Événements et culture

Archéologie de la Guerre : de la fouille à l’écriture de l’Histoire

Conférence

Centré sur l'apport de l'archéologie française ou d'archéologues français à l'Histoire, ce cycle de conférences envisage de traiter différents aspects de l'archéologie de la Guerre, au sens large (étude d'objets, fouille, archéologie des textes...), dans la lignée d'une série de manifestations faisant écho aux commémorations 1917-1918. Co-organisé par le service Histoire, le département des Monnaies, médailles et antiques et la direction des études de l'Ecole française d'Athènes, l'idée est de montrer à travers l'exposé de travaux récents comment archéologie, matériel archéologique ou épigraphie dialoguent pour créer un discours historique.

Coordination :
Vanessa Desclaux
, chargée de collection du département Philosophie, histoire, sciences de l’homme, BnF
Frédérique Duyrat
, directrice du département des Monnaies, médailles et antiques, BnF
Tassos Anastasiadis
, directeur des études Grèce moderne et contemporaine, EFA

mercredi 23 mai 2018 18h30-20h00

L’archéologie de la Grande Guerre vue de l’est
Archéogéomorphologie de la Grande Guerre

L’archéologie de la Grande Guerre vue de l’est : L’alimentation du combattant de la Grande Guerre à travers l’'archéologie
Par Michaël Landolt, Archéologue, Service régional de l'archéologie, Direction Régionale des Affaires Culturelles du Grand Est.

Le développement de l’archéologie de la Première Guerre Mondiale en France depuis quelques années s’est récemment accompagné d’une définition de nouvelles problématiques d’études. Parmi celles-ci, l’étude archéologique des dépotoirs vient véritablement compléter la vision de la Grande Guerre. De nombreux éléments, issus du mobilier rejeté dans ces structures, sont à mettre en relation avec l’alimentation. L’évocation par les soldats des conditions alimentaires au front et au repos est trop souvent parcellaire et anecdotique. Ainsi, les objets et les restes alimentaires qui leurs sont liés méritent une attention particulière car ils contiennent une quantité d’informations encore sous exploitées par les historiens. Même si ces vestiges ont malheureusement souvent été délaissés, au profit des fouilleurs clandestins, les études scientifiques démontrent aujourd’hui le potentiel documentaire de ce mobilier. À partir de corpus principalement issus de Champagne-Ardenne, Lorraine et Alsace, l’alimentation des soldats allemands et français pourra être abordée. L’accent sera donné sur les spécificités de chaque belligérant à partir de quelques exemples caractéristiques (boissons, condiments, conserves, viande...). Cette étude comparative pluridisciplinaire développera plusieurs problématiques depuis la fabrication des aliments jusqu’au rejet des restes alimentaires.

Archéogéomorphologie de la Grande Guerre : une approche du façonnement des paysages du premier conflit mondial dans le Nord-Est de la France (champ de bataille de Verdun)
Par Stéphanie Jacquemot, Archéologue, Service régional de l’archéologie, Direction Régionale des Affaires Culturelles du Grand Est .

Cent ans après, les traces des combats de la Grande Guerre demeurent toujours vivaces dans les paysages du Nord-Est de la France. C’est le cas notamment en forêt de Verdun, qui a fait l’objet en 2013 d’une prospection par LiDAR aéroporté, permettant de dévoiler, sous forme d’images 3-D à haute résolution, les vestiges de guerre masqués par le manteau forestier. Menée à partir du traitement d’images et de l’analyse de terrain, une étude archéogéomorphologique des formes de relief induites par les bombardements et les aménagements du front établit une typologie et une cartographie inédites de la diversité des vestiges et de la structure du champ de bataille. Les résultats de ces travaux menés avec Rémi de Matos-Machado contribuent à affiner la connaissance duchamp de bataille de Verdun.

   

jeudi 12 octobre 2017

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