La salle ovale

Salle emblématique de Richelieu, le « Paradis ovale » construit par Jean-Louis Pascal et Alfred Recoura deviendra en 2021 le symbole de l’ouverture du site à tous. À la fois salle de lecture et lieu de visite et de médiation, la salle sera en accès libre et gratuit.
 
Plafond de la salle ovale - janvier 2017
 

Le « Paradis ovale »

Surnommée  le « Paradis ovale », la  salle,  conçue  par  l’architecte Jean-Louis   Pascal et son successeur Alfred Recoura. Inscrite au titre des monuments historiques, elle impressionne par ses dimensions : un ovale de 43,70 mètres sur 32,80 mètres, 18 mètres de hauteur.  Sous  la  verrière  entourée d’un   élégant   entrelacs   de   feuilles d’acanthes  dorées,  la  partie  supérieure de  l’ovale  est  percée  de  seize  oculi vitrés entourés de mosaïques. Au-dessus  de  chacun  d’eux  vient  s’inscrire  le  nom  d’une  ville célèbre pour sa portée symbolique dans l’histoire des civilisations et  des  bibliothèques.  Ces  ouvertures circulaires surmontent les arcades, soutenues par seize paires de colonnes cannelées, à chapiteaux ioniques, en fonte. Tout autour de la salle, sont disposés des casiers à petits compartiments, et au-dessus, le long des murs, courent trois étages de rayonnages avec balcons et planchers en fer à claire-voie.

 

La salle ovale - 2003
 

Une salle emblématique

Coupe suivant le grand axe de la salle ovale, dessin de Pascal, 1892

Deuxième salle majeure du site Richelieu, la salle ovale a été pensée pour remplacer la salle de lecture publique de la bibliothèque, située à l’étage de l’aile Colbert depuis 1881. Pour répondre au souhait de la bibliothèque d’avoir une salle ouverte à tous sur de larges horaires, y compris soirs et dimanches, Jean-Louis Pascal conçoit donc la salle ovale comme une salle bénéficiant d’une entrée indépendante depuis la rue Vivienne et pourvue d’un éclairage électrique.

Les travaux commencent en 1897 mais sont vite ralentis par le manque de crédits et les années de guerre. Alors que les bibliothèques publiques se multiplient sur le territoire parisien, les chercheurs critiquent les conditions de consultation des périodiques à la Bibliothèque nationale : il faut souvent attendre un semestre pour consulter une revue vieille d’un mois, car la presse est disponible seulement en volume. En 1916, la Bibliothèque décide donc de supprimer sa «salle publique», et de faire de la salle ovale une salle dédiée à la consultation des périodiques.

Alfred Recoura, successeur de Jean-Louis Pascal à partir de 1912, modifie le projet architectural pour correspondre à cette nouvelle affectation. Les principaux travaux sont achevés en 1932. La salle est ouverte aux lecteurs en mai 1935, et officiellement inaugurée en décembre 1936. Julien Cain, alors administrateur général de la Bibliothèque, assure qu› « elle est considérée aujourd’hui par les spécialistes étrangers qui l’ont visitée non seulement comme la plus grande, mais comme la mieux outillée parmi les salles de périodiques qui existent dans le monde ».

La salle ovale en décembre 1936

La salle ovale reste la salle de lecture des périodiques de la Bibliothèque nationale jusqu’en 1998, date à laquelle les périodiques sont transférés sur le site François-Mitterrand. Entre 1999 et 2016, elle accueille à la fois la salle de références bibliographiques du site Richelieu pour la BnF, et la salle de lecture de la bibliothèque de l’INHA. Elle est fermée pour travaux en septembre 2016.

 

En 2021, une salle ouverte à tous

À l’issue des travaux, la salle ovale sera ouverte à tous en accès libre. Elle deviendra un espace ouvert où cohabiteront offres de lecture, de médiation et de visites, grâce à un nouvel aménagement conçu et réalisé par Bruno Gaudin.

Côté lecture, un fonds de plus de 20 000 volumes sera proposé aux lecteurs et aux visiteurs qui pourront découvrir l’histoire des arts et du patrimoine, les collections spécialisées du site Richelieu (manuscrits, estampes, cartes et plans…) mais aussi la bande dessinée et les arts numériques. Pour chacun de ces domaines, une offre spécifique - livres et documents audiovisuels - sera proposée aux enfants et aux familles.
Côté visite et médiation, un anneau périphérique permettra de faire le tour de la salle. Les visiteurs pourront y découvrir la richesse et la diversité des collections conservées par la Bibliothèque. Différents dispositifs numériques leur permettront en effet de manipuler des globes en 3D, de faire des essayages numériques de costumes de scènes, ou de retracer l’histoire d’un livre célèbre à travers ses brouillons manuscrits et ses différentes éditions…

Hors des horaires d’ouverture au public, la salle accueillera aussi des manifestations exceptionnelles : concerts, tournages de films, rencontres et dîners.

Souscription pour la rénovation de la Salle Ovale BnF Durée : 4 min 39 s

Associez votre nom ou celui d’un proche à la salle Ovale en adoptant un emblème de cette exceptionnelle salle de lecture : une bibliothèque, une ville, une paire de colonnes. Les lampes, les tables, les calorifères ont tous été adoptés.

Aller plus loin

Richard-Bazire, Anne, « Jean-Louis Pascal et Alfred Recoura, un duo de grands constructeur » in Conraux, Aurélien, Haquin, Anne-Sophie, Mengin, Christine (dir.) Richelieu, quatre siècles d’histoire architecturale au cœur de Paris , Paris, BnF Éditions, 2017, pp.126-157

Richard-Bazire, Anne, « Jean-Louis Pascal et la création de la salle des périodiques de la Bibliothèque nationale (1883-1936)», dans Livraisons d’histoire de l’architecture, numéro 1, 2001, pp. 105-125 ;

Anne Richard-Bazire, « Les constructions de Pascal à la Bibliothèque nationale : le carré Vivienne et la “grande salle” : la salle ovale », Livraisons d’histoire de l’architecture, numéro 28, 2014, pp. 129-158.

Flejou, Lucie, Roulleau, Sabine, « La salle ovale : histoire et architecture », Blog de la bibliothèque de l’INHA, août 2016