Événements et culture

Séminaire Sound Studies

 

Séminaire

Tandis que les écrans - ordinateurs, smartphones, consoles, etc. - accaparent une place croissante de notre temps libre et de notre attention, quelle place occupe l’écoute dans notre rapport au monde ? Ou plutôt, le monde qui nous environne s’appréhende t-il différemment, dès lors que nous l’écoutons ? Que nous disent par exemple du dérèglement climatique le coassement des grenouilles vertes ? Pourquoi l’aboiement d’un chien est-il perçu aujourd’hui comme plus insupportable qu’un flot de circulation automobile en contexte urbain ? Le son d’un Stradivarius est-il objectivement supérieur à la sonorité d’un violon en carbone fabriqué à l’aide d’une imprimante 3D ? La voix synthétique d’un robot nous confronte t-elle à de nouvelles formes d’interactions avec les non-humains ? Car à y bien regarder – ou à y bien entendre ! - des phénomènes aussi divers que l’industrialisation et l’urbanisation, les politiques raciales ou de genre, le post-colonialisme, l’écologie environnementale, les rapports de classe, la montée en puissance de l’Intelligence Artificielle, etc. s’inscrivent dans un ensemble où la diversité des expressions sonores constituent autant d’empreintes possibles du social.
En prenant appui sur les archives sonores de la BnF et sur des interventions de spécialistes et de passionnés des sons, ce séminaire mensuel dédié aux Sound Studies entreprend de revisiter le monde à partir de son écoute.

vendredi 15 juin 2018 18h30-20h00

Le bois et le crin : qu'est-ce qu'un bon violon?

Par François Denis (Luthier) et Claudia Fritz (CNRS).

Qu’est-ce qu’un bon violon ? Sur quoi est fondé ce jugement ? Sur les qualités de l’instrument ou celles de celui qui le porte ? Un violon peut-il être bon pour l’un et mauvais pour l’autre ? Apprécié au XVIIe siècle et rejeté au siècle suivant ? Claudia Fritz, acousticienne, et François Denis, luthier, discuteront ces questions avec des approches distinctes respectivement de scientifique et de praticien de la sonorité dans la lutherie, mais complémentaires. Il apparaîtra qu’il n’existe pas de réponse univoque à ce qu’est un bon violon. En effet, ceci nécessite de convoquer des domaines aussi divers que l’histoire de la musique, la psychologie de la perception, la physiologie de l’audition, l’évolution sociale et individuelle des sensibilités et des goûts qui s’y rapportent.
Le «secret» de la sonorité adulée d’un Stradivarius est autant à chercher près du coeur et des yeux que des oreilles.

   

lundi 5 février 2018

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