Résumé
Simone de Beauvoir écrivait en 1949, dans Le deuxième sexe, « on ne naît pas femme on le devient ». Cette phrase devenue emblématique de l’idée d’une féminité construite et non innée, fait de son auteur la mère du concept de genre sans même l’avoir nommé, et sur lequel se fonde une partie croissante des recherches en sciences humaines des vingt dernières années. Françoise Héritier et Michelle Perrot en sont des chefs de fil dans leurs disciplines respectives.
L’approche structuraliste de l’anthropologue met en exergue les invariants d’une compréhension binaire du monde par les hommes. C’est par la structure même du raisonnement humain, confronté à des buttoirs pour la pensée tels que l’existence de deux sexes ou la capacité des femmes à enfanter, que s’explique le partage sexué des rôles sociaux. Les mêmes mécanismes semblent aboutir partout à un même schéma, le contenu des rôles attribués à chaque sexe étant très variables selon les sociétés.
Gênée par l’idée de structure, l’étude historique préfère l’observation des modalités de construction culturelle du féminin et du masculin afin d’en dégager une évolution et de multiples variantes, car la frontière du genre est mouvante et complexe.
Malgré quelques divergences de méthode les deux thèses se rejoignent dans le refus de toute idée d’essentialisme et de naturalisme. L’éducation et les structures sociales orientent chaque individu vers un genre en fonction de son sexe et l’imprègnent de l’idée d’une hiérarchie entre les sexes, à « dissoudre ».
En partenariat avec le magazine L’Histoire.