La BnF

La collection des moulages de monnaies en soufre de Mionnet

Dans le cadre des préparatifs du déménagement du département des Monnaies, médailles et antiques, un fonds de 5800 moulages en soufre réalisés par Théodore-Edme Mionnet (1770-1842) a été conditionné. Ce travail a été l’occasion de se pencher à nouveau sur ces objets, précieux témoins de l’histoire du Cabinet des médailles et de ses collections au tournant des XVIIIe et XIXe siècles.

Les soufres de Mionnet

Moulage en soufre d'un didrachme de Phénéos (Arcadie) - Droit © BnF (agrandir l'image) Moulage en soufre d'un didrachme de Phénéos (Arcadie) - Revers © BnF (agrandir l'image)
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S’inspirant du Dactyliothèque, une série d’empreintes en creux réalisée par Lippert en 1790, Mionnet, conservateur-adjoint au Cabinet des médailles, fit couler les reproductions de plus de 20 000 monnaies grecques et romaines. Il en publia une première liste en 1799, puis, sous une autre forme, dans sa volumineuse Description de médailles antiques grecques et romaines (12 vols., 1806-1838).

Vendus à l’époque en très grand nombre, ces moulages ont été diffusés auprès de particuliers et d’institutions autant comme objets de collection, voire d’inspiration (par exemple pour Eugène Delacroix) que comme source documentaire. Ainsi le British Museum ou le Münzkabinett de Berlin en ont acquis des séries considérables.

Ces moulages sont aujourd’hui d’autant plus précieux qu’ils sont le reflet de la collection du Cabinet des médailles telle qu’elle était vers 1800. Ces reproductions ont ainsi préservé la trace de monnaies parfois disparues, comme les nombreux aurei dérobés lors du grand vol de 1831.

Un cas particulier illustre l’intérêt de ces soufres.

Le moulage de l’as « à la patte de sanglier » de Caylus © BnF (agrandir l'image)
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Les as dits « à la patte de sanglier » sont extrêmement rares et leur interprétation très discutée. Il s'agit de monnaies de Nîmes, par ailleurs très communes, qui ont la particularité d'avoir conservé leur tenon de coulée gravé en forme de patte de sanglier. Mionnet réalisa le moulage du seul exemplaire que possédait alors le Cabinet des médailles. Découvert dans la fontaine de Nîmes en 1739, il avait été donné par le Comte de Caylus (remerciements à P. Villemur pour cette information). Or, la trace de cette pièce s’est perdue depuis qu’elle fut échangée, en 1873, le Cabinet des médailles ayant entre-temps acquis plusieurs exemplaires de meilleure qualité. Les moulages en soufre – dont au moins deux exemplaires sont préservés, l’un à la BnF, l’autre au British Museum – restent donc à ce jour le seul témoignage de cette monnaie.

Voir aussi

Comte de Caylus Recueil d’Antiquités ,  base de données sur la collection d'objets archéologiques du comte de Caylus.

Le conditionnement des moulages

Le conditionnement des moulages de Mionnet © BnF (agrandir l'image) Le conditionnement des moulages de Mionnet © BnF (agrandir l'image)
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Après en avoir dressé l’inventaire, les soufres ont été conditionnés et protégés avec un matériel adapté à une conservation pérenne. Chaque reproduction a été numérotée puis enveloppée dans une mousse avant d’être placée dans une boîte en polyéthylène. Celles-ci ont ensuite été disposées dans des boîtes de grand format en polypropylène.

En juin 2016, ces moulages ont rejoint le site BnF de Bussy-Saint-Georges, où étaient déjà conservés les moules bivalves en terre cuite (aussi appelés briques) qui ont servi à leur production.

Une brique de Mionnet © BnF (agrandir l'image)
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jeudi 11 août 2016

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