Le nouveau musée de la BnF

La galerie Mazarine, espace phare du nouveau musée

Parfaitement conçu pour les collections exposées, le nouveau musée de la BnF présentera aux visiteurs une sélection de 700 à 1000 pièces de taille et de nature très diverses, parmi les plus remarquables de la Bibliothèque : œuvres célèbres, pièces rares, estampes, photographies, objets et costumes, tous emblématiques des collections constituées depuis les rois de France. Les amateurs de monnaies, médailles et antiques pourront par ailleurs continuer d’apprécier ces collections présentées sur le site Richelieu depuis le XVIIIe siècle.

A l’issue d’un concours lancé en avril 2017, le jury a retenu le projet muséographique proposé par l’agence Guicciardini & Magni.

Des collections exceptionnelles dans des lieux d’exception

Héritier du Musée des monnaies, médailles et antiques, le nouveau Musée de la BnF occupera des espaces parmi les plus beaux du site : la galerie Mazarine, classée monument historique, la salle des Colonnes, le Cabinet précieux, la salle de Luynes, la salle Barthélémy et la Rotonde des Arts du spectacle ouverte au public depuis décembre 2016.

Le nouveau musée alliera parcours chronologique et salles thématiques.L’organisation chronologique sera simple et lisible pour rendre l’offre accessible à tous les publics. Les pièces pressenties répondront toutes à l’exigence de constituer des trésors dans les collections de l’ensemble des départements de la bibliothèque : départements spécialisés installés à Richelieu mais aussi Réserve des livres rares, bibliothèque de l’Arsenal, Bibliothèque-musée de l’Opéra et département de l’Audiovisuel. Des rotations régulières de pièces seront effectuées.

 

Le parcours chronologique

La Passion de l’antique : la salle des colonnes

Située dans l’aile fermant le jardin Vivienne au nord, la salle des colonnes est  construite par Jean-Louis Pascal et Alfred Recoura à partir de 1906  et forme, avec la salle d’angle et la salle de Luynes les nouveaux espaces du Musée des monnaies, médailles et antiques qui ouvre au public en 1917.

La salle est pensée dès l’origine comme une salle muséale où seront présentées les collections d’antiques. Lors du réaménagement du musée en 1981, une mezzanine est ajoutée pour gagner de nouvelles surfaces d’exposition. Dans le cadre du projet de rénovation général piloté par Bruno Gaudin, cette mezzanine sera démontée pour retrouver les proportions d’origine de la salle.

Le parcours chronologique dans la nouvelle conception muséographique commence dans cette salle consacrée à la passion de l’Antiquité. Y sont en effet présentées les riches collections d’antiquités rassemblées dans le Cabinet du Roi, puis acquises pour l’enrichissement de la collection devenue nationale à la Révolution ou données à la Bibliothèque par des collectionneurs passionnés.

Caillou Michaux

Du moyen âge au XXIe siècle: la galerie Mazarine

Jeu d’échecs dit de «Charlemagne», Italie méridionale, fin du XIe siècle

La Galerie Mazarine est l’une de deux galeries construites par Mansart pour le palais Mazarin. Les riches collections du cardinal y étaient présentées. Elle conserve aujourd’hui de sa décoration originale le plafond peint par Romanelli en 1646-1647. Elle a été restaurée par Labrouste au XIXe siècle.
L’extension du musée dans cette galerie et son vestibule marque la continuité de cette histoire patrimoniale sur un même site durant plus de 350 ans. La galerie va retrouver dans le cadre de ce projet sa fonction première de lieu d’exposition.
 

Les œuvres exposées seront issues de tous les départements spécialisés de la BnF. Elles ont toutes été sélectionnées en fonction de leur grande qualité et de leur rareté. Le parcours commence par le vestibule, où seront présentées les pièces du Trésor de Saint Denis conservées par la Bibliothèque : objets d’art, camées, bijoux et ivoires. Les visiteurs pourront notamment admirer le trône «de Dagobert», l’échiquier «de Charlemagne» ou la coupe de Chosroès.

La visite se poursuit dans la galerie proprement dite, pour découvrir les collections du Moyen Age à nos jours. Une proportion importante des collections y sera exposée en rotation. Parmi les pièces phares exposées à la réouverture, les visiteurs pourront notamment admirer le Grand Camée de France, issu du Trésor de la Sainte-Chapelle, le globe vert, premier globe à faire apparaître l’Amérique sous ce nom, la partition manuscrite de Don Giovanni de Mozart, le manuscrit de Notre Dame de Paris de Victor Hugo etc.

 

Découvrir l’histoire de la galerie

Affiche de Toulouse-Lautrec pour le Divan japonais, épreuve d’essai aquarellée et épreuve définitive, 1893
 

Les salles thématiques

Le Cabinet précieux

Le trésor de Berthouville, Italie, Ier siècle

Le cabinet précieux est installé dans la salle d’angle située dans l’aile Pascal. Son plafond est orné de quatre grandes médailles dorées qui évoquent le cœur des collections du département des Monnaies, médailles et antiques. 

Y seront présentées des collections principalement métalliques : monnaies, médailles, bijoux, pierres gravées, vaisselle d’apparat en métaux précieux. Ces collections trouvent leur origine dans la cassette royale du Moyen Age, à la fois réserve de richesse et collection du roi. Elles conservent aujourd’hui cette double qualité : un spectaculaire amoncellement de métaux précieux et une riche source d’histoire.

Dans la vitrine centrale sera présenté l’un des fleurons des collections du départements des Monnaies et médailles, le Trésor de Berthouville. Découvert en 1830 par un paysan normand, cet ensemble comprend deux statuettes de Mercure et un service de table richement orné dédié par un certain Quintus Domitius Tutus, citoyen romain d’origine gauloise. S’y ajoutent de nombreuses offrandes au dieu qui portent souvent son effigie et le nom des dédicants, coupes, phiales, gobelets, cuillères et autres éléments, pour un poids total de plus de 25 kg d’argent pur.

La salle de Luynes

La salle de Luynes, comme son nom l’indique, a été dès l’origine dessinée pour recevoir la collection offerte par le duc de Luynes en 1862.  Le don prévoit en effet qu’elle soit exposée dans une salle qui lui soit exclusivement dédiée.

La salle est aménagée par Pascal entre 1902 et 1906, qui conçoit de grandes vitrines pour accueillir la totalité de la collection. Ces vitrines patrimoniales seront associées à des vitrines contemporaines dans le futur aménagement muséographique.

La collection est principalement constituée d’objets antiques (céramiques grecques, sculptures, armes, monnaies) mais aussi de quelques œuvres d’exception (épée de Boabdil). Les œuvres présentées visent à montrer au public le goût d’un aristocrate érudit et fin collectionneur au XIXe siècle.

Cratère en calice, «Ulysse invoquant les mânes de Tirésias et jugement de Pâris», vers 390 av JC

La salle Barthélémy

La salle Barthélémy en 2021.

Salle de lecture du département des Monnaies , Médailles et Antiques jusqu’en 2016, la salle Barthélemy tient son nom de l’abbé Barthélemy, érudit, orientaliste, qui put sauver au péril de sa vie, à la Révolution, les collections du Cabinet du Roi qui lui avaient été confiées.
Conservant le décor et le mobilier créé par Pascal et inscrit à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques, cette salle deviendra une salle consacrée aux collections de monnaies et médailles. Trois nouvelles tables-vitrines présenteront des pièces spectaculaires au travers de trois thématiques : les collections d›État, les grands collectionneurs, les artistes et mécènes.

La Rotonde des Arts du spectacle

Seul espace du musée ouvert depuis 2016, la rotonde est un espace d’exposition dédié aux collections des Arts du spectacle. L’aménagement et le décor d’origine, conçus et réalisés par Henri Labrouste entre 1870 et 1875, ont été préservés, et restaurés. Ce lieu autrefois secret est désormais un lieu de visite ouvert à tous.

 

Découvrir la Rotonde
 

Rotonde des Arts du spectacle - décembre 2016