que l’on comprenne qu’il est un soldat de la “paix” d’une étonnante maturité quant à son rôle et sa mission ambiguë. Le film s’achève sur deux solitudes noires et profondes, étranges reflets de notre réel contemporain. (Charles-Arthur Boyer, MAMCO, 2000)

Les histoires de la tâche I, de Marie-Laure Cazin (film 35 mm, 10 min, 2003)
Marie-Laure Cazin (1969 à Casablanca, Maroc), promotion Moholy-Nagy (2001-2003) Un étrange huis-clos se déroule dans un appartement parisien le 1er Mai 2002, lors de la fameuse manifestation où la gauche appela à voter pour Chirac contre le candidat d'extrême droite Le Pen. (Marie-Laure Cazin)

Brises, de Enrique Ramírez (film 16 mm, 13 min, 2008)
Enrique Ramírez (1979 à Santiago du Chili, Chili), promotion Thierry Kuntzel (2007-2009) La brise du vent qui croise mon visage, qui croise le tien, qui croise cet endroit, la balle dans la tête, le sang sur le plafond… Comment regarder à nouveau l'histoire ? Comment revenir en arrière ? Guérir prend du temps, guérir a un temps, les bâtiments, les avions, la couleur grise, la nuit, la coupe de lumière, les feuilles qui tombent du ciel, les visages que jamais je n'ai revus, l'histoire, la mémoire, l'eau qui nettoie tout, la nourriture de ma mère, le vent qui caresse les feuilles, les couleurs du ciel, le froid de la mer, la peur de mourir... Les endroits communs qui nous manquent, l'histoire est à nous... l'histoire est à moi. (Enrique Ramírez, Panorama 9-10, Le Fresnoy, 2008)

Abena, d’Amel El Kamel (vidéo, 6 min, 2008)
Amel El Kamel (1981 à Châlon-sur-Saône), promotion Nam June Paik (2006-2008)
Abena (couverture en tunisien) raconte l'histoire de ma couverture. Une couverture de laine, tissée par ma grand-mère tunisienne, la mère de mon père, et offerte à ma mère pour ma naissance. Autour de cet objet se dessine une famille géographiquement et linguistiquement double [...] où le français et l'arabe s’entremêlent et se répondent. (Amel El Kamel)

Le corso, de Bertrand Dezoteux (vidéo HD, 14 min, 2008) Bertrand Dezoteux (1982 à Bayonne), promotion Nam June Paik (2006-2008)
Le corso met en scène un troupeau de chèvres approximatives dotées de la parole (et du sens des affaires), qui rencontrent après une course à travers des paysages “virtuels” souples, une parade étrange, constituée de personnages souvent hybrides aux mouvements robotiques. Élucubrations visuelles, les pièces de Bertrand Dezoteux, fertiles en jeux de références (enrichis des univers graphiques propres à l’informatique), pourraient se transformer en exercices de style, s'il n'y maintenait deux données très personnelles, que l’on retrouve de vidéo en vidéo : l’humour inopiné, et un bon usage de l’inscription culturelle. (Arnaud Labelle-Rojoux)

Cees, de Viola Groenhart
(vidéo HD, 15 min, 2010)
Viola Groenhart (1981 au Pays-Bas), promotion Pina Bausch
Cees est un docu-fiction de courte durée tourné pendant les quelques mois que j’ai passés avec mon grand-père. […] J’ai passé de longues heures à filmer son corps pendant son repos. D’une certaine façon, ce sont les petites contractions des muscles situés sous la peau quasi transparente de la plante de ses pieds qui m’ont touchée le plus. J’y ai vu à la fois le signe d’une envie de vivre immensément puissante, intarissable et obstinée, et l’inexorabilité du temps qui passe. […] Cees évoque le désir de retrouver la curiosité, l’intimité, la proximité et l’humanité perdues. (Viola Groenhart, Panorama 12, Le Fresnoy, 2010)

Naufrage, de Clorinde Durand (vidéo HD, 6 min, 2008)
Clorinde Durand (1984 à Ollioules), promotion Thierry Kuntzel (2007-2009)
Naufrage inventorie des hantises : la narration se fige sur l'instant arrêté. Naufrage raconte pourtant quelque chose. De quoi s'agit-il ? On ne sait pas... Peut-être d'un accident, d'une dépression, d'une explosion ? Cette scène pourrait être l'acmé d'un scénario catastrophe : le moment d'émotion physique. (Clorinde Durand, Panorama 9-10, Le Fresnoy, 2008)

Phone tapping, de Heewon Lee
(vidéo, 10 min, 2009)
Heewon Lee (1978 à Kyung Ki-Do, Corée du Sud), promotion Pina Bausch (2009-2011)
Le film est construit à partir d’un moment de bascule imperceptible qui nous mène du jour vers la nuit, un instant fugace où ce qui a été n’est plus, où les choses peuvent revêtir une autre signification. Une histoire personnelle se livre à travers la ville de Séoul, à nous de la suivre et de choisir le terrain d’interprétation : vérité, conte (urbain)… (Heewon Lee, Panorama 11, Le Fresnoy, 2009)

Sans titre, de Neil Beloufa (vidéo HD, 15 min, 2010)
Neil Beloufa (1985 à Paris), promotion Pina Bausch (2009-2011)
Un décor en carton et photographies reconstitue une villa luxueuse type californienne en Algérie. Ses habitants, des voisins et d’autres protagonistes s’y projettent pour expliquer pourquoi et comment celle-ci a été occupée par des terroristes pour se cacher alors que, paradoxalement elle est entièrement vitrée. Ils l’auraient même entretenue jusqu'à ne pas y laisser de traces. Cette anecdote improbable et insolvable pousse les personnages à inventer les images d’une période médiatisée sans images ni histoire en manquant l’objet principal. (Neil Beloufa, Panorama 12, Le Fresnoy, 2010)

Manque de preuves, de Hayoun Kwon (vidéo HD, 9 min, 2011) Hayoun Kwon (1981 à Séoul, Corée du Sud), promotion Pina Bausch (2009-2011)
Les jumeaux sont extrêmement nombreux au Nigéria, et sont investis d'un grand pouvoir occulte, bénédiction ou malédiction selon les cas. Sur la base d'un entretien avec Christiane Cavallin-Carlut qui en a rédigé le récit, ce film rend compte de l’histoire d'Oscar et de son frère Samuel, fils d'un grand prêtre du culte Eremwin qui, lors d’une fête rituelle, a tenté de les sacrifier. Oscar a réussi à s’enfuir, Samuel a été assassiné. Exilé en France où il demande l’asile, Oscar voit sa demande rejetée par manque de preuve… (Hayoun Kwon, Panorama 13, Le Fresnoy, 2011)

• Redemption, de Miguel Gomes
(film 8 et 16 mm, 20 min, 2013) Miguel Gomes (1972 à Lisbonne, Portugal), artiste invité en 2012-2013
Redemption est un film très simple entièrement réalisé avec des séquences retrouvées (en Super 8 couleur et en 16 mm noir et blanc). Le film est divisé en quatre parties. Dans chacune, nous entendons un monologue prononcé par une personne différente, dans une langue différente (allemand, italien, français, portugais). Ces quatre monologues, tout en ayant leurs propres caractéristiques, ont aussi un point commun: ils évoquent un moment, un épisode ou une période de la vie de leur narrateur marqués par un traumatisme émotionnel qui les a enfermés dans un schéma dont ils n'ont jamais pu se défaire. Ils parlent au présent, ils font parfois de brèves allusions à ce présent, mais ils parlent surtout du passé, de personnes qu'ils n'ont pas réussi à oublier, de gestes ou de mots qui n'ont jamais été accomplis ou prononcés. Ils se sentent coupables, ils parlent de fantômes du passé qui les hantent et les empêchent aujourd'hui de devenir la personne qu'ils voudraient être. (Panorama 15, Le Fresnoy, 2013)

Tomo, de Bakary Diallo
(vidéo HD, 9 min, 2012)
Bakary Diallo (1979 - 2014), promotion Michael Snow (2010-2012) Tomo évoque la littéralité du mot bambara : un territoire déserté du fait de la guerre. Conflit par les armes et conflit dans les esprits. Celui qui revient et guide le spectateur se trouve réduit à un bras portant un regard affolé, dans des pas hagards de bête traquée, traversant des lieux vides, ne rencontrant que fantômes et signes d’abandon. Les vivants ont disparu. Des ectoplasmes les remplacent dans un simulacre de vie. [...] Le spectateur côtoie à la fois des spectres en combustion, leur intériorité, et les mondes invisibles. Bakary Diallo restitue dans une esthétique hypnotisante le vécu universel des esprits asservis. (Joëlle Busca, Panorama 14, Le Fresnoy, 2012)

Gli immacolati, de Ronny Trocker (13 min, 2013)
Ronny Trocker (1978 à Bolzano, Italie), promotion Chris Marker (2011-2013) En décembre 2011 à Turin, suite à une accusation de viol portée contre deux garçons roms par une adolescente italienne, une manifestation est organisée contre la communauté rom installée dans une friche industrielle en bordure d’un quartier populaire.
La manifestation organisée en solidarité avec l’adolescente dégénère. (Ronny Trocker, Panorama 15, Le Fresnoy, 2013)

• Tehran-Geles, d’Arash Nassiri (19 min, 2014)
Arash Nassiri (1986 à Tehéran, Iran), promotion Raúl Ruiz (2012-2014) Les enseignes nocturnes de Téhéran sont incrustées sur des images aériennes de Los Angeles. Durant ce vol, des enregistrements téléphoniques nous racontent des souvenirs de Téhéran. [...] À la manière du cinéma de science-fiction, où le présent d’une ville est projeté dans le futur, cette vidéo projette le passé de Téhéran dans le présent, en utilisant Los Angeles comme décor. (Arash Nassiri, Panorama 16, Le Fresnoy, 2014)

La terre qui tombe, de Zhenquian Huang
(14 min, 2014) Zhenquian Huang (1980 à Guangzhou, Chine), promotion Raúl Ruiz (2012-2014) Sur un terril où le temps humain s’est figé, seul le rythme de la nature imprime encore ses marques. S’agit-il d’une montagne tombée du ciel ? Falling land, topologie du visage minier est un voyage entre réel et virtuel à travers des coupes terrestres, des strates de charbon, et un paysage sonore relatif à l’univers minier. Avec l’outil numérique, l’art redevient une expérimentation ontologique, une manière d’explorer la terre. (Panorama 16, Le Fresnoy, 2014)

lundi 23 février 2015

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Programme [fichier .pdf – 211 Ko – 23/02/15 – 2 p.]

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