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La BnF

La BnF acquiert le manuscrit des mémoires de Casanova

La dernière aventure de Casanova

Le manuscrit mythique du génial mémorialiste a été acquis par la Bibliothèque nationale de France, grâce à un généreux mécène.
Manuscrits de Giacomo Casanova

Plus de 3700 pages d’une écriture régulière et serrée, rédigées en français, émaillées de ratures, de surcharges et de noms biffés : les manuscrits de Giacomo Girolamo Casanova (1725-1798) vont pouvoir livrer quelques-uns de leurs secrets aux chercheurs, et permettre d’établir l’édition critique dont rêvent les « casanovistes ». La BnF est parvenue à acquérir cet ensemble exceptionnel d’écrits parmi lesquels le légendaire Histoire de ma vie, un des textes majeurs de la littérature du XVIIIe siècle, grâce à un généreux mécène qui a voulu rester anonyme. C’est la plus chère acquisition patrimoniale jamais faite par la Bibliothèque.

Très rares ont été les visiteurs à connaître ce manuscrit. « C’est le paradoxe d’un texte universellement célèbre et dont l’original restait méconnu », explique Bruno Racine, président de la BnF. Le manuscrit du mémorialiste vénitien eut un destin hors du commun, à l’instar de la vie mouvementée de son auteur. Commencée en 1789, le récit s’étend de la naissance de Casanova à 1774. Au fil d’un texte merveilleusement écrit, libre, audacieux, insolent, on découvre un aventurier de génie qui sait se faire diplomate, financier, joueur, escroc ou magicien, s’évadant des Plombs, la lugubre prison de Venise, reçu par les Grands des cours européennes, rencontrant Rousseau, discutant avec Voltaire. Le récit nous conduit en Italie, en France, en Allemagne, en Suisse, en Angleterre, en Espagne et même en Russie. Dans cette fresque haute en couleurs, resurgissent des femmes du monde, des actrices, des servantes, une religieuse, séduites par ce libertin libre-penseur qui assumait sa recherche du plaisir.

Casanova commença à rédiger ses mémoires en 1789 à la demande du Prince de Ligne ; il ne cessa de les reprendre, fut un moment tenté de les détruire mais les conserva cependant et sentant la mort approcher, les confia à son neveu, Carlo Angiolini. Celui-ci emporta le manuscrit à Dresde, et ses enfants le cédèrent, en janvier 1821, à l’éditeur Brockhaus. Il passera entre les mains du traducteur de l’édition allemande, puis d’un professeur de français chargé de préparer l’édition française en corrigeant les italianismes et en réécrivant les passages trop licencieux, qui perd quatre chapitres et met dix ans à le rendre à son propriétaire. Retrouvé intact lors des bombardements de Leipzig, le manuscrit sera transporté par camion militaire allemand, en 1945, à Wiesbaden.

C’est à l’automne 2007 que l’ambassadeur de France à Berlin, Claude Martin, informe Bruno Racine qu’un mystérieux émissaire vient d’évoquer auprès de lui la possibilité d’acquérir cet ensemble exceptionnel. « Il a fallu deux ans et demi de patience et de persévérance pour franchir tous les obstacles », indique Bruno Racine. La commission consultative des trésors nationaux a reconnu l’intérêt patrimonial majeur de cet ensemble, qui entre aujourd’hui à la BnF après bien des tribulations. Il va y connaître de nouvelles aventures : de nombreux projets de valorisation sont d’ores et déjà envisagés, parmi lesquels la numérisation de l’ensemble, qui sera consultable sur Gallica, et une exposition en 2011.

mercredi 24 février 2010

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Communiqué de presse [fichier .pdf – 200 Ko – 18/02/10 – 1 p.]

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