La BnF

Hommage à Pierre Henry

9 décembre 1927 - 5 juillet 2017

La Bibliothèque nationale de France rend hommage à Pierre Henry, considéré comme l’une des figures de la musique électroacoustique.
 

Pierre Henry dans son « laboratoire » en 2008

Père avec Pierre Schaeffer de la « musique concrète », Pierre Henry est en effet l’un des compositeurs majeurs de notre temps. La Symphonie pour un homme seul (avec Pierre Schaeffer) en 1949, Utopia (hommage à Claude-Nicolas Ledoux) en 2007, en passant par la Messe pour le temps présent (avec Michel Colombier) en 1967 ou encore la Dixième symphonie en 1979 jalonnent un parcours foisonnant de recherche et de créativité. Pierre Henry n’a cessé d’innover, tant du point de vue de la composition que de l’« instrumentation ». De même la confrontation avec d’autres formes d’expression comme le théâtre, la danse, le cinéma, mais aussi les arts graphiques, est une constante de son œuvre. En témoigne notamment une longue collaboration avec le chorégraphe Maurice Béjart qui culmine avec la Messe pour le temps présent, présentée au Festival d’Avignon en 1967. Trente ans plus tard, les DJ’s de la scène techno s’emparent des jerks de la Messe et font de Pierre Henry le parrain des musiques électroniques. On ne peut évoquer l’œuvre musicale de Pierre Henry sans évoquer son studio, SON/RÉ, installé dans sa maison de la rue de Toul dans le XIIe arrondissement de Paris, et devenu lieu de concert en 1996 avec une série de performances données dans le cadre du Festival d’Automne de Paris.

En marge des avant-gardes officielles Pierre Henry construit une œuvre « savante » autant que « populaire », et touchant le plus grand nombre.

En février 2008 Pierre Henry et la BnF ont signé une convention visant à la préservation de l’œuvre du compositeur par la BnF. L’accord porte sur la numérisation des 116 œuvres majeures, dites « opus » et sur 300 œuvres « d’application » (œuvres destinées à la danse, au théâtre, au cinéma, à la publicité…). Pour l’ensemble de ce corpus, Pierre Henry réalisait une nouvelle version « définitive » de chacune de ces œuvres dans son studio SON/RÉ, avec l’assistance d’un ingénieur du son du département de l’Audiovisuel de la BnF. Une copie numérique de chaque nouvelle version réalisée est versée à la BnF aux fins de conservation, Pierre Henry en ayant également autorisé la consultation par les chercheurs dans les emprises de la bibliothèque.

Ce don participe d’une politique active de préservation du patrimoine sonore voulue par la BnF. Dans le domaine de l’électroacoustique, les musiques de Pierre Henry côtoient ainsi celles de l’Institut international de Musique Électroacoustique de Bourges (IMEB) données à la BnF en 2005. Et plus globalement, elles s’inscrivent dans une riche tradition qui, de Nadia Boulanger à Olivier Messiaen, a vu nombre d’archives sonores-musicales inédites être confiées à la BnF afin d’y être pérennisées et rendues accessibles au public.

Le département des Arts du spectacle conserve des dossiers de coupures de presse constitués autour de la personnalité de Pierre Henry ; des documents relatifs à des ballets chorégraphiés sur ses compositions musicales : La Reine verte (Maurice Béjart, 1963), La Tentation de Saint Antoine (Maurice Béjart, 1967), Enivrez-vous, Kyldex 1, Verfangen (Carolyn Carlson, 1973) ; et de la correspondance adressée par Pierre Henry à la compagnie Renaud-Barrault et à Carolyn Carlson. On y trouve également un texte de Florence Delay consacré à la composition de Pierre Henry intitulée Le Livre des morts égyptien, ainsi que des enregistrements réalisés au Théâtre national de Chaillot.

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Pierre Henry dans les collections du département des Arts du spectacle [fichier .pdf – 101 Ko – 25/10/13 – 2 p.]

vendredi 7 juillet 2017

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