Les collections d’estampes

Au département des Estampes et de la photographie revient le privilège unique au monde de conserver une collection de plusieurs millions d’estampes. Depuis les origines jusqu’au XXIe siècle, toutes les techniques et toutes les écoles de cet « art du multiple » sont représentées. Estampes, anciennes, modernes et contemporaines : les collections du département se caractérisent par leur abondance, leur variété et leur représentativité.

De la xylographie à l’impression numérique

  • Le département s’est donné pour mission de conserver et de collecter tous les types d’estampes, images imprimées à partir de matrices variées (bois, métal, pierre et autres supports) dont la production se met en place en Occident au XIVe siècle et se poursuit de nos jours.
  • Gravure sur bois (de fil ou de bout), taille-douce (gravure au burin, eau-forte ou pointe sèche), lithographie, sérigraphie, impression numérique…Toutes les techniques sont concernées. Les collections se sont enrichies au fur et à mesure de leur évolution.
  • Aux divers procédés correspondent des types de gravures et des fonctions différentes : estampes de graveurs et de peintres-graveurs, gravures d’interprétation ou imagerie populaire.
  • Les collections du département permettent de retracer l’histoire de l’estampe à travers ses procédés et ses usages.
  • Le département n’a pas aujourd’hui de rôle prescripteur pour définir ce qu’est ou ce que n’est pas une estampe, mais il accueille et accompagne les évolutions et expérimentations récentes (livres d’artiste, graphzines). Il prend désormais en compte des créations intégrant le numérique.

Le fonds français, domaine d’excellence

  • Ce sont les écoles françaises qui constituent le cœur des collections. Pour le XVIe siècle, on peut citer les productions de gravures sur bois de la rue Montorgueil et de l’école de Fontainebleau.
  • Le XVIIe siècle voit l’estampe se développer véritablement en France, faisant de Paris « la capitale de l’Estampe ». Les collections du XVIIIe siècle sont également très riches et témoignent du goût de l’époque : techniques « illusionnistes » permettant de réaliser de virtuoses fac-similés de dessins ou de pastels, impressions en couleurs…Le département conserve des dizaines de milliers de pièces représentatives de cet essor.
  • Pour le XIXe et le premier XXe siècle, ce tropisme français est encore plus marqué. Au XIXe siècle, la production d’image se généralise grâce aux révolutions techniques que constituent la lithographie et la gravure sur bois de bout : l’image se diffuse auprès d’un large public, notamment à travers l’illustration. Les quelques deux millions d’œuvres conservées pour cette période sont dans leur très grande majorité le fait d’artistes français ou ayant travaillé en France. On peut ainsi citer Delacroix, Daumier, Degas, Redon, Mary Cassatt, Picasso, Chagall, Matisse, Miró ou Sonia et Robert Delaunay.

Le meilleur de la production étrangère

  • Les artistes flamands et italiens occupent une place de choix qui correspond au rôle capital qu’ils ont joué dans l’histoire de la gravure ancienne. Certaines pièces comptent parmi les chefs-d’œuvre du département : œuvres de Bruegel, Rembrandt, de maîtres italiens tels que Marcantonio Raimondi, les Carrache, Mantegna ou da Brescia.
  • L’estampe allemande est également bien représentée pour la période ancienne (œuvres de Dürer) et le XXe (Don de Baselitz). Les estampes anglaises, bien que minoritaires, ne regroupent tout de même pas moins de 40 000 pièces…
  • Enfin, un fonds japonais et chinois recèle lui aussi de nombreux chefs- d’œuvre de toutes les époques (estampes chinoises rapportées par les missionnaires jésuites dès le XVIIIe siècle, ou entrées dans les collections à la suite de la confiscation des biens du ministre Bertin à la Révolution, œuvres d’Hokusai et Hiroshige acquises au XIXe siècle).
  • Aujourd’hui, le département continue de collecter une production très riche sur le plan international, reflétant le dynamisme des pays anglo-saxons et de l’Europe du Nord.

Différents modes d’entrée

La collection du département est fondée à l’origine par l’acquisition en 1667 par Colbert, pour le compte de Louis XIV, de la collection de l’Abbé de Marolles : 120 000 pièces provenant de tous les pays depuis les origines de la gravure. L’enrichissement repose ensuite sur les apports de grandes collections prestigieuses, telles que la Collection du marquis de Béringhen (environ 100 000 estampes).

Très tôt, les fonds bénéficient en outre de l’obligation de dépôt légal, étendue aux images dès le milieu du XVIIe siècle.

Pendant la période révolutionnaire, l’enrichissement des collections provient essentiellement des confiscations des biens du clergé et des émigrés.

Le dépôt légal est particulièrement bien respecté par les imprimeurs dans la première moitié du XIXe siècle. Il devient ensuite moins central avec la pratique par les artistes de la limitation des tirages, qui correspond à une redéfinition de l’estampe comme mode d’expression artistique.

Au XXe siècle, où la production en nombre de lithographies a permis une forme de démocratisation artistique, d’importants ensembles (œuvres de Picasso, Miró) sont entrés par ce biais. Aujourd’hui, les collections continuent de s’accroitre avec plus de 1000 entrées par an pour la seule création contemporaine.

En outre, certains artistes et leurs proches ont rapidement pris conscience de la valeur que pouvait représenter le don, la donation, la dation ou le legs d’une partie de leur œuvre ou de leur collection personnelle à la bibliothèque : les œuvres de Pissarro, Degas, Matisse, Sonia et Robert Delaunay, Alberto Magnelli, Louise Bourgeois, Antoni Tapiès, Pierre Alechinsky, Zao Wou-Ki, Jim Dine, Sean Scully, Miquel Barcelo…ou récemment les importants fonds d’atelier d’Henri Rivière et sa collection d’estampes japonaises constituent des apports exceptionnels.

Un centre d’étude

Le département des Estampes et de la photographie conserve aussi des ensembles constitués à des fins de recherche scientifique : l’organisation intellectuelle des collections mêle les estampes et d’autres techniques de l’image. L’œuvre d’un artiste graveur pourra être documenté par des dessins préparatoires, des photographies, des affiches d’exposition, etc.

  • Le département conserve aussi des témoins de la production matérielle des œuvres : matrices, outils, croquis et esquisses, témoins de l’activité du peintre-graveur.
  • Il a aussi pour mission de documenter les ensembles iconographiques grâce aux répertoires d’images, aux catalogues raisonnés, aux catalogues de salon et d’exposition et aux écrits d’artistes.
  • Le département est associé à la publication des Nouvelles de l’estampe, revue en ligne du Comité national de l’Estampe dont la bibliothèque est membre fondateur.

Retrouver les Nouvelles de l’estampe sur la plateforme OpenEdition

Expositions

Le département des Estampes et de la photographie contribue régulièrement à des expositions sur le thème des estampes. En voici une sélection :

  • De Bonnard à Baselitz. Estampes et livres d’artistes. Dix ans d’enrichissements du Cabinet des Estampes, 1978-1988 (1992)
  • La Gravure française à la Renaissance (1995)
  • Anatomie de la couleur (1995)
  • Delacroix, le trait romantique (1998)
  • Rodolphe Bresdin 1822-1885, Robinson graveur (2000) voir dans l’exposition virtuelle
  • Soulages. L’œuvre imprimé (2003)
  • Abraham Bosse (2004) voir dans l’exposition virtuelle
  • Cécile Reims, graveur et interprète de Hans Bellmer et de Fred Deux (2004)
  • Les impressions de Pierre Alechinsky (2005)
  • Rembrandt – La lumière de l’ombre (2006) voir dans l’exposition virtuelle
  • Estampes japonaises, images d’un monde éphémère (2008)
  • Daumier, l’écriture du lithographe (2008) voir dans l’exposition virtuelle
  • Zao Wou-Ki, estampes et livres imprimés (2008)
  • Henri Rivière, entre impressionnisme et japonisme (2009) voir dans l’exposition virtuelle
  • Jean-Michel Alberola : l’oeuvre imprimé 2009
  • Hans Hartung. Estampes (2011)
  • De Picasso à Jasper Johns. L’atelier d’Aldo Crommelynck (2014)
  • Gustave Doré (exposition virtuelle, 2014) voir dans l’exposition virtuelle
  • Fantastique ! L’estampe visionnaire de Goya à Redon (2015)
  • Images du Grand Siècle, l’estampe française au temps de Louis XIV, 1660-1715 (2015)
  • Miquel Barceló, Sol y Sombra 2016
  • URDLA : 38 ans d’estampes contemporaines 2016
  • Les origines de l’estampe en Europe du Nord (2018)
  • Epreuves d’imprimeur. Estampes de l’atelier Franck Bordas 2018

 

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