Rapport d’activité 2021 – Le mot de Laurence Engel, présidente de la BnF

Laurence Engel, présidente de la Bibliothèque nationale de France © Guillaume Murat / BnF

L’année 2021 n’a pas été celle de la fin de la crise sanitaire. Nous avons appris, depuis mars 2020, bien au-delà de ce que nous pouvions avoir à l’esprit au début de cette période, à adapter nos services bien sûr, mais aussi à ne pas pouvoir nous organiser comme nous l’aurions souhaité. Cette crise, c’est évident, nous a tenu à distance les uns des autres ; elle a créé beaucoup d’inquiétude, d’interrogations ; elle a compliqué l’exercice de nos missions.

 

Grâce à l’engagement de tous, nous pouvons pourtant regarder 2021 avec la satisfaction d’avoir tenu nos engagements : à travers l’accueil des publics à distance en ayant déployé de nouveaux services mais aussi sur place, notamment dans les salles de lecture ; en ayant préservé bien sûr l’exercice continu du dépôt légal et en ayant maintenu la conduite de travaux engagés sur les collections ; et enfin, en ayant poursuivi la réalisation de nos grands projets. Ce rapport rend compte de cette capacité à agir, malgré les circonstances.

Ce millésime a aussi été remarquable en enrichissements de collections avec l’entrée de plusieurs trésors nationaux et œuvres essentielles - de Sade, André Breton, Proust, Simone de Beauvoir, Charles Gounod… - ou bien encore avec des dons remarquables, tels celui de Plantu, des Bérurier noir ou celui, par l’historien et réalisateur Christian Delage, des témoignages recueillis après les attentats de 2015. Des enrichissements qui doivent aussi beaucoup aux mécènes et au grand public, fidèles aux projets que l’établissement propose.

Nous avons par ailleurs maintenu intacte notre action de coopération nationale, dont le programme Gallica marque blanche constitue une forme d’émergence brillante, et auquel ont adhéré l’année passée Brest, Plaine Commune, Le Havre, mais aussi l’Insee et l’École des ponts et chaussées. La Bibliothèque n’a pas davantage cessé d’explorer ses collections extra-européennes avec ses partenaires de par le monde, à travers les projets de bibliothèques numériques France-Vietnam et France aux Amérique, nouveaux opus de la collection « Patrimoines partagés »; en poursuivant aussi ses actions de sauvegarde, retournant notamment en Irak.

Elle a continué de formaliser et de nourrir des partenariats scientifiques essentiels - avec par exemple le Collège de France ou Sorbonne Université -, en développant bien sûr des projets de recherche passionnants, mais aussi une capacité nouvelle à construire en lien avec nos partenaires des outils et des services nouveaux, comme en témoigne l’inauguration en 2021 du BnF DataLab.

Cette année a par ailleurs encore été décisive pour trois grands projets, pleinement constitutifs de la BnF, de son histoire et de ses missions, et qui nous permettent de préparer l’avenir.

Sur le quadrilatère Richelieu, se sont ainsi achevés les principaux travaux engagés il y a plus de dix ans. Cette étape décisive a été symboliquement marquée par la visite de fin de chantier du Président de la République et de la ministre de la Culture, puis, peu après, par les premiers déménagements de collections et les premières installations d’agents. L’horizon calendaire est maintenant fixé : c’est dans la semaine du 10 au 18 septembre 2022 que se dérouleront les manifestations d’inauguration. Elles se concluront, pendant les Journées européennes du patrimoine, par l’ouverture au public.

La mise en œuvre du dépôt légal numérique s’est vue quant à elle validée au plan juridique, l’article 5 de la loi n° 2021-1901 « visant à améliorer l’économie du livre et à renforcer l’équité entre ses acteurs » instaurant le dépôt légal des documents numériques. Derrière ce texte, c’est toute la stratégie numérique de l’établissement qui s’en trouve confortée et affermie, à travers de grands projets techniques tels que NOEMI –nouvel outil de production de catalogage – ou MISAOA – outil de Mutualisation et d’innovation pour la sauvegarde et l’accès aux œuvres audiovisuelles porté par la BnF et le Centre national du cinéma et de l’image animée – et plus largement la mise en œuvre de l’ensemble du schéma numérique.

Enfin, la BnF a retenu la proposition d’Amiens Métropole pour accueillir son nouveau pôle de conservation, incluant la création d’un Conservatoire national de la Presse. C’est la capacité collective de la BnF à poursuivre l’aventure du dépôt légal, à ainsi donner une forme contemporaine à un dessein pluriséculaire- constituer et préserver notre mémoire, en communiquer les artefacts pour offrir un cadre à de nouvelles recherches, productions, créations et réflexions, et enfin valoriser ce patrimoine - qui sera, grâce à ce projet, garantie pour les prochaines décennies.

Le ministère de la Culture a soutenu en 2021 – l’ensemble de cette action multiforme, en accordant à la BnF la préservation de ses effectifs et une progression de sa subvention. Une telle densité de projets, comme la poursuite de ses missions prestigieuses, n’auraient pu toutefois se déployer pleinement sans l’engagement des agents de la bibliothèque, sans l’investissement de chacun dans des démarches de transformation et d’adaptation aux nouveaux métiers et aux technologies les plus contemporaines, sans la création de nouveaux outils, sans réfléchir à de nouvelles organisations qui sont des perspectives certes riches de promesses mais qui sont aussi par nature complexes.

Parallèlement, des améliorations substantielles des conditions de travail ont été entreprises : elles étaient légitimement attendues et rendent possibles les efforts importants consentis par les équipes.

La grandeur des projets portés, la conviction d’avoir su relever le défi d’une activité préservée dans le contexte d’une crise sanitaire prolongée, sont les échos satisfaisants de cet engagement sans répit. Je veux ici en remercier chacun.

 

Rapport d’activité 2021 de la BnF
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