Les livres xylographiques

Comme leur nom l’indique, les livres xylographiques sont imprimés à partir de planches de bois. Dans certains cas, ces planches ne comportaient que des images, le texte étant ajouté à la main après l’impression : on parle alors de « livres chiro-xylographiques ». En raison de cette technique, le livre xylographique a été considéré pendant longtemps comme un précurseur du livre imprimé en caractères mobiles, certains faisant remonter les premiers livres aux années 1420-1430. L’étude des papiers utilisés révèle cependant que les exemplaires les plus anciens parvenus jusqu’à nous ne sont guère antérieurs à 1450, et donc aux premiers essais typographiques entrepris par Gutenberg à Mayence. L’époque de leur plus large diffusion se situe entre 1460 et 1470. Par la suite, ils sont supplantés par le livre typographique dans lequel les imprimeurs commencent à insérer des bois gravés.


Les livres xylographiques furent fabriqués surtout dans les anciens Pays-Bas, le long du Rhin, et dans les régions du centre et du sud de l’Allemagne. Leur procédé de fabrication consiste à tailler des blocs de bois, de manière à y faire apparaître un dessin en relief, accompagné de quelques mots ou de quelques lignes de texte également gravés. Ce bloc gravé était ensuite encré puis on y appliquait une feuille de papier que l’on pressait au verso avec une balle de crin (le frotton). La marque profonde laissée sur le papier par l’empreinte de la gravure explique que ces livrets soit imprimés sur une seule face. Cette technique issue de l’impression sur les étoffes ne nécessitait pas d’investissement matériel important et pouvait s’exercer de façon artisanale et itinérante, de ville en ville.


A l’opposé du livre typographique, où l’image sert à illustrer le texte, le livre xylographique est centré sur l’image : il copie certaines suites d’images médiévales que le texte se borne à expliquer ou à commenter. Les livrets xylographiques sont donc pour la plupart des séries d’images munies d’inscriptions ou de légendes à caractère religieux ou parfois profane (l’Apocalypse, l’Antéchrist, Art de mourir, Bible des pauvres, grammaire de Donat, calendriers, danse macabre, almanachs). Aucun de ces opuscules, tous aujourd’hui rarissimes, n’est jamais daté ni localisé. Les Xylographica commencèrent à être farouchement collectionnés par de riches amateurs de curiosités ou des érudits friands des circonstances qui entourèrent l’apparition de l’imprimerie en Europe occidentale précisément lorsqu’ils avaient presque tous disparus, au XVIIIe siècle. 


La Bibliothèque possède une quarantaine de livrets xylographiques, les plus connus étant l’Apocalypse, la Bible des pauvres, le Cantique des cantiques, l’Ars moriendi et l’Ars memorandi.
Le catalogue des livres xylographiques de la BnF figure en tête du premier volume du Catalogue des Incunables de la Bibliothèque Nationale (CIBN), publié en 1992, p. III-XXVI.
 

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