Nicolas Mignard, Molière dans le rôle de César pour "La Mort de Pompée" de Pierre Corneille, 1658. Huile sur toile. (I-0260) 2021 © P. Lorette, coll. Comédie-Française -  - BnF
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Molière, le jeu du vrai et du faux

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Galerie Mansart

Nicolas Mignard, Molière dans le rôle de César pour "La Mort de Pompée" de Pierre Corneille, 1658. Huile sur toile. (I-0260) 2021 © P. Lorette, coll. Comédie-Française - - BnF

L’exposition Molière, le jeu du vrai et du faux inaugure la galerie Mansart sur le site Richelieu entièrement rouvert au public. Programmée pour le quadri-centenaire de la naissance de Molière, elle offre un parcours dans l’œuvre du dramaturge qui en souligne la portée universelle. L’exposition réunit un ensemble exceptionnel d’œuvres d’art, de pièces d’archives, d’éditions originales, de costumes, de photographies, de maquettes de décors et de documents audiovisuels provenant principalement des collections de la BnF et de la Comédie-Française. 

Molière est aujourd’hui considéré comme l’une des personnalités majeures de la littérature française, une figure qui a donné son nom à notre langue. Mais son aura, au-delà de son statut d’auteur, tient d’une mythologie. Elle est le résultat d’une sédimentation de l’histoire et d’une construction collective qui concourent à l’ériger en emblème et en ambassadeur de la culture française. Cette renommée tient autant à la réinvention d’une biographie légendaire qu’au talent propre du dramaturge dont les œuvres résonnent à toutes les époques par leurs thématiques d’une portée universelle. Son œuvre n’a eu de cesse d’interroger notre rapport au vrai et à l’authenticité, nos fourvoiements dans nos comportements et nos croyances, pour dégager les traits de la nature humaine. Cette vérité du théâtre, mise sur scène, est d’une force peu commune, que le parcours proposé permet d’explorer. La visite se prolonge dans la Rotonde des Arts du spectacle avec une présentation d’œuvres et de documents sur le thème de Dom Juan.

Claude Simonin, «Le vray Portrait de Mr de Moliere en Habit de Sganarelle», vers 1660. Estampe à l’eau-forte. Unicum. BnF, Estampes et photographie - BnF

 

L’exposition en détails

Affiche de la Comédie-Française pour le tricentenaire de Molière (1680-1922). BnF, département des Arts du spectacle - BnF

Molière est-il mort sur scène ? Molière dînait-il à la même table que Louis XIV ? Corneille n’a-t-il pas écrit ses pièces en sous-main ? Les archives authentiques sont peu nombreuses et l’écriture de Jean-Baptiste Poquelin n’est visible que sur un mince ensemble d’actes notariés, conservés aux Archives nationales. L’intérêt de voir le fameux registre de son compagnon La Grange, trésor des collections de la Comédie-Française, ou son inventaire après décès en est redoublé. Quant au visage de Molière, il est bien connu de tous mais c’est à travers les traits que lui a donné le sculpteur Jean-Antoine Houdon au XVIIIe siècle. L’exposition présentera une magnifique version de son buste en terre cuite prêtée par le musée des Beaux-Arts d’Orléans, aux côtés des célèbres portraits par Nicolas Mignard et par Charles Coypel. La figure de Molière que nous connaissons aujourd’hui est donc le fruit d’une sédimentation historique et d’une construction collective. Célébré par la Comédie-Française dont il est devenu l’auteur-phare et le patron, il est passé sans encombre du statut d’artiste de cour sous Louis XIV à celui de référence littéraire majeure pour l’école de la Troisième République. Dès son apparition dans L’Impromptu de Versailles, il se mue en personnage de fiction dont le théâtre, le roman et le cinéma vont se saisir. Molière est à la fois un classique, un monument et un mythe.

 

Cette évolution aurait pu faire courir au grand homme le risque d’être statufié comme dans la fontaine Molière, dont l’exposition présente un très beau modèle en plâtre, ou fétichisé comme en témoigne l’émotion que fait naître la vue de la montre à son nom. Au contraire Molière semble refuser la panthéonisation et il nous apparaît plus que beaucoup d’autres comme un contemporain. La principale raison de cette éternelle jeunesse réside moins dans l’homme que dans l’œuvre et dans les mises en scène qu’elle inspire, plus foisonnantes que jamais, comme l’illustrent les costumes, maquettes, photographies et audiovisuels de l’exposition. De Jacques Copeau à Antoine Vitez, de Louis Jouvet à Jacques Lassalle, de Roger Planchon à Ivo van Hove, à la Comédie-Française, en France et dans le monde, les esthétiques et les lectures sont très contrastées. Elles donnent à chaque fois l’occasion d’éprouver la vigueur et l’intelligence de textes qui explorent la nature humaine. Molière ne fait pas pour autant une simple typologie de caractères ou de défauts, il nous montre des personnages singuliers dans toute la complexité de leurs actes et de leurs sentiments. Les spectateurs de Molière n’ont pas fini de s’interroger sur la sincérité de Tartuffe, de s’étonner qu’Alceste sacrifie son amour pour Célimène au nom de la loyauté, de s’émouvoir de Monsieur Jourdain, ridicule mais sincère dans son aspiration à s’élever dans la société, ou d’admirer Agnès dans L’École des femmes, d’apparence si naïve et en vérité si fine dans sa manière de mener Arnolphe par le bout du nez. Ce jeu du vrai et du faux traverse toutes ses pièces comme il traverse la vie de chacun. C’est sans doute là ce qui fait de Molière non seulement une figure familière et aimée, mais un auteur d’une portée universelle.

Camille Demangeat, maquette de décor en volume pour «L’École des femmes», mise en scène de Louis Jouvet, Théâtre de l’Athénée, 1936. BnF, département des Arts du spectacle - BnF

 

Commissariat :

  • Joël Huthwohl, département des Arts du spectacle, BnF
  • Agathe Sanjuan, bibliothèque de la Comédie-Française
     

En partenariat avec La Comédie-FrançaiseLe Monde, Lire Magazine littéraire et Arte 

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Infos pratiques

Horaires

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Mardi :
10 h - 20 h

Mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche :
10 h - 18 h

Fermé le lundi et les jours fériés, exceptés les 1er et 11 novembre.
Fermeture des caisses une heure avant la fermeture de l’exposition.

Accès

Pictogramme acces

Richelieu – Galerie Mansart
2, rue Vivienne – 75002 Paris

 

Tarifs

Tarif plein :
10 €
Tarif plein - billet couplé 2 expositions (y compris Musée de la BnF) :
13 €
Tarif réduit - billet couplé 2 expositions :
10 €
Gratuit avec :
Gratuit avec :