Le site François-Mitterrand

 
Vue du site François-Mitterrand

© Marc Marchand / BnF

 

Un édifice à la fois simple et audacieux


Grands principes

Le bâtiment conçu par l’architecte Dominique Perrault, retenu à l’issue d’un concours international en 1989, se réclame d’une esthétique à la fois classique et minimaliste :
Ce projet est une pièce d’art urbain, une installation minimaliste, le «less is more» de l’émotion, où les objets et leurs matières ne sont rien sans les lumières qui les transcendent. 
Tours, étuis de verre, avec double peau et filtres solaires multipliant les reflets, amplifiant les ombres : magie absolue de la diffraction de la lumière au travers de ces prismes cristallins.
Croquis de l’esplanade de la BnF, 1990
La bibliothèque est organisée autour d’un socle - la vaste plate-forme horizontale qui constitue l’esplanade - et de quatre tours de verre en forme d’équerre, placées aux quatre angles. Celles-ci abritent sept étages de bureaux protégés par des volets de bois mobiles et onze étages de magasins.
L’accès à l’esplanade, couverte de bois d’ipé du Brésil, dur et imputrescible, se fait par de grands emmarchements face à la Seine.
Symétrie, clarté, rigueur, équilibre, monumentalité définissent l’architecture du bâtiment, dont les matériaux font la part belle au verre, à l’acier et au bois.


Répartition des espaces

Les salles de lecture sont placées dans le socle du bâtiment, autour du jardin. Deux niveaux se distinguent :
  • la bibliothèque de recherche en Rez-de-jardin, réservé aux lecteurs accrédités, qui permet de consulter les collections patrimoniales,
  • la bibliothèque publique en Haut-de-jardin, accessible à partir de 16 ans, sous réserve de l’achat d’un titre d’accès. On peut y consulter des collections de référence dans tous les domaines du savoir.
Dans la salle C du Haut-de-jardin


Stockage et transport des documents

Le TAD (transport automatique de documents)
Les magasins de livres sont situés en partie dans le socle, à proximité immédiate des salles de lecture, et en partie dans les étages supérieurs des tours.
Un vaste réseau de huit kilomètres permet le transport des documents dans 330 chariots à balancelle entre les magasins et les salles de lecture de la bibliothèque de recherche en Rez-de-jardin.


Décoration intérieure

Selon le souhait de François Mitterrand, la Bibliothèque nationale de France est un projet complet, pensé par l’architecte dans sa globalité, jusqu’aux détails de l’agencement et du mobilier, ce qui est un fait assez rare dans l’histoire de la commande publique française.
Imaginés et dessinés en collaboration avec la designer Gaëlle Lauriot-Prévost, les intérieurs et le design sont le prolongement de l’architecture à l’échelle plus domestique du lecteur.
Le résultat est un mariage de matériaux et de couleurs, dont la seule couleur franche est apportée par la moquette rouge terre d’Afrique proposée par l’architecte et choisie par François Mitterrand lui-même. La maille métallique est liée à cette recherche de matériaux. Elle souligne un langage architectural lié à l’industrie. 
Il y a très peu de matériaux, ce sont des matériaux essentiels comme le bois, le métal, le béton et le verre qui ne sont jamais déclinés par couleur, par tonalité. Il n’y a pas de gamme. Le matériau est brut, avec son odeur, sa texture, sa nature qui recrée d’une certaine façon une architecture intérieure. Ce n’est pas un aménagement intérieur, ce n’est pas du design, c’est une architecture. Une architecture qui va créer un paysage intérieur avec la succession des lumières.
 
Le mobilier des salles de lecture
Les tables, les rayonnages, les chaises ergonomiques ou les lampes à fibre optique, l’ensemble du mobilier instaurent pour le lecteur une atmosphère de sérénité propice au travail intellectuel. 

Chiffres clés

  • 54 000
    mètres carrés
    de salles de lecture
  • 57 000
    mètres carrés
    de magasins (stockage des collections)
  • 60 000
    mètres carrés
    d'esplanade
  • 1
    hectare
    de jardin
  • 80
    mètres
    de hauteur par tour
  • 22
    étages
    par tour
  • 400
    kilomètres
    linéaires de rayonnage

Le jardin-forêt

Le jardin-forêt au printemps
Ce morceau de forêt, reconstitué à l’image de celle de Fontainebleau, est situé dans une excavation profonde de 2,50 à 3 mètres dans la roche calcaire, comblée d’une couche de terre forestière de 2 à 5 mètres d’épaisseur, légèrement vallonnée. Il occupe les trois-quarts des 10 600 m2 dédiés au jardin, tandis que le quart restant est recouvert d’un gazon.
À l’origine, 126 pins sylvestres (Pinus sylvestris L.) adultes ont été transférés de la forêt de Bord en Normandie. Des arbres de pépinières (pins, chênes, charmes, bouleaux) sont venus enrichir les parties boisées du jardin, tandis que fougères, jacinthes, géraniums et faux fraisiers tapissent le sous-bois.
La situation du jardin, des pratiques respectueuses de l’environnement et l’absence de fréquentation humaine en font un site intéressant pour la faune et la flore. Différentes espèces animales et végétales peuvent utiliser temporairement ce site pour progresser dans la ville ou s’y installer plus définitivement. Géré écologiquement, il participe à la construction d’une trame verte urbaine.

Un nouveau quartier latin

Le site François-Mitterrand est implanté dans le nouveau quartier de Paris rive gauche du 13e arrondissement, parfois surnommé le « nouveau quartier latin », tant sont nombreux les établissements universitaires et culturels qui y sont installés aujourd’hui. On y trouve notamment l’Université de Paris-Diderot, l’Inalco, l’École nationale supérieure d’architecture Paris-Val de Seine, l’École des hautes études en sciences sociales.
 

Ressources

Dominique Perrault, architecte de la BnF

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Télécharger la bibliographie publiée à l’occasion de l’exposition Dominique Perrault - La Bibliothèque nationale de France. Portrait d’un projet 1988-1998