Résumé
Comment savons nous que nous allons mourir ? D’abord parce que nous voyons et comprenons que les animaux vivent et meurent, pour nous humains vivre c’est sentir qu’on vit et sentir c’est sentir qu’on sent.
Ainsi la vie se réfléchit en conscience : l’homme imagine l’éternité, l’infini la béatitude sans pouvoir vraiment l’éprouver.
Est-il nécessaire de s’interroger sur le sens de la vie si l’on considère que la vie est à elle-même son propre sens ?
Avec Pascal nous pouvons dire que «
le privilège de l’homme c’est de mourir et d’en avoir conscience » et que « être » serait plutôt « être perçu ».
Selon le divertissement pascalien être « quelque chose » est fonction du regard de l’autre ; ainsi si personne ne me regarde je n’existe pas !
Pour Jankelevitch en revanche «
je sais que je vais mourir mais je n’y crois pas », la mort, c’est ce qui arrive aux autres et pour Cioran: mourir ce n’est pas si grave ; ce qu’il faudrait c’est « dénaître » !
Alors comment occuper ce temps de la vie ?
Selon l’option hédoniste ici et maintenant ou selon la promesse platonicienne d’une plénitude de l’éternité que d’aucuns assurent dans un au-delà, ailleurs et
post mortem ?
Pour les premiers, le plaisir est une fin en soi, notre vie est hypothéquée par le futur et le futur est hypothéqué par la mort. Pour les autres, la mort est un repos, c’est le moment de la réconciliation avec l’immanence, les morts en ont fini avec l’inquiétude, ils sont dans la complétude ; les vivants dans l’incomplétude, «
ils souffrent sur les braises de la vie »
En partenariat avec France Culture.