Les espaces rénovés

Entrée du hall par la cour d’honneur - mars 2017

En travaux depuis 7 ans, les bâtiments situés le long de la rue de Richelieu datent pour l’essentiel du XIXe siècle. C’est dans cette zone que l’on trouve les réalisations emblématiques d’Henri Labrouste, architecte qui se voit confier le chantier de reconstruction de la Bibliothèque impériale en 1854.
Bruno Gaudin, architecte chargé de la rénovation du site depuis 2008, veut s’inscrire dans la lignée des grands architectes de la bibliothèque. Il révèle l’histoire des lieux tout en dotant les espaces du confort moderne, pour ouvrir le bâtiment sur la ville et accueillir un public toujours plus large.

 

La cour d’honneur

À l’image de l’ensemble du site Richelieu, la cour d’honneur est bordée d’édifices appartenant à des époques différentes. Elle conserve dans sa partie centrale une façade du XVIIIe siècle classée monument historique, seul vestige extérieur des travaux de l’architecte Robert de Cotte. L’aile nord, à gauche de l’entrée, également élevée par Jules-Robert de Cotte sur les plans de son père, fut reconstruite en 1877, par l’architecte Pascal, sur le modèle ancien.
C’est à Henri Labrouste que l’on doit les façades néoclassiques sud et ouest de cette cour, élevées entre 1870 et 1872.Seule la façade du bâtiment d’accès aux salles de lecture a été rénovée pour l’instant. Ce bâtiment fut construit en 1867 par Henri Labrouste. En surplomb de la cour, la nouvelle galerie de verre conçue par l’architecte Bruno Gaudin offre désormais aux visiteurs une vue plongeante inédite sur cette cour.

 

La cour d’honneur - novembre 2016
 

La galerie de verre

La galerie de verre - juin 2016

La galerie de verre conçue par l’architecte Bruno Gaudin relie désormais les espaces accessibles au public au premier étage de la Bibliothèque et offre aux visiteurs une vue plongeante inédite sur la cour. Elle mène à la salle de lecture des Manuscrits et à l’issue des travaux en 2020, elle reliera les deux parties du site l’ensemble des espaces muséaux. Cette galerie permet de créer un parcours cohérent sur l’ensemble du premier étage, et s’inscrit pleinement dans la volonté d’ouvrir largement le site.
Henri Labrouste lui-même avait installé en son temps une galerie de liaison en bois. La création de Bruno Gaudin en constitue la réinterprétation moderne.

 

Le hall Labrouste

Inscrit à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques, le hall, accessible depuis la cour d’honneur, a été entièrement restauré.
Son esthétique fait écho aux vestiges de Pompéi et aux tombeaux étrusques : dallage du sol en marbre clair avec cabochons ronds rouge et bordure verte sur le pourtour, revêtements en pierre dure des murs et bas-reliefs incrustés de disques en marbre poli.

Hall Labrouste à la réouverture - décembre 2016
 

La salle Labrouste

La salle Labrouste après rénovation - mars 2017

Classée monument historique depuis 1983, cette salle réalisée entre 1861 et 1868, pièce maîtresse d’un grand projet de réorganisation de la Bibliothèque nationale, est le chef-d’œuvre de l’architecte Henri Labrouste.
Henri Labrouste reprend le principe d’une structure métallique, expérimentée pour la bibliothèque Sainte-Geneviève, mais dans un registre formel totalement différent, rappelant ici l’Orient byzantin. La salle est éclairée par neuf coupoles revêtues de carreaux de faïence qui diffusent une lumière uniforme dans la salle. Les coupoles reposent sur des arcs en fer ajourés retombant sur seize colonnes de fonte élancées, contribuant à l’effet de légèreté extraordinaire de cet espace. En 1864, le paysagiste Alexandre Desgoffe réalisa les tableaux au-dessus des rayonnages latéraux qui représentent une nature verdoyante, destinés à inspirer aux lecteurs une sensation de calme et de détente…Trente-six médaillons d’hommes de lettres de tous pays ornent le pourtour de la salle.

Initialement, la salle était dépourvue d’éclairage artificiel, par crainte des risques qu’aurait pu faire courir un éclairage au gaz. Lors de l’arrivée de l’électricité, dans les années 1920, furent installées des lampes qui ont été conservées, certaines dotées d’abat-jour en opaline.
Dans le cadre des travaux de rénovation, conduits sous la supervision de l’architecte Bruno Gaudin et l’architecte en chef des Monuments historiques Jean-François Lagneau, c’est toute la structure mais aussi les peintures et le mobilier qui ont été rénovés. Ils ont été nettoyés en profondeur afin de redonner à la salle sa splendeur d’origine, sans modifications.
Le plancher en chêne a été refait à l’identique, le plancher d’origine étant trop abîmé pour être conservé.
La bibliothèque de l’INHA est désormais installée dans cette salle. Elle couvre près de 10 000 m² et propose 400 places de lecture. Un espace provisoire permet d’accueillir les lecteurs du département des Estampes et de la photographie.

Vue de la salle depuis la coursive du rez-de-chaussée
 

Le Magasin central

Le magasin central - novembre 2016

Derrière la salle Labrouste, les deux cariatides monumentales du sculpteur Joseph Perraud marquent l’entrée du cœur fonctionnel des installations de Labrouste : le grand magasin central. Créé en 1865, le magasin central des imprimés est à l’époque révolutionnaire dans sa conception. Il marque la séparation entre les espaces de lecture et les espaces de stockage mais reste cependant visible de la salle.
Avec 4 étages et un sous-sol, 2m30 de hauteur par étage pour éviter les échelles, des niveaux en caillebotis pour que la lumière y pénètre depuis le toit vitré, des liaisons pratiques entre toutes les sections, ce magasin fera référence pendant de longues années. Il conservera les collections d’imprimés de la BnF pendant 130 ans avant leur déménagement en 1998 vers le site François-Mitterrand. Conçu pour abriter un million deux cent mille volumes, le magasin est déjà insuffisant dès son inauguration. Mais sa conception verticale, sa proximité avec la salle de lecture et un ingénieux système de transport des ouvrages permettent une efficacité et une rapidité de service impossibles jusqu’alors.

Bruno Gaudin et Jean-François Lagneau l’ont restauré en lui restituant son apparence d’origine et ont répondu à cette nouveauté majeure dans l’histoire du lieu, l’ouverture au public. Bruno Gaudin a ainsi conçu une série de meubles contemporains : des présentoirs, des postes de consultation debout, des places individuelles de lecture assise totalement intégrés au sein des rayonnages historiques ainsi qu’une série de tables de trois, quatre ou six places.
Pour la première fois de son histoire, ce magasin est accessible aux lecteurs, sur trois niveaux. La bibliothèque de l’INHA y offre une soixantaine de places de lecture et la possibilité de consulter en accès libre plusieurs dizaines de milliers d’ouvrages en histoire des arts.

 

La salle de lecture des Arts du spectacle

Entièrement redessinée et réaménagée par l’agence Gaudin, la salle de lecture des Arts du spectacle offre, grâce à la douceur naturelle des bois clairs du décor et du mobilier, un cadre sobre et confortable, propice à l’étude. Dotée d’une superficie de 200 m2, elle compte vingt-huit places de lecture dont six adaptées à la consultation de documents de grand format (affiches, maquettes…). Deux postes audiovisuels permettent de visionner les captations de spectacle conservées par le département. Dans l’espace salon, on peut feuilleter les nouvelles acquisitions et une sélection de revues. En accès libre, une offre enrichie et renouvelée de près de 5 000 ouvrages embrasse les différents arts de la scène.

Salle de lecture des Arts du spectacle - mars 2017
 

La rotonde des Arts du spectacle

Rotonde des Arts du spectacle - décembre 2016

Seul espace du musée ouvert depuis 2016, la rotonde est un espace d’exposition dédié aux collections des Arts du spectacle. L’aménagement et le décor d’origine, conçus et réalisés par Henri Labrouste entre 1870 et 1875, ont été préservés, et restaurés. Ce lieu autrefois secret est désormais un lieu de visite ouvert à tous.

 

Découvrir la rotonde

 

La galerie Auguste Rondel

Grâce à une large porte vitrée, la Rotonde offre une perspective sur la Galerie Auguste Rondel, magnifique magasin du XIXe siècle, où est désormais conservé l’essentiel de la collection d’Auguste Rondel, mécène passionné à l’origine des fonds du département des Arts du spectacle.
Cet ancien magasin de la Réserve des livres rares a été aussi construit par Henri Labrouste entre 1870 et 1872. C’est un espace imposant, long de 44 mètres et large de 9 mètres 60, dont les poutres en métal et les compartiments du plafond sont peints en gris et rouge. Sur certaines solives figurent le nom de personnalités ayant marqué l’histoire de la Bibliothèque. Les murs sont habillés de lambris de chêne sur toute la hauteur. Au bout de chaque travée, des vitrines-pupitres permettaient d’exposer les reliures les plus précieuses de la Réserve et sont désormais dédiées aux collections des Arts du spectacle.

Galerie Rondel - novembre 2016

La salle de lecture des Manuscrits

Située à l’étage de l’aile Robert de Cotte, cette belle salle aménagée par Jean-Louis Pascal de 1880 à 1886 abrite le département des Manuscrits depuis cette date. D’une superficie de près de 350 m², elle est percée de fenêtres ouvrant sur la cour d’honneur. Les rayonnages en chêne mettent à disposition les ouvrages en accès libre. À mi-hauteur, une coursive en bois repose sur des consoles sculptées. La salle est desservie par deux remarquables escaliers à vis, très ouvragés. Inscrite à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques, elle a notamment bénéficié de la générosité du mécène américain Mark Pigott, pour la restauration du parquet Versailles en chêne.
Un sas vitré réalisé par l’architecte Bruno Gaudin permet d’admirer la salle désormais restaurée.

 

La salle de lecture du département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France BnF

Aller plus loin

Conraux, Aurélien, Haquin, Anne-Sophie, Mengin, Christine (dir.) Richelieu, quatre siècles d’histoire architecturale au cœur de Paris , Paris, BnF Editions, 2017