Les collections de dessins

On ne s’attend pas nécessairement à trouver des dessins au département des Estampes et de la photographie, et pourtant, ils y forment un des plus importants ensembles de France. Liés au départ à la collection d’estampes, les dessins n’ont pas fait à l’origine l’objet d’une collecte systématique. Leur place s’est toutefois affirmée au fil du temps, pour former un fonds à part entière, dont la diversité constitue une vraie richesse.

Environ 200 000 dessins originaux

  • Le dessin, contrairement aux autres œuvres graphiques que conserve le département, est une œuvre unique. Le fonds est estimé entre 100 000 et 200 000 feuilles de tous ordres, disséminées dans les collections, souvent intégrées à l’œuvre d’un artiste, mais aussi aux séries documentaires.
  • Pierre noire, craie blanche, sanguine, plume, lavis, aquarelle, gouache, détrempe, pastel…les techniques sont aussi nombreuses que les « fonctions » des dessins. Ainsi, le département conserve des croquis, esquisses, dessins préparatoires, dessins d’architecture, relevés d’antiques, dessins topographiques, caricatures, collages…

Collections et séries, de grands ensembles

  • Des dessins d’artistes accompagnent la gravure et ont souvent été acquis pour leur rapport avec celle-ci. Comme pour l’estampe, la classification se fait par siècles et par « écoles ». L’école française est bien sûr représentée à partir du XVe siècle, notamment le XVIe siècle avec plusieurs centaines de dessins, mais les Ecoles étrangères recèlent elle aussi des trésors : neuf dessins de Dürer, ainsi que des œuvres de maîtres flamands ou des copies anciennes d’artistes de la Renaissance italienne.
  • Les plans, esquisses, projets d’Androuet du Cerceau, Mansart, De Cotte, Boullée, Bélanger ou encore Lequeu peuvent-être considérés comme un ensemble constituant un témoignage sur l’histoire de l’architecture française du Moyen-âge au XIXe siècle.
  • Des collections toutes constituées ont été données à la bibliothèque : c’est le cas des collections de Gaignières, Destailleur et Chauvet, comprenant des dessins de Paris, de ses environs et des provinces de France du XVIIe au XIXe siècle. Elles forment, avec de nombreux carnets de voyages, le cœur des séries topographiques.
  • Ces séries sont complétées par des ensembles numériquement très importants qui concernent les arts décoratifs, le costume et l’histoire du théâtre, l’histoire de France, la botanique et la zoologie. Dans ces séries documentaires, certains ensembles ont une valeur particulièrement émouvante de témoignage, comme les dessins que les enfants de la colonie d’Izieu réalisèrent avant leur déportation.
  • Les arts orientaux sont également bien représentés, avec par exemple des séries de miniatures indiennes ou des peintures chinoises.

La collecte des carnets d’artistes et des dessins de presse

  • Au XIXe et au XXe siècle, le dessin d’artiste parvient à une pleine reconnaissance et se diversifie. Le département est ainsi riche des œuvres de Jacques-Louis David, Girodet, Géricault, Horace Vernet, Ingres, Corot, Rodin, Vuillard, Matisse, Prévert ou encore Nicolas de Staël. Plusieurs de ces dessins sont entrés par le biais de donations, comme les dessins préparatoires des illustrations de Matisse, donnés par le fils de l’artiste.
  • A la suite de dons importants, le département a commencé à acquérir des carnets de dessins d’artistes : on rencontre ainsi dans les collections les carnets de Manet, Henri Rivière, Degas, Jean Hélion ou encore les précieux agendas de Pierre Bonnard.
  • Au sein de ses fonds historiques, le département conserve de nombreuses caricatures ainsi que des défets de presse satirique. C’est donc tout naturellement qu’à la suite du Rapport sur la promotion et la conservation du dessin de presse commandé à Georges Wolinski en 2007 sur, le département a initié la création d’un fonds important de dessins originaux d’artistes contemporains (depuis les années 1970), destinés à ou ayant servi de support à une publication par voie de presse. Ce fonds, en plein développement, est riche des donations de Wolinski, Plantu ou très récemment Willem. Aucune autre institution en France n’a de mission similaire.
  • Le département mène une active politique d’acquisition de dessins préparatoires à l’estampe ou de pièces pouvant compléter des fonds existants. Ainsi, le dessin de Daumier, Un pêcheur à la ligne, acquis en mars 2018.

Expositions

Le département des Estampes et de la photographie contribue régulièrement à des expositions sur le thème des dessins. En voici une sélection :

  • De David à Bonnard (1990)
  • Dessins de la Renaissance (2004)
  • Dessins français du XVIIe siècle, voir dans l’exposition virtuelle
  • Albert Dubout, le fou dessinant (2006)
  • Miniatures et peintures indiennes (2010) voir dans l’exposition virtuelle
  • Etienne-Louis Boullée (2013) voir dans l’exposition virtuelle
  • Georges Wolinski, 50 ans de dessins (2012)

Pour aller plus loin 

 

 

Focus

Dans le cadre de l’exposition « Manuscrits de l’extrême », du 9 avril 2019 au 7 juillet 2019, le département a présenté plusieurs dessins réalisés entre 1943 et 1944 par les enfants de la colonie d’Izieu. Nous vous proposons un retour en images sur la restauration d’une partie des documents et sur un dessin emblématique du fonds. 

 

En savoir plus

«Rouleau» des enfants d’Izieu, atelier de restauration, Richelieu/BnF

 

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