Bibliothèque nationale de France
Pour les professionnels
Tous les documents entrés jusqu’au début de 1997 à la BnF ont été classés à l’intérieur de 23 divisions systématiques (de la lettre A – Écriture sainte – à la lettre Z – Polygraphie et mélanges).
Ce cadre de classement a été conçu par Nicolas Clément, garde de la Bibliothèque du roi, à la fin du XVIIe siècle (rédaction du premier catalogue de N. Clément : 1675-1684).
Les livres, numérotés, étaient classés par format, puis par sujet, à l’intérieur de chaque division.
Ce bel ordre fut une première fois mis en péril pendant la période révolutionnaire, qui, par le biais des confiscations, vit le fonds de la Bibliothèque nationale passer du simple au double : plus de 600 000 volumes en 1807, que le personnel d’alors ne parvint ni à coter, ni à inventorier.
Les livres furent tout simplement insérés à leur place sur les rayons. Du moins, on tenta de le faire.
Le Second Empire fut la grande époque des classifications méthodiques et de la conception des lettres dites cataloguées.
Dès 1852, on entreprit de reclasser, de recoter les fonds conservés sous les lettrages suivants :
Chacune de ces lettres fut subdivisée en chapitre (identifiant alphabétique), puis en sous-chapitre (identifiant numérique).
Exemple :
Quelques années plus tard, le même travail fut entrepris pour les lettres théologiques (A à E)
En 1875, tous les fonds qui n’avaient pu être traités ont été déclarés clos, une nouvelle cotation dans laquelle le lettrage était précédé du format du document mise en place.
Exemple : 8-G-2400.
Ainsi, de 1875 à 1893 put être réalisé l’Inventaire général des collections qui n‘avaient pu jusqu’alors être inventoriées ou cotées.
Ensuite commença la rédaction du Catalogue général des livres imprimés de la Bibliothèque nationale.
De 1875 à 1996, la cotation des fonds d’imprimés de la Bibliothèque nationale ne connut plus de bouleversements fondamentaux.
Magasin du site François-Mitterrand
© Alain Goustard / BnF
Préalable indispensable au transfert des collections du site Richelieu au site François-Mitterrand, en 1997 la décision a été prise de clore les fonds conservés dans les magasins de Richelieu et de stocker d’emblée tous les nouveaux documents imprimés à Tolbiac (cette décision avait été prise dès le 1er janvier 1996 pour les nouveaux titres de périodiques).
La géographie des magasins de Tolbiac ne se prêtant pas une continuation de la cotation Clément, il a fallu adopter une nouvelle cotation, transitoire puisque la cotation définitive du nouvel établissement était liée à la mise à disposition des applications de magasinage du Système d’information de la BnF, alors en cours de développement.
Cette cotation reprend la structure traditionnelle en trois segments de la cotation Clément : Format-Lettrage-Numéro, le lettrage n’étant plus une lettre de l’alphabet, mais l’identifiant du département de conservation, suivi de l’indication abrégée de la typologie du document (monographie ou périodique).
Exemple : 4-D1 MON-250.
Cette cotation transitoire a été en vigueur jusqu’en juillet 1998.
Magasins du site François-Mitterrand
© Alain Goustard / BnF
Dorénavant, chaque document entrant dans les collections de la BnF se voit attribuer un numéro d’inventaire, composé d’un millésime (celui de l’année en cours) complété d’un numéro d’ordre.
Exemple : 2001-1500.
C’est ce numéro d’inventaire qui va servir de cote pour la majorité des documents imprimés, à la seule exception des documents entrant au département de la Réserve, qui a choisi de conserver une version « allégée » de la cotation Clément , afin de maintenir la spécificité de ses collections.
À remarquer que les collections de périodiques continuent à s’accroître sous leur cote d’origine, qui peut être « Clément », « Transitoire » ou « Nouveau système ».
La Bibliothèque de l’Arsenal avait adopté pour son ancien fonds la classification de Brunet, dite classification des Libraires (collections réparties en cinq classes : Belles-Lettres, Histoire, Sciences et Art, Jurisprudence, Théologie).
Exemple : 4-BL-650, 8-H-8500
Il existe de plus un certain nombre de fonds spécifiques, portant en cote le nom du donateur ou l’indication de la typologie des documents conservés (Estampe, Musique).
Les cotes des nouveaux fonds se composent souvent d’un format, suivi de deux lettres, un « N » (pour nouveau), précédé d’une première lettre précisant la nature des documents rassemblés (P = Poésie, R = Roman).
Les collections du département des Arts du Spectacle sont classées selon une typologie propre, axée autour de la notion de spectacle et correspondant à la spécificité du support du document (imprimés, affiches, costumes, décors…).
Ce département conserve l’importante collection Rondel, constituée par Auguste Rondel, amateur de théâtre qui en fit don à l’État en 1920.
Son plan de classement est de type documentaire. Imprimés, manuscrits, dossiers de coupures de presse traitant du même thème sont rassemblés, tous types de format, conditionnement et valeur confondus
Les fonds d’imprimés du département des Manuscrits se signalent par la présence de la mention « Impr » dans leur cote.
Pour les autres départements, aucune cotation spécifique n’a été introduite : les fonds d’imprimés sont intégrés dans la cotation générale du département.
Magasins du site François-Mitterrand
© J. C. Ballot / BnF
La cotation du département des Cartes et Plans se compose d’un préfixe : Ge = Géographie, d’un lettrage symbolisant le format lorsqu’il s’agit des lettres A à D ou le type du document pour les lettres E à H.
Exemple : Ge DD-250
Le département conserve également des fonds spécifiques, tel le Fonds du service hydrographique de la Marine.Le département a en dépôt le fonds de la Société de Géographie qui a conservé sa cotation propre : celle-ci se compose des lettres Sg, suivies d’une mention de format, d’un lettrage et d’un numéro d’ordre. La société de Géographie possède également des fonds spécifiques, tel le fonds Bonaparte, légué à la Société de Géographie par Marie de Grèce, fille de Roland Bonaparte, petit neveu de l’Empereur et Président de la Société de Géographie de 1909 à sa mort en 1924.
La cotation du département de la Musique est axée autour du lettrage Vm (Musique).
Le département de la Musique conserve également une partie des fonds du Conservatoire de la Musique. Ceux-ci ont conservé leur cotation d’origine.
La Bibliothèque-Musée de l’Opéra, qui relève administrativement du département de la Musique, a adopté une classification « descriptive » en adéquation avec la nature de ses collections, dans l’esprit proche de celle du département des Arts du Spectacle.
On trouve ainsi des cotes « Opéras comiques », « Dessins de costumes », des dossiers de presse et, bien sûr, de nombreux fonds spécifiques (« Fonds Lifar », « Fonds Pavlova »…)
Magasin du Département des Estampes et de la photographie
© BnF
Le principe de classement des collections du département des Estampes a été établi dès 1750 par Hugues-Adrien Joly, « Garde des estampes et planches gravées » : les pièces et recueils sont répartis en grandes séries, conçues d’un point de vue artistique ou d’un point de vue strictement documentaire.
Ce plan de classification fut aménagé et amélioré par Jean Duchesne, devenu conservateur des Estampes en 1800.
Exemple : Yb3 5000 : Cote de documentation sur les artistes. Elle est toujours suivie du nom de l’artiste en majuscules et du prénom entre parenthèses.
Ce plan de classement a pour finalité de classer logiquement les documents reçus dans le département, de regrouper les ouvrages traitant du même sujet ou rédigés par le même auteur.
Les matières sont subdivisées décimalement, classant les notions du général au particulier.
Les différentes séries sont ordonnancées selon les mêmes principes généraux, afin de faciliter la recherche.
Les cotes du département se composent toujours :
La diversité des langues dans lesquelles sont écrits les documents conservés a conduit le département à adopter un classement linguistique pour l’essentiel de ses fonds.
Il existe par ailleurs des collections particulières dont la cote précise la provenance (nom géographique, nom du collectionneur ou du donateur) ou la typologie des documents (imprimés, fac-similés).
La division orientale du département des Manuscrits conserve essentiellement trois types de documents :
La cote se compose d’un lettrage spécifique suivi d’un numéro séquentiel.
Lorsque le format existe, il précède toujours le lettrage.
Département de l'Audiovisuel
© David Carr / BnF
Pour répondre à des nécessités de conservation selon les types physico-chimiques qui ne doivent normalement pas être ensemble en magasin (supports mécaniques, supports magnétiques, supports optiques, supports multimédias), d’optimisation des espaces de rangement en magasin (les formats) et de communication (déduire de la cote le type d’appareil à utiliser pour la communication), les collections audiovisuelles portent leurs cotes selon les modes suivants :
Département de l'Audiovisuel
© David Carr / BnF
Le classement au format, marque, numéro dans la marque, aujourd’hui abandonné, correspond à celui des disques 78 tours issus des dons et acquisitions. Il revenait tout simplement à classer les disques selon leur format (diamètre du disque : 30, 25 ou 17 cm) ainsi que leur marque (Columbia, Odéon, Pathé, etc.), leur numéro de catalogue dans la marque inscrit dans la matière même du disque et sur l’étiquette centrale.
Dans le catalogue BNF, les références commerciales (marque et numéro dans la marque) sont précédées, selon les fonds auxquels appartiennent les documents, de l’une des mentions suivantes :
TYPE DE SUPPORT (mention en clair) + n° D’ENTRÉE
Des collections d’enregistrements sonores copiées sur disques (disques à gravure directe de la marque Pyral) ou sur bandes magnétiques, non issues du Dépôt légal, sont classées selon un numéro d’entrée.
Pyral + n° d’entrée (1)
Bande + n° d’entrée
Le lettrage a pour but de décrire physiquement le document dont il est question, essentiellement le type de support et son format.
Magasin du service préservation
© David Carr / BnF
Les documents en accès libre, sont répartis entre les départements et rangés dans les salles de lecture d'après leur sujet.
pour les livres : selon la discipline et la classification décimale Dewey, à l'exception des ouvrages de référence de la Réserve des livres rares, organisés selon une classification spécifique.
pour les journaux et revues : selon la discipline, puis par titre dans l'ordre alphabétique
Un ouvrage traitant du même sujet dans une même discipline sera classé à la même cote en Haut et en Rez-de-jardin.
Services préservation
© David Carr / BnF
La classification Dewey, du nom de son inventeur, le bibliographe américain Melvil Dewey (1851-1931), répartit l'ensemble des connaissances en 10 grandes classes, de 0 à 9.
Pour connaître la répartition des classes dans la bibliothèque, consulter sur place :
Chacune de ces classes a été subdivisée, du plus général au plus précis. Plus le sujet est précis, plus la cote comporte de chiffres.
Le mobilier présente plusieurs niveaux de repère correspondant au classement des collections.
Chaque document porte une étiquette indiquant sa cote. C'est cette cote qui permet de le localiser dans la bibliothèque selon son sujet principal, le nom de son auteur et son titre.
| Histoire de la langue française | 447.009 | Sujet traduit selon la classification Dewey |
France | 944 | |
Ferdinand Brunot | BRUN | Premières lettres du nom de l'auteur |
Histoire de la langue française | h | Première lettre du titre de l'ouvrage |
A41 | Code de localisation à usage interne |
Dans les salles, les journaux et les revues sont distingués des autres documents, rassemblés à part et classés par discipline et par titre, à l'exception des publications officielles (salle O), classées par organisme éditeur.
| Gazette des Beaux-Arts | ART | Premières lettres de la discipline |
|
| Gaze | Premières lettres des principaux mots du titre |
|
| Beau | |
|
| A 43 | Code de localisation à usage interne |
jeudi 29 novembre 2012