Langues et littératures slaves et est-européennes

Couvrant un large espace qui s’étend de la Sibérie à la Méditerranée, la zone géo-linguistique des langues et littératures slaves comprend près de 420 millions de locuteurs. Les collections de russe, d’ukrainien, de biélorusse et de polonais, de langues slaves du Sud (bosnien, croate, serbe et monténégrin), de tchèque, de slovaque et de slovène sont abondamment représentées à la BnF, enrichies en permanence par des acquisitions, des dons et des échanges.

Langue et littérature russes

Le fonds russe de la Bibliothèque nationale de France est reconnu comme le plus riche et le plus varié de toutes les collections françaises. L’histoire de ce fonds est ancienne. Dès le début du XVIIIe siècle, quelques ouvrages russes figuraient dans les collections de la Bibliothèque royale. L’ouvrage le plus ancien est une Bible imprimée en 1581 à Ostrog par Ivan Fedorov, premier imprimeur russe.
Grâce aux fructueux échanges de publications entre la France et la Russie établis sous Pierre Le Grand, plus précisément depuis 1725, année de la création de l’imprimerie utilisant les caractères dits «civils», ces collections furent régulièrement alimentées par des achats et des échanges. Ce fonds recèle aussi des documents précieux comme les premiers journaux publiés par Novikov ou les première et seconde éditions de Soumarokov, Pouchkine, Krylov ou Dostoïevski.
Les domaines principaux des acquisitions sont la littérature, la linguistique, l’art, l’histoire, la philosophie et la religion. Les collections anciennes sont également complétées autant que possible : ainsi une collection remarquable de l’avant-garde littéraire russe (1905-1930) a-t-elle pu être constituée depuis les années 1960.
Les collections d’imprimés à caractère encyclopédique conservées dans les magasins sont réparties selon leur sujet entre les départements Philosophie, histoire, sciences de l’homme (42% des ouvrages), Droit, économie, politique et Sciences et techniques (8%) ; la plus grande partie est au département Littérature et art.
Sur le site François-Mitterrand, les collections russes du département Littérature et art en libre accès, bien que dédiées exclusivement à la littérature et à la langue, comportent également une partie d’ouvrages de référence (encyclopédies et dictionnaires généraux).
Pour une première approche, la salle G (Bibliothèque tous publics) propose environ 3 220 volumes, offrant un aperçu représentatif de la littérature russe à travers des corpus d’écrivains classiques et contemporains. Le lecteur trouvera les traductions disponibles en français et parfois plusieurs traductions d’un même texte, pour permettre des études comparatives. Sont proposés aussi des ouvrages de référence sur la langue russe : dictionnaires, grammaires, études françaises sur la langue, etc. À signaler en particulier une partie du fonds sous la cote PRAT 049.17, conçu pour l’apprentissage du russe.
La salle W (Bibliothèque de recherche) propose aux chercheurs une collection d’environ 3 555 volumes. Elle est plus importante en généralités et les ouvrages de référence (dictionnaires et études sur la langue) sont plus spécialisés. Des éditions scientifiques récentes de corpus d’auteurs, des études critiques pointues et des actes de colloques figurent en bonne place dans cette salle.
Le reste des imprimés en langue russe est conservé dans les magasins, constituant les collections patrimoniales.
Une grande partie des documents (publications entrées après 1960) est signalée via le Catalogue général. L’interrogation en caractères cyrilliques ne peut se faire qu’en mode Recherche simple ; la recherche avancée se fait en caractères translittérés.

Les notices papier restent également consultables dans les salles W et X du site François-Mitterrand.

 

Site François-Mitterrand

Le département de la Réserve des livres rares conserve des ouvrages russes de grande valeur comme la Bible de 1581.
Le département de l’Audiovisuel, qui conserve des disques et des cassettes anciens et modernes, propose les premiers enregistrements de la voix de Tolstoï, de Lénine ou celle de Chaliapine.

site Richelieu

Au département des Arts du spectacle sont conservés de magnifiques maquettes de décorateurs et costumiers russes, ainsi que plusieurs fonds d’archives des personnalités du monde du spectacle, comme celui de Nicolas Evreinov. Ces documents ont récemment donné lieu aux expositions sur les Ballets russes ou sur Léon Bakst.
Au département des Cartes et plans se trouve une superbe collection d’ouvrages et de cartes russes appartenant à la Société de Géographie qui la reçut du comte Grigori Orlov en 1826, et une collection d’environ 400 ouvrages sur la géographie de la Russie reçue de Nicolas Khanikov en 1880.
Le département des Estampes et de la photographie conserve une quantité importante de documents sur l’Empire russe et l’Union soviétique: par exemple, dans la série des portraits et la série topographique, des gravures, des photographies ou des cartes postales associées aux noms de personnages ou de lieux illustres, ainsi que de magnifiques photographies de l’Oural et des albums de photographies prises pendant la guerre de Crimée par des photographes français.
Au département des Manuscrits, les 125 numéros du catalogue des manuscrits slaves sont en russe. Ce sont essentiellement des copies des XVIe et XVIIe siècles de chroniques russes déjà connues, des vies des saints, des calendriers. Du XVIIIe siècle, la Bibliothèque possède de nombreuses pièces théâtrales jouées à la cour, traduites du français ou de l’allemand. Les manuscrits les plus précieux du XIXe sont ceux de Tourgueniev ; il existe également un important fonds Herzen.
Le département des Monnaies, médailles et antiques, moins riche pour la période ancienne, conserve en revanche une collection très complète pour l’époque de Pierre le Grand et de Catherine II.
Au département de la Musique, on peut consulter des ouvrages sur la musique russe ainsi que des partitions en langue originale (Chostakovitch…).

Langues et littératures tchèques et slovaques

Les origines du fonds remontent à la fin du XVIIIe siècle, lorsque les premières académies et sociétés savantes en langues allemande et tchèque naissent dans l’ancien royaume de Bohême. Une partie de leur production scientifique et littéraire constitue aujourd’hui le fonds tchèque du XIXe siècle. L’entrée des publications tchèques se poursuit après 1918, date de la fondation de la Tchécoslovaquie, mais en petit nombre. L’entrée systématique d’ouvrages tchèques et slovaques date de 1952, au moment de la création d’une section tchécoslovaque au Service slave, par voie d’échanges essentiellement, dans tous les domaines des sciences humaines. Le « don Faucher », entré en 1980, comprend de nombreuses éditions tchèques des années 1920-1930.

Les collections en libre accès

Le fonds de la Bibliothèque tous publics (salle G) s’adresse à un large public cultivé et aux professionnels (étudiants, enseignants, etc.). Il propose :
  • 800 volumes (35% en tchèque et slovaque, 65% en français),
  • plus d’une centaine d’ouvrages de référence sur les langues et littératures tchèque et slovaque (sans compter les manuels et méthodes de langue de la cote PRAT049.186)
  • 150 corpus d’auteurs : anthologies, traductions françaises accompagnées des œuvres originales, critiques et biographies en français
Le fonds de la Bibliothèque de recherche (salle W) est principalement destiné à des spécialistes (chercheurs et étudiants de 3e cycle) qui pourront compléter et orienter leurs recherches vers les collections patrimoniales. Il comprend :
  • 825 volumes (2/3 en tchèque et 1/3 en slovaque) en langue originale,
  • des ouvrages de référence sur les langues et littératures tchèque et slovaque : encyclopédies et dictionnaires spécialisés, ouvrages fondamentaux sur la linguistique, grammaires
  • un corpus d’auteurs interdits de publication durant la « normalisation » (1968-1989) (œuvres, critiques, bibliographies, biographies, correspondances, journaux)
  • deux périodiques tchèques : Respekt et Revolver revue

Les collections patrimoniales

Le fonds tchèque et slovaque des collections patrimoniales (conservées en magasin) est estimé à 25 000 volumes. Cinquante titres de périodiques vivants y entrent, surtout par échanges. Les collections sont constituées de travaux universitaires (thèses publiées, actes de colloques, mélanges, concordances, index, répertoires de sources, éditions scientifiques de textes, de littérature ancienne et médiévale, textes anonymes, tradition orale) et, outre les écrivains classiques, concernent des auteurs contemporains rares et confidentiels.
Il existe aussi un fonds sorabe qui date du XVIIe siècle : plus de 500 volumes et 5 titres de périodiques d’histoire, de littérature, de linguistique et de folklore.
Le Centre national de la littérature pour la jeunesse possède des ouvrages tchèques et slovaques qui sont régulièrement récompensés lors des manifestations internationales du livre pour enfants : à la Foire de Bologne en 2019 l’album Panáček, pecka, švestka, poleno a zase panáček / Vojtěch Mašek, Chrudoš Valoušek a été primé en Fiction.
De nombreux documents relevant des disciplines comme les sciences humaines ou des documents précieux ou anciens sont conservés à la BnF : textes et études sur Jan Patočka, Václav Bělohradský, Václav Havel ; de et sur Jan Hus et le hussitisme ; encyclopédie des ordres monastiques des Jésuites, histoire de l’Église et de la vie des saints ; histoire de la dissidence et des dissidents ; les relations des Tchèques avec la France ; en archéologie, histoire des Slaves et des Celtes ; en sociologie, histoire des femmes et histoire du genre ; en sciences de l’éducation, études sur Comenius ; documents concernant le folklore et l’histoire du costume populaire ; documents audiovisuels comme des films et documents sur les cinéastes de la Nouvelle vague tchèque (Věra Chytilová, Miloš Forman, Jaromil Jireš, Jiří Menzel, Jan Němec, Ivan Passer).
La Réserve des livres rares conserve une Bible tchèque de 1488, des éditions originales numérotées avec couvertures illustrées, frontispices, illustrations et une collection de surréalistes tchèques : Josef Šíma, Vítězslav Nezval, Toyen, Karel Teige, Jindřich Štyrský, souvent sollicités pour des expositions internes ou hors les murs.
Le département des Estampes et de la photographie  possède une riche collection d’œuvres de photographes tchèques de 1918 à nos jours.

Langue et littérature polonaises

L’ancienneté, la diversité et la constance des relations entre la France et la Pologne trouvent naturellement leur reflet dans les collections de la Bibliothèque nationale de France qui possède un des fonds les plus riches des polonica. Ce terme, défini par le grand bibliographe Karol Estreicher, désigne l’ensemble des documents écrits par des Polonais, publiés en Pologne ou la concernant, quels que soient la langue et le pays de publication.

Ce fonds encyclopédique comprend environ 100 000 volumes de monographies et 200 titres de périodiques morts ou vivants, ainsi que de nombreux documents spécialisés : estampes, cartes, musique, monnaies et médailles, documents audiovisuels, etc., conservés dans les collections de tous les départements répartis sur tous les sites.

Comme au cours de son histoire dramatique la Pologne a subi des pertes incommensurable du patrimoine national et notamment de celui des bibliothèques, il convient de souligner combien le fonds des polonica de la BnF constitue une source incontournable pour la connaissance de son histoire et de sa culture, et bien évidemment de ses relations avec la France.

Environ 1000 volumes sur la langue, la littérature et, dans une moindre mesure, la civilisation polonaises sont mis à la disposition des lecteurs dans la Bibliothèque tous publics (salle G). Ils y trouveront des encyclopédies et dictionnaires généraux et spécialisés, des dictionnaires de langue bi- et monolingues, l’histoire de la langue et de la littérature polonaises, la critique littéraire, les corpus d’auteurs contemporains dont quelques romans graphiques. L’accent est mis sur les traductions en français.
Dans la Bibliothèque de recherche (salle W), les chercheurs peuvent consulter en libre accès environ 900 volumes en majorité en langue originale. Ce fonds comprend des outils de recherche (bibliographies de la littérature polonaise), des encyclopédies et des dictionnaires généraux et spécialisés, des études sur la langue et la littérature polonaises et des éditions critiques des œuvres littéraires. Une priorité est donnée aux éditions des œuvres complètes.
Le reste des collections est conservé en magasin, pour l’essentiel sur le site François-Mitterrand.
Parmi les imprimés les plus remarquables, on peut citer la Bible calviniste en polonais, dite de Brzesc (1563), les œuvres de premiers imprimeurs de Cracovie du XVIe siècle : Jan Haller, Florian Ungler et Hieronim Wietor, dont la célèbre « Chronica Polonorum » (1521).
Le document le plus insolite est sans doute la représentation symbolique du gramme de radium offert à Marie Curie par les femmes américaines, qui lui a été remis par le président américain Warren G. Harding à la Maison Blanche en 1921.
La Bibliothèque numérique France-Pologne, inscrite dans la collection Patrimoines partagés, offre à tous et à distance l’accès à plusieurs milliers de documents numérisés qui illustrent la richesse et la diversité des liens multiséculaires entre les deux pays.
L’écrivaine polonaise Olga Tokarczuk a reçu le prix Nobel de littérature 2018, après avoir été lauréate des prix Niké (le plus prestigieux prix littéraire polonais, qui lui a été attribué à deux reprises : 2008 et 2015) et The Man Booker International Prize (2018).
Pour découvrir son parcours et son oeuvre, voir ici.

Langues et littératures slaves du Sud

Le fonds d’ouvrages de langues parlées par les Slaves du Sud (bulgare, bosniaque, croate, macédonien, serbe et slovène) s’est enrichi depuis 1995 d’une sélection représentative de titres en libre accès aux deux niveaux de la BnF, complétées par celles conservées en magasin, couvrant ainsi l’ensemble de cet espace culturel.
 
Le fonds de la Bibliothèque tous publics (salle G) offre en quelques dizaines de volumes le meilleur choix de dictionnaires et de grammaires des langues vernaculaires, suivis de traductions de textes littéraires lorsqu’elles existent. Il contient environ 300 titres et est constamment mis à jour et enrichi.
Par principe, le fonds proposé en Bibliothèque de recherche (salle W) met l’accent sur les  nouveautés en matière de recherche aussi bien en linguistique qu’en littérature. Il offre également des dictionnaires, actuels et historiques, et le corpus d’auteurs classiques faisant l’objet de thèses.
Constitué de façon notable à partir de la fin du XIXe siècle (acquisition, par exemple, de la collection complète des publications de l’Académie royale serbe des sciences et des lettres), le fonds conservé en magasin bénéficie d’un accroissement très important en littérature et en sciences humaines depuis les années 1950. Il contient actuellement 35 0000 ouvrages, presque tous entrés par la voie des échanges internationaux, ainsi qu’une intéressante collection d’ouvrages et de périodiques de la dissidence ou de la diaspora reçue en don pendant plus d’un demi-siècle.
Quatre-vingts titres vivants sont reçus régulièrement et conservés de la même façon.

Langue et littérature roumaines

Le fonds roumain de la BnF est l’un des plus riches et des plus variés des bibliothèques françaises.

Constitué surtout à partir du XIXe siècle et estimé à près de 40 000 volumes, les collections patrimoniales de la BnF ont aussi été enrichies par de grands dons, comme celui d’Émile Picot. On y trouve des livres rares, parfois introuvables en Roumanie, ainsi que de nombreux périodiques.

L’accroissement des collections se fait aujourd’hui par acquisitions, échanges et dons de publications roumaines, moldaves ou éditées en langue roumaine par la diaspora roumaine, en littérature et en sciences humaines.

 

Les collections en libre accès proposent des dictionnaires d’auteurs, des études historiques et thématiques sur la littérature roumaine, rassemblés sous les cotes 859.016 à 859.800 9. Plus de 200 corpus d’auteurs, répartis par périodes et regroupant leurs œuvres et des études les concernant sous les cotes 859/2 à 859/5, offrent un panorama de la littérature à partir du XIXe siècle.

Le fonds situé en mezzanine de la salle G (Bibliothèque tous publics) comprend un peu plus de 450 volumes, destinés à un public désireux de découvrir la littérature roumaine, en langue originale ou en traduction.

Près de 400 volumes, en majorité en roumain, comprenant des outils de référence (bibliographies, encyclopédies, dictionnaires spécialisés) et des études historiques et thématiques sur la langue et la littérature roumaines, sont accessibles en salle U de la Bibliothèque de recherche. Les corpus d’auteurs y sont constitués, de façon privilégiée, par des éditions critiques des œuvres complètes en roumain de grands auteurs.

Les textes écrits originellement en français par des auteurs roumains ayant vécu en France (tels Emil Cioran ou Eugène Ionesco), se trouvent dans les collections dédiées à la francophonie, en salles H (Bibliothèque tous publics) et V (Bibliothèque de recherche).

Le reste des collections imprimées, soit pas loin de 20000 documents, est conservé en magasin et est consultable en Bibliothèque de recherche au rez-de-jardin.

Le département des Manuscrits (Richelieu) conserve des manuscrits roumains.

Le département de l’Audiovisuel conserve lui aussi des documents en cette langue, dont certains, comme des enregistrements effectués lors de la Mission phonographique en Roumanie (1928), sont disponible sur la bibliothèque numérique Gallica.

autres fonds

La BnF conserve un ensemble de près de 20000 documents imprimés en hongrois, dont plus de 500 périodiques, l’essentiel étant conservé dans les magasins de la Bibliothèque de recherche (site François-Mitterrand). Sur le site Richelieu, le lecteur peut consulter les collections de cartes et de musique hongroises.