Les cartes anciennes et leurs définitions

Mappemondes, cartes marines, atlas, planisphères…  notre exposition Cartes imaginaires. Inventer des mondes présente une sélection de documents cartographiques issus des collections du département des Cartes et Plans de la BnF. Ce glossaire, dont la source principale est Le langage des géographes : termes, signes, couleurs des cartes anciennes, 1500-1800, François de Dainville, 1964, propose un panorama des différents types de supports cartographiques anciens et de leurs définitions.

 

Mappemonde, Giovanni Francesco Camocio, 1593 - BnF, département des Cartes et plans

Carte

Une carte est une représentation de la surface de la Terre ou d’une partie de celle-ci, sur une surface plane, le plus souvent sur du papier (le mot carte venant de « charta » qui signifie le papier sur lequel on écrit).

Selon ce qu’elles représentent, on distingue notamment deux types de cartes : les cartes terrestres ou géographiques et les cartes marines ou hydrographiques, qui représentent la mer, les côtes et les îles.

Partie de Terre Ferme ou sont Guiane et Caribane, N. Sanson d’Abbeville, 1656 - BnF, département des Cartes et Plans

Échelle

En cartographie, l’échelle est le rapport entre une distance réelle et sa représentation sur une carte, exprimant ainsi le rapport de réduction ou d’agrandissement d’un objet ou d’une représentation graphique. On parle de :

  • « petite échelle » quand le dénominateur est grand, par exemple sur une carte 1 : 1 000 000e, un centimètre sur la carte représente 1 million de cm (10 km) sur le terrain.
  • « grande échelle » quand il est petit, par exemple sur une carte 1 : 25 000e, un centimètre sur la carte représente 25 000 cm (250 m) sur le terrain.

En savoir plus sur l’échelle en cartographie

Projections

La projection est un procédé mathématique permettant de reporter les points de la surface terrestre sur un plan, notamment pour créer une carte.

Ce processus entraîne inévitablement des déformations (angles, surfaces, distances), car une sphère ne peut pas être aplatie sans distorsion. Pour limiter ces distorsions, les cartographes ont mis au point différentes projections, chacune préservant certaines propriétés au détriment d’autres, selon la région représentée et l’usage de la carte.

En savoir plus sur les projections

Carte terrestre

« O caput elleboro dignum » (monde dans une tête de fou), 1590 - BnF, département des Cartes et plans

Les cartes terrestres ou géographiques décrivent les terres à différentes échelles

  • Les cartes terrestres générales décrivent toute la surface de la terre, une partie considérable du monde, tel un continent
  • Les cartes chorographiques décrivent quelque pays particulier ou, avec un plus grand détail, une contrée, un diocèse, une province. 
  • Les cartes topographiques décrivent ou un petit espace, une ville et son territoire 

Mappemonde

Du latin mappa mundi (de mappa, mot ancien qui signifie carte), le mot mappemonde désigne littéralement la « carte du monde connu », notamment au Moyen Âge.

Il s’agit d’une carte terrestre qui représente l’ensemble de la Terre sur une surface plane.

Aujourd’hui, en cartographie, une mappemonde désigne une représentation du globe en deux hémisphères côte à côte. Cela permet de restituer la planète à plat, avec une représentation aussi fidèle que possible à la réalité.

Mappemonde de Pietro Vesconte, 1328-1329 - BnF, département des Manuscrits
 
 
 
Sindbad
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Planisphère

Atlas nautique du monde, Joan Martines, 1583 - BnF, département des Cartes et plans

Un planisphère présente le globe terrestre comme s’il était aplati dans un seul cercle.

Cette mise à plat de la surface terrestre entraîne inévitablement des déformations de la réalité. Aujourd’hui, ce mot désigne toute carte représentant la surface du globe à plat. Mais aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, on lui préférait les mots mappemonde ou carte générale du monde.

 

Carte marine

Une carte marine est la représentation d’une portion de mer , des îles et des côtes qui l’entourent. 

À la différence d’une carte géographique classique, la carte marine est pensée avant tout pour guider les navigateurs. Elle permet de situer chaque lieu non seulement par rapport à la surface de la Terre, mais aussi en fonction des repères célestes.

Elle se concentre enfin sur les informations essentielles à la navigation, notamment celles nécessaires pour approcher les côtes et effectuer des manœuvres d’accostage.

En savoir plus sur les cartes marines

Plan du port neuf d’Alexandrie, dans Division 7 du portefeuille 103 du Service hydrographique de la marine consacré aux cartes d’Alexandrie à Aboukir, 1700-1800 - BnF, département des Cartes et Plans

Portulan

Carte marine et mappemonde dite « de Christophe Colomb » - BnF, département des Carte et plans

Le portulan est un type particulier de carte marine.

Au XVIe siècle, l’italianisme portulan désigne un ensemble d’informations maritimes, un recueil mis au point par les navigateurs italiens (surtout génois et vénitiens) des XIIIe-XIVe siècles, décrivant les ports de mer et les côtes ainsi que les renseignements utiles à la navigation. Par métonymie, le mot désigne la carte accompagnant ce document.

 

La production des cartes portulans s’étend sur plus de cinq cents ans, du XIIIe au XVIIIe siècle. La plupart du temps, la carte est dessinée à la main sur du parchemin : une peau d’animal – dont on voit encore la forme – ou plusieurs feuilles de vélin, découpées et assemblées pour former une seule grande carte ou plusieurs planches d’un atlas.

La carte portulan porte un canevas de lignes de vents se référant aux points cardinaux (lignes de rhumbs). Rayonnant à partir d’un point central, huit lignes principales et des lignes secondaires déterminent à l’intérieur d’un cercle seize ou trente-deux angles. L’intersection de ces lignes avec le cercle forme de nouveaux centres d’où partent d’autres réseaux de lignes entrecroisées, noires, rouges et vertes.

En savoir plus sur les portulans

atlas

L’Atlas est un recueil de cartes géographiques.

Le mot « atlas » s’impose en cartographie à partir du XVIe siècle. C’est Gerardus Mercator qui, en concevant un grand ouvrage consacré à la description du monde accompagné de cartes, compare son travail à celui d’Atlas, le Géant de la mythologie grecque qui est condamné par Zeus à porter sur ses épaules la voûte céleste pour avoir participé à la révolte des Titans. Il décide de donner à son livre le titre Atlas.

L’ouvrage est publié après sa mort en 1595. Si le texte connaît peu de succès, le recueil de cartes s’impose rapidement, et le mot atlas commence à désigner ce type d’ouvrage. Ce titre particulier allait d’ici une génération devenir une désignation générique.

Gerard Mercator, Atlas, sive Cosmographicae meditationes de fabrica mundi et fabricati figura ; Carte du pôle nord (arctique), 1595 - BnF, département des Cartes et plans

Globe

Globe terrestre dit Globe vert, de Martin Waldseemüller, 1506-1507 - BnF, département des Cartes et plans

Du latin globus, le globe est à la fois le nom donné à la Terre — considérée comme une sphère formée de terres et d’eaux — et celui d’un instrument scientifique qui en représente la surface : mers, îles, rivières, villes…

Sa surface est parcourue de cercles de référence (équateur, méridiens, tropiques, cercles polaires) tirés de l’astronomie. En savoir plus sur les globes terrestres à la BnF