Coopération régionale et action territoriale de la BnF

Affirmée comme une priorité de la politique de coopération de la BnF, l’action régionale se concrétise principalement à travers un double dispositif : avec les territoires (en partenariat avec les DRAC, les structures régionales pour le livre, les régions, les départements) et d’autre part avec les grandes villes, communautés d’agglomération et métropoles. Ce double dispositif découle de la mise en place du Plan d’action pour le patrimoine écrit (PAPE) du ministère de la Culture. L’objectif est de valoriser le patrimoine des bibliothèques françaises par des programmes concertés de signalement, de numérisation et de valorisation.

Les Pôles associés avec les grandes villes, communautés d’agglomération et métropoles

Des coopérations bilatérales sont conduites avec les bibliothèques classées (bibliothèques municipales, de communautés d’agglomération ou de métropoles), tenant compte de la richesse et de la diversité de leurs collections, de leurs publics et de leurs politiques culturelles, permettant notamment de les associer aux ambitions nationale et internationale de la BnF (Lyon autour du patrimoine partagé France-Chine, Dijon autour de son patrimoine gastronomique, Bayonne autour de la langue basque, etc.).
Par ailleurs une coopération spécifique est menée avec les 26 bibliothèques de dépôt légal imprimeur (BDLI) qui collectent les documents imprimés en région et qui donnent, déjà pour 19 d’entre elles, un accès distant aux Archives de l’internet de la BnF.

Les Pôles associés territoriaux

Ce dispositif, associant à la BnF les DRAC, les structures régionales pour le livre et parfois les régions, permet d’impliquer dans un espace de concertation tous les types de partenaires et d’établissements en charge de fonds patrimoniaux (bibliothèques municipales classées, services départementaux d’archives, bibliothèques universitaires, sociétés savantes…), de mettre en place autour d’une dynamique présente sur un territoire une mutualisation de moyens, et de planifier des opérations pour lesquels les intérêts sont partagés, avec le soutien et l’expertise de la BnF.

 

Chiffres clés
En 2019, des conventions de « pôle associé » sont signées avec la BnF dans 8 régions : Antilles-Guyane (pôle interrégional), Auvergne-Rhône-Alpes, Grand-Est, Hauts-de-France, Normandie, Nouvelle-Aquitaine, Provence-Alpes-Côte-d’Azur, la Réunion.

 

Cette concertation régionale n’exclut pas la création en région de multiples partenariats bilatéraux qui permettent de mettre en valeur d’autres collections des partenaires de la BnF dans leurs spécificités et leur originalité. C’est notamment le cas autour de la presse locale ancienne : la BnF contribue à la rendre plus visible et plus accessible par l’établissement d’une bibliographie, par la mise en ligne d’un site dédié, et par l’inventaire des titres numérisés dans les départements.

L’action de la BnF dans les territoires s’organise autour de trois axes forts :

  • le signalement du patrimoine imprimé (informatisation des catalogues des fonds anciens, locaux et spécialisés, bibliographies régionales, etc.),
  • la valorisation numérique du patrimoine, à travers des actions en faveur d’une documentation structurante ou à haute valeur patrimoniale sur les territoires, notamment des imprimés, des publications en série, les publications des sociétés savantes et des académies, et plus largement de documents qui témoignent de la vie administrative, politique, économique, culturelle, etc. des régions, mais aussi autour de leurs caractéristiques naturelles.
  • la valorisation éditoriale du patrimoine, par une médiation concertée autour des ressources mises en ligne par la BnF et ses partenaires (reconstitution virtuelle de collections physiquement dispersées, réalisation de dossiers notamment consacrés à des écrivains, constitution à la demande de corpus documentaires de Gallica dans le cadre des programmations culturelles de ses partenaires.

La valorisation du patrimoine des langues de France (basque, alsacien, occitan, corse, etc.) est inscrite dans les programmes de coopération, tout comme les sont la participation des bibliothèques territoriales aux programmes nationaux de numérisation concertée (thématiques du droit, de l’art, de la guerre de 1914-1918, de la littérature jeunesse, du sport, de la gastronomie, etc.) et le signalement de la presse locale ancienne dans la Bibliographie de la presse française politique et d’intérêt général et sur le site presselocaleancienne.bnf.fr.

Le portail numérique « Bilketa », mis en ligne le 30 avril 2015, contient plus de 100 000 documents répertoriés, dont 50 000 en langue basque (euskara) et plusieurs centaines de documents numérisés.
Entièrement bilingue basque et français, il est la référence en matière d’accès aux gisements documentaires basques du territoire. Manuscrits anciens, livres, musique, films en euskara ou traitant du Pays Basque, articles de journaux ou périodiques, archives, photographies et toute iconographie, documents sonores et audiovisuels, sont désormais disponibles en ligne.
Ce portail « Bilketa » (« cueillette » en langue basque) est le fruit de la mise en commun de fonds d’une vingtaine de bibliothèques municipales et universitaires, de musées et de centres de documentation, ainsi que de fonds privés.

 

 

Dès 2011, une convention « pôle associé » a été signée entre la Ville de Bayonne et la BnF, visant à établir une collaboration autour du traitement des fonds basques : la BnF – département de la Coopération - apporte un soutien technique et financier aux opérations de catalogage et de numérisation, et permet leur signalement dans les répertoires et catalogues nationaux, en particulier le CCFr, augmentant ainsi leur visibilité.

De manière parallèle, la BnF (le département Littérature et Art) a amélioré le signalement des fonds d’imprimés basques et a numérisé et mis en ligne dans Gallica plus de 300 documents issus de la collection d’Antoine d’Abbadie d’Arrast (fonds « Z basque »).
C’est ainsi que l’on peut découvrir le plus ancien document écrit en langue basque : Linguae Vasconum primitiae de Bernard Pechenare, publié à Bordeaux en 1545.

L’interopérabilité entre Bilketa et Gallica a été mise en œuvre, afin de réunir virtuellement les deux corpus. La BnF reconnaît au pôle Bilketa un rôle de pôle d’excellence pour les fonds basques, ce qui doit permettre une coopération de niveau national, se poursuivant sur le plan international (les fonds se trouvent sur les territoires espagnol et français, mais aussi dans de nombreux lieux d’émigration des Basques).

Fruit d’une collaboration scientifique et documentaire entre la BnF et les établissements en région, la BIPFPIG est un outil de repérage et de description des collections de presse locale conservées à la BnF et en régions.  Les volumes de la BIPFPIG (73 volumes parus) recensent, département par département, la presse locale, dont au moins une partie du contenu est consacrée à l’actualité locale, politique ou générale ou culturelle, des origines à la Libération en 1944.

Parallèlement à la publication des volumes papier, une version en ligne du BIPFPIG est disponible depuis février 2016 sur le site presselocaleancienne.bnf.fr.  Elle utilise les données des catalogues en ligne de la BnF et du Sudoc-PS (catalogue collectif des périodiques du Système Universitaire de Documentation), et bénéficie donc des corrections et mises à jour qui peuvent être opérées sur les notices et les états de collection. De plus, elle comporte de nombreux titres supplémentaires par rapport à la version papier : journaux parus avant 1865, pour les départements où cette période n’était pas couverte, et d’autres journaux ajoutés par souci de cohérence globale du corpus. Outre les départements traités dans les volumes papier publiés depuis au moins deux ans, on y trouve aussi des journaux des départements d’Outre-mer.

 

 

 

Plusieurs outils de recherche sont disponibles sur le site presselocaleancienne.bnf.fr pour trouver des journaux d’intérêt local parus en France des origines à 1944 :

  • la recherche par formulaire : simple, par mot dans toute la notice ou avancée (+), qui permet de croiser plusieurs critères : départements et mots (en particulier du titre ou de la ville de publication) ; dans les deux cas, on peut choisir de rechercher uniquement les journaux numérisés.
  • la recherche cartographique : affiche le nombre puis la liste des journaux de l’arrondissement sélectionné sur la carte, ainsi que ceux de son département et de sa région (les journaux publiés dans la ville préfecture ne sont pas accessibles par leur arrondissement mais par leur département).
  • les liens directs : des recherches préformées permettent en quelques clics une exploration thématique (géographique, chronologique, linguistique, politique, économique, etc.).
 

La liste de résultat obtenue peut être triée alphabétiquement (titres) ou chronologiquement (dates de parution).

La page consacrée à un journal affiche notamment :

  • la description bibliographique issue du catalogue de la BnF
  • la localisation des collections : à la BnF via le catalogue général, et dans les autres établissements, via le SUDOC-PS, également visibles sur une carte
  • le ou les lien(s) à la version numérisée sur Gallica ou une autre bibliothèque numérique, avec la possibilité de signaler un changement de lien ou une nouvelle numérisation

 

Lancé dès 1997, le vaste programme de numérisation des publications des Sociétés savantes présente quinze ans plus tard des chiffres remarquables : 900 titres de revues savantes numérisées, 21 000 fascicules, 9 millions de pages.
Pour compléter la mise en ligne des années du domaine public, la BnF passe des conventions de cession de droits avec de nombreuses sociétés pour la diffusion sur Gallica des années sous droits de leurs publications. Plus de cent conventions sont signées ou en cours de signature.

Un partenariat avec le Comité des Travaux Historiques et Scientifiques (CTHS) complète ce dispositif.

Toutes les publications éditées par les sociétés savantes sont éligibles à ce programme concerté, de même que les ouvrages publiés en marge de ces revues. Par extension sont traitées toutes les revues de patrimoine en région créées dans l’environnement des compagnies érudites.
Toutes les thématiques sont abordées : les généralités, l’histoire et l’archéologie, la géographie, mais aussi les sciences et techniques (médecine, botanique, horticulture, agriculture), la littérature et la linguistique.
La numérisation des publications des sociétés savantes est assurée par la BnF, à partir de collections de doubles et de celles prêtées ou données par des partenaires en régions (bibliothèques municipales, archives départementales, sociétés savantes elles-mêmes). Leur consultation s’effectue dans Gallica.
L’inscription de ce programme dans les axes de travail des pôles associés régionaux permet d’en accélérer l’avancement.

La coopération avec les territoires

Dans le cadre du PAPE, la BnF a aidé nombre de bibliothèques des territoires à mener des opérations de rétroconversion de leurs fonds anciens, locaux ou spécialisés, en les formant et en les soutenant financièrement. Les fonds rétroconvertis sont ensuite signalés dans le catalogue de la bibliothèque municipale, et dans la base Patrimoine et le Catalogue Général des Manuscrits (CGM) du Catalogue collectif de France piloté par la BnF.
Le Catalogue collectif de France, grâce à sa recherche cartographique, permet d’accéder par villes, départements et régions aux notices et fonds des institutions de conservation.

 

Dans le cadre du développement de la coopération numérique, la BnF favorise la numérisation de collections complémentaires des siennes avec l’objectif de constituer des corpus les plus exhaustifs possibles qui alimentent Gallica, bibliothèque numérique à dimension collective. Elle établit des programmes de numérisation concertée, concernant essentiellement des imprimés s’il s’agit de programmes thématiques et régionaux, mais aussi des documents à haute valeur patrimoniale sur tout type de support. La BnF propose aux établissements partenaires un enrichissement mutuel des bibliothèques numériques grâce au protocole d’interopérabilité OAI-PMH, c’est-à-dire le renforcement de la visibilité de leurs documents patrimoniaux numérisés par leur référencement dans Gallica et dans Europeana, ainsi que la mise à disposition de l’ensemble des ressources numériques libres de droits de Gallica pouvant être sélectionnées par intérêt régional ou thématique.
Gallica, quant à elle, donne aujourd’hui accès à 270 000 documents de partenaires, dont 230 000 documents apportés par 219 partenaires des territoires, majoritairement des sociétés savantes.
Quatre bibliothèques de grandes villes ou de métropoles (Rouen, Toulouse, Pau, Le Havre) ont choisi Gallica marque blanche pour la diffusion de leur patrimoine numérisé. Plusieurs autres ont manifesté leur intérêt pour ce dispositif.

 

 

Dans le domaine de l’action culturelle, la BnF se déplace et déplace ses collections patrimoniales en région, à travers :

  • une offre en éducation artistique et culturelle,
  • des prêts d’œuvres pour des expositions en région, notamment dans le cadre des programmes « Dans les collections de la BnF » et « Culture près de chez vous ».
La coopération avec l’outremer

La coopération avec les partenaires d’outremer s’organisent autour de différents axes :

  • Le dépôt légal imprimeur, avec 5 bibliothèques de dépôt légal imprimeur (Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Nouvelle Calédonie), dont 2 donnent accès à distance aux archives de l’internet de la BnF,
  • La valorisation numérique du patrimoine, à travers des programmes de numérisation et l’optimisation de la diffusion numérique.

La coopération numérique est depuis 2009 particulièrement active dans le cadre du pôle associé inter-régional Antilles-Guyane (Universités des Antilles et de la Guyane, directions des affaires culturelles de Martinique, Guadeloupe et Guyane).
Le programme de numérisation concertée Caraïbe-Amazonie a permis de numériser 1 800 titres (400 000 pages) sur des thématiques variées, à partir de collections de partenaires ultramarins et métropolitains (14 partenaires territoriaux et universitaires,  dont 5 en outremer et 9 en métropole). Les documents numérisés sont accessibles à la fois sur Gallica et sur Manioc, la bibliothèque numérique Caraïbe, Amazonie, Plateau des Guyane pilotée par l’Université des Antilles.

Des initiatives de même nature sont espérées dans les autres régions ultramarines.

Le dépôt légal : une autre manière de coopérer

Le dépôt légal est également un axe de coopération avec les partenaires territoriaux, ancré dans la durée. Vingt-six bibliothèques, situées dans les capitales régionales et liées à la BnF par convention, ont le statut de « Bibliothèque de dépôt légal imprimeur » (BDLI) :

  • 20 bibliothèques municipales et communautaires
  • 3 archives départementales (Martinique, Guadeloupe, Guyane)
  • 1 bibliothèque départementale (La Réunion)
  • 1 établissement public territorial (Nouméa)
  • La Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.

 

 

Alors que la BnF conserve les documents déposés par les éditeurs (livres, revues, presse, cartes, sons, vidéos, etc.), les BDLI collectent, traitent, communiquent au public et  conservent les documents imprimés dans chaque région, avec le soutien financier de la BnF (1,2 M de subventions annuellement).
En 2017, 299 535 documents ont ainsi enrichi les fonds des BDLI, déposés par 5 314 imprimeurs. Au cours des 10 dernières années, le total des documents collectés atteint près de 3,53 millions.

Avec les BDLI, la BnF souhaite développer un autre type de partenariat numérique autour des données web.
Depuis 2015, elles offrent également un accès distant aux archives de l’internet de la BnF. Cet accès est exclusif, aucune autre institution en région n’étant habilitée. Les usagers de ces bibliothèques ont par ce biais accès à plus de 40 titres de presse quotidienne régionale, ce qui représente une offre documentaire sans précédent. Ces partenaires participent également à la sélection de contenus web par le biais de collectes collaboratives (dans le cadre de campagnes électorales et de collectes d’intérêt thématique ou régional,), ce qui leur permet d’offrir à leur public une documentation régionale d’un genre nouveau. Ainsi,la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg constitue-t-elle la collection des « Alsatiques du web ».

     

    Étude documentaire sur le Dépôt Légal Imprimeur (2018)

    Configuré dans les années 1940, le dépôt légal imprimeur (DLI) constitue des fonds d’État en région dans des établissements qui signent des conventions de « Pôles associés de Dépôt Légal Imprimeur » avec la BnF. Les articles L131-2 et R131-1 du code du patrimoine stipulent que le champ d’application du dépôt légal s’étend à l’ensemble des publications « quel que soit leur procédé technique de production, d’édition ou de diffusion », dès lors qu’ils sont mis à la disposition d’un public. Les documents soumis au dépôt légal imprimeur sont donc tous ceux qui sont imprimés pour diffusion en dehors du cercle de famille : les livres et brochures ; les périodiques et publications en série ; les affiches illustrées ou non ; les estampes, gravures et l’imagerie ; les cartes et plans ; les partitions musicales.
    Ce rapport fait suite à un rapport de l’Inspection générale des bibliothèques publié en septembre 2013, et une étude BnF sur le contexte évolutif du secteur économique de l’imprimerie. Cette nouvelle étude, réalisée à la demande du Service du livre et de la lecture du ministère de la Culture, vise à mieux connaître les caractéristiques documentaires de la collection et ses usages. Pour comprendre comment s’articulent ces collections de dépôt légal, tant vis-à-vis des autres fonds patrimoniaux au sein des établissements, que vis-à-vis de la collecte nationale du dépôt éditeur, ce rapport présente une photographie des collections et des déposants, aborde les usages de la collection et souligne les divers choix d’intégration de cette collection au sein des établissements.

     

    VOIR AUSSI
    L’action territoriale de la BnF (rapport IGB - octobre 2014)

    « La Bibliothèque nationale de France occupe, dans le paysage trop éclaté des bibliothèques françaises, et sans tutelle unique, une place majeure et inégalée. A la différence des autres pays, les bibliothèques se partagent en effet entre au moins deux réseaux (Culture/Enseignement Supérieur). Mais la Bibliothèque nationale de France, par sa taille, par sa modernité, par le niveau de qualité et d’expertise qu’elle a désormais acquis, est l’établissement phare de ce paysage tout entier. Sous tutelle du Ministère de la Culture, elle est pourtant la plus grande bibliothèque de recherche de France par ses collections, par son public, par ses experts et par les programmes scientifiques qu’elle mène. Son action territoriale s’étend sur ces différents réseaux, conformément à l’une des missions que le décret de 1994 portant création de la BnF a confiéesà l’établissement. »[citation de la synthèse du rapport)

    Contacts

    Valérie Louison-Oudot

    Coordonnatrice scientifique de la coopération avec des réseaux territoriaux spécifiques (site presselocaleancienne.bnf.fr)