Galerie de la bibliothèque-musée de l'Opéra

Le département de la Musique a pour particularité de comprendre un musée dédié plus particulièrement au chant lyrique et à la danse, situé dans les emprises du Palais Garnier. Composé à l’origine de «souvenirs pieux» ayant appartenu à des chanteurs, danseurs, compositeurs, musiciens, il présente une sélection parmi 2 500 maquettes de décors, 3 000 objets (dont 500 tableaux) et 3 000 bijoux de scène.
 
 

Historique du musée de la bibliothèque musée de l’opéra

Le  Musée de la Bibliothèque-musée de l’Opéra est né à la suite de l’exposition théâtrale de l’Exposition Universelle de 1878 imaginée par Charles Nuitter et qui avait permis à ce dernier d’accroître le fonds iconographique de la bibliothèque. Inauguré le 24 octobre 1881 lors de l’entracte de la représentation de l’opéra d’Ambroise Thomas, Hamlet, il s’installe dans l’ancien fumoir des appartements initialement dévolus à l’empereur et reçoit une existence légale par un arrêté du 10 décembre 1881 portant règlement de la bibliothèque et des archives de l’Opéra, par lequel les collections sont organisées désormais en trois sections : les archives, auxquelles est rattaché le nouveau musée ; la bibliothèque musicale ;  et enfin, la bibliothèque dramatique.

 

 

Charles Nuitter travaille à l’enrichissement des collections du Musée en suscitant des missions d’études en Italie entre 1881 et 1892 qui permettent notamment l’acquisition de deux tableaux peints par Francesco Battaglioli pour Farinelli. Par ailleurs, l’ouverture de la galerie du Musée entraîne le don de dessins, de tableaux et de sculptures. Enfin, par souci de présenter au public les collections qu’il rassemble, Charles Nuitter participe au comité d’organisation de nombreuses expositions, s’implique dans l’exposition théâtrale de l’exposition universelle de 1889 et présente en octobre 1887 une première exposition dans les locaux de la bibliothèque autour du centenaire de Don Juan.

 

Toutefois, le Musée demeure relativement modeste à ses débuts et ce n’est que sous la direction de Charles Malherbe qu’il prend de l’ampleur. Celui-ci organise ainsi une exposition d’autographes musicaux au palais Garnier à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1900 et, riche du legs de Charles Nuitter à la Bibliothèque-musée de l’Opéra, fait réaliser des travaux d’embellissements destinés à permettre l’ouverture du Musée à un plus large public en 1903. Il fait ainsi remplacer le papier argenté qui recouvrait les murs de la galerie par une peinture claire mettant davantage en valeur les objets et y expose, à travers différentes vitrines, tant des affiches de l’Opéra, que des costumes, des décors, mais également des objets de curiosités tels que l’encrier de Spontini, l’archet de Paganini ou les bombes d’Orsini.

Durant la majeure partie du XXe siècle, les collections ne cessent de s’enrichir au fil des décennies, par le biais d’acquisitions onéreuses ou par l’entrée de grands fonds tel que celui des Archives Internationales de la Danse en 1952.

 

Les espaces du Musée de l’Opéra (devenu l’un des Musées de la Bibliothèque nationale après le rattachement de la Bibliothèque-musée de l’Opéra à cette institution en 1935) en revanche évoluent peu. Il faut attendre l’apport financier du ministère de la Culture et l’intervention d’un mécénat privé en 1992 pour qu’ils prennent l’aspect qu’ils ont aujourd’hui : les locaux réservés à la bibliothèque sont isolés du reste des espaces « afin d’offrir tout le calme nécessaire aux lecteurs », la salle de lecture est dotée d’un mobilier nouveau, les espaces de magasins situés dans la partie publique du théâtre et la « galerie des guignols », dessinés par Charles Garnier, sont maintenus dans leur état du XIXe siècle alors qu’une galerie d’exposition permanente aux cimaises de verre et d’acier dessinées par Richard Peduzzi et un espace d’expositions temporaires sont créés.

 

 

L’exposition permanente

Aujourd’hui, l’ancien musée décrit à la fin des années 1940 par Jean Cordey n’est plus : la plupart des œuvres exposées ont regagné les magasins et les pieux souvenirs des compositeurs, des chanteurs et des danseurs du palais Garnier ont été remplacés, dans la galerie permanente, par une sélection d’œuvres iconographiques sur la danse, l’architecture du théâtre et sur le décor.

 

 

Les expositions temporaires

À la faveur des grands travaux de rénovation de la Bibliothèque-musée de l’Opéra en 1992, les espaces muséaux se sont agrandis en s’étendant dans la rotonde basse côté jardin prévue par Charles Garnier pour l’arrivée des voitures impériales.

Ces espaces permettent aujourd’hui la présentation d’expositions temporaires à un rythme régulier. Des expositions à caractère monographique (Les Ballets suédois ; Guillaume Tell ; Charles Gounod ; Bakst, des ballets russes à la haute couture ; Mozart, une passion française ; Picasso et la danse) mais aussi thématique (Voyages d’opéra ; Jardins d’opéra ; Rouge : des costumes de scène vus par Christian Lacroix ; Image(s) de la danse ; Chorégraphes américains à l’Opéra de Paris) sont autant d’occasion de présenter à un large public les pièces les plus remarquables des collections de la Bibliothèque-musée de l’Opéra.