« Les 120 journées de Sodome ou l'école du libertinage » du Marquis de Sade – Manuscrit formé de 33 feuillets collés bout à bout, formant un rouleau de 12,10 mètres -  - © Nicolas Gallon / Agence Contextes / BnF
Terminé

De quoi Sade est-il le nom ? Vers l’éclipse du Soleil noir ? Le rouleau des 120 Journées dans les collections de la BnF

9 h 30 - 18 h

Salle des conférences

« Les 120 journées de Sodome ou l'école du libertinage » du Marquis de Sade – Manuscrit formé de 33 feuillets collés bout à bout, formant un rouleau de 12,10 mètres - - © Nicolas Gallon / Agence Contextes / BnF

Grâce à un mécénat exceptionnel d’Emmanuel Boussard, la bibliothèque de l’Arsenal qui conserve les archives de la Bastille, a pu voir entrer dans ses collections le manuscrit autographe des 120 Journées de Sodome, exposé au musée de la BnF à partir de cet automne. Une journée d’étude interroge les différentes facettes de la figure du marquis Sade et revient sur l’histoire rocambolesque de cette œuvre mythique, rédigée pendant sa captivité.

La remise au jour du rouleau des 120 journées, texte emblématique et maudit, revenu brutalement sous les feux de l’actualité forme en quelque sorte une parousie. La présence au sens littéral de cet objet hors du commun nous invite à réinterroger la figure du marquis de Sade. Contre toute attente, au bout de trois siècles, parvenu au terme de moult combats, elle est n’est rien moins que consensuelle.

Achevant une trajectoire hors du commun, l’entrée dans les collections publiques de cet objet désormais historicisé, sanctionne tour à tour un aboutissement, une reconnaissance, mais aussi en quelque sorte le retour du refoulé. Sa présence, sa monstration invite à sortir de l’approche classique, consacrée par la littérature, d’une vision iconologique de Sade héritée des surréalistes et de leurs épigones. Il s’agit de s’élever au-dessus d’une lecture strictement littéraire pour dresser le bilan de la réception de Sade tout au long des trois derniers siècles. La réapparition du manuscrit nous invite à une véritable remise en perspective de l’auteur et de son texte, tant dans son époque que dans la nôtre. 

Se recentrer sur le manuscrit c’est aussi se poser les questions restées sans réponses, quant à la production matérielles du texte, son statut au sein de l’œuvre de Sade elle-même. Sade n’est-il pas dépossédé au propre, comme au figuré d’un texte qu’en son temps il n’a pas voulu reproduire, réécrire, ni diffuser ? Quel maléfice a pu transformer ce texte rejeté, perdu, enfoui et enfui, à devenir l’emblème de l’écrivain et de son œuvre ? 

Cette question conduit, en préambule à retracer la trajectoire étonnante de ce rouleau mythique au long des trois dernières siècles. Ensuite ce retour nous invite à nous interroger tout d’abord sur le statut, durement gagné, de Donatien Alphonse François de Sade en tant qu’icône de la modernité. C’est décrire et raconter le passage, produit de trois siècles, de l’intolérable à la tolérance. Il s’agit de dresser l’inventaire de l’héritage que nous devons à Sade. Mais sommes-nous véritablement rendus ? Ce texte, avec l’œil d’aujourd’hui, ne se recharge-t-il pas de maléfices ? N’est-il pas, au regard des codes et des valeurs de nos sociétés avancées, en train d’acquérir un nouveau statut ? Ainsi il s’agit d’examiner comment la figure de Sade, à travers cette œuvre, tout en étant sévèrement questionnée n’est pas en train de gagner un nouveau statut par le biais de nouvelles recherches, de nouvelles approches. Ainsi on s’interrogera sur les habits neufs du marquis de Sade en ce début de XXIe siècle. 

Programme

9 h : Accueil 

9 h 30 : Introduction 
Par Claire Lesage, Olivier Bosc, conservateurs généraux (BnF), et Christophe Blanc, journaliste

Le rouleau des 120 journées, tribulation d’un manuscrit mythique
Claire Lesage, Olivier Bosc 

Première partie – L’admirable intolérance : l’héritage du divin marquis. Sade figure canonique

9 h 50 : Sade, littérature et désir
Stéphanie Genand, professeure de littérature, université Paris-Est Créteil

10 h 10 : Sade emblème de la liberté d’expression
Basile Ader, avocat au barreau de Paris

10 h 30 : Sade, les arts et l’avant-garde
Christian Alandete, critique d’art et curateur

10 h 50 : Interludes : Sade en héritage 
Thibault de Sade / Hugues de Sade, descendants du marquis de Sade
Conversation avec Christophe Blanc
Carlo Perrone (sous réserve), descendant de Marie-Laure de Noailles

11 h 10 : Collectionner/exposer Sade
Pierre Leroy (à confirmer), collectionneur et bibliophile

11 h 30 : Exposer Sade : à la limite du possible
Antonio Monegal, co-commissaire de l’exposition Sade : la liberté ou le mal au Centre de cultura contemporània de Barcelone, 2023

Questions du public

12 h 15 : Pause déjeuner

Seconde partie – L’intolérable admiration : Nouvelles recherches, nouveaux enjeux, nouvelles limites. Les habits neuf de Donation Alphonse François de Sade

14 h : Sade devant la psychiatrie et la psychanalyse
Isabelle Mons, docteure en littérature comparée et enseignante

14 h 20 : L’actualité politique de Sade
Marcela Iacub, chercheuse CNRS et essayiste

14 h 40 : Actualité de la recherche sur Sade à la BnF
Christian Lacombe, bibliothécaire à la réserve des livres rares de la BnF.

Conclusion

15 h : Actuel Sade. L’enjeu d’une nouvelle édition des 120 journées à partir du texte original
Michel Delon, professeur émérite de littérature française du XVIIIe siècle, Université Paris IV-Sorbonne

Questions du public

 

Voir cet événement

En raison d’un problème technique, le son de la première partie de cette journée d’étude est absent.
Nous vous prions de nous excusez pour la gêne occasionnée.
Vous pourrez retrouver sur cette page la vidéo complète de cette journée d’étude en début de semaine prochaine.

Informations pratiques

tarifs et conditions d’accès
 

Entrée gratuiteRéservation conseillée
Il est recommandé de se présenter en avance (jusqu’à 20 minutes avant la manifestation)

Date et Horaires

Vendredi 22 septembre 2023
9 h 30 – 18 h

Accès

Richelieu – Salle des conférences
5, rue Vivienne – 75002 Paris