Politique de la recherche à la BnF

Mission historique de la BnF, inscrite dans ses statuts et rappelée dans le décret de 1994 créant l’établissement, la recherche scientifique participe de son rayonnement national, européen et international.
 
Salle de lecture du département des Monnaies, médailles et antiques. Copyright : Emmanuel Nguyen Ngoc/BnF

La recherche : une mission, une tradition

Ouverte à toutes les disciplines et à l’universalité des connaissances, la recherche n’est pas une activité subsidiaire mais une mission fondamentale de la BnF, comme le rappelle le décret du 3 janvier 1994 portant création de l’établissement : la Bibliothèque « conduit des programmes de recherche en relation avec le patrimoine dont elle a la charge, particulièrement sur la bibliothéconomie ». C’est dire que la recherche menée s’ancre d’abord dans les collections : elle est au service de leur connaissance et de leur interprétation, s’efforçant de les rendre accessibles et intelligibles par le plus grand nombre. Cette place centrale des collections, de leur organisation et de leur histoire, croise les préoccupations de la recherche contemporaine, en particulier les sciences humaines et sociales, plus que jamais attentives à la dimension matérielle des sources, à la manière dont elles ont été conservées et transmises, et soucieuse de réfléchir par ce biais à leur propre histoire.


Pour cette raison, entre le personnel scientifique de la BnF et les chercheurs usagers de ses collections ne cessent de se nouer des relations de spécialistes à spécialistes, à travers lesquelles se construit une culture scientifique commune, au-delà de parcours professionnels et de compétences parfois distincts. C’est du dialogue entre ces deux protagonistes que naissent les découvertes et se préparent les avancées des uns et des autres.

Les grands domaines de la recherche à la BnF

Deux axes qui traversent les savoirs et les disciplines

Les activités de recherche portent principalement sur deux domaines : d’un côté, l’histoire et l’analyse des collections de la BnF, et de l’autre, les sciences du patrimoine et des bibliothèques.

Ces deux domaines sont inséparables d’un point de vue épistémologique. À eux deux, ces domaines mobilisent des sciences variées, dont certaines ont historiquement trouvé à la Bibliothèque un lieu d’éclosion et d’application majeur au plan national. Parmi celles-ci, les sciences que l’on qualifiait autrefois de sciences « auxiliaires » de l’histoire ont pris une place nouvelle dans la recherche contemporaine, attentive à la matérialité des documents et à l’ordonnancement des sources.

Recherche appliquée et recherche & développement

Aux côtés des formes traditionnelles et érudites de recherche, dédiées à la description et à l’interprétation des collections, deux autres formes se sont développées à la BnF.

Tout d’abord, une recherche appliquée dans le domaine de la conservation physique des collections patrimoniales, grâce au laboratoire scientifique et technique de la BnF, créé en 1996, lequel compte aujourd’hui trois biologistes et trois chimistes. L’investissement du laboratoire dans la recherche n’a fait que s’amplifier ces dernières années, au travers de programmes soutenus par le ministère de la Culture, la Fondation des sciences du Patrimoine ou encore le Domaine d’intérêt majeur (DIM) « Matériaux anciens et patrimoniaux », favorisant une renommée nationale désormais solidement établie.

Ensuite, une recherche qui vise à expérimenter des technologies nouvelles, tester des idées à côté des schémas existants, explorer des terrains inconnus. L’intérêt de la recherche et développement (R&D) a été très tôt perçu par le département des Métadonnées et celui de la Conservation impliqués dans certains projets européens comme TELplus (2007-2009), mais aussi, plus récemment, dans Impact (2008-2011) ou encore Europeana Newspapers (2012-2015), qui ont contribué à faire évoluer leurs pratiques. Les métadonnées, les catalogues, la bibliothèque numérique Gallica et la préservation numérique sont ainsi les grands domaines directement concernés à la BnF par la R&D.

Devenue dans certains secteurs de la BnF – en particulier le département des Systèmes d’information – un état d’esprit et une méthode de travail, la R&D a vocation à être pleinement intégrée dans les missions scientifiques de la BnF et à ce titre, à bénéficier de moyens identifiés et d’un cadre organisationnel. Elle concerne des domaines techniques émergents ou en forte évolution, tels que les modes d’accès innovants aux données, l’intelligence artificielle ou encore l’analyse des matériaux à des fins de conservation.

L’organisation de la recherche à la BnF

Le goût pour la recherche

Pour accomplir ses missions, la BnF dispose d’un personnel scientifique en charge de la description, de la conservation, de l’enrichissement et de la valorisation des collections, qualifié pour répondre aux sollicitations de chercheurs extérieurs dans ces domaines. Beaucoup parmi ces agents sont à la fois diplômés de l’enseignement supérieur (université, grande école, en particulier l’École nationale des chartes) et d’une école d’application (École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques, principalement, et Institut national du patrimoine). Pour permettre aux chercheurs extérieurs d’identifier rapidement des contacts pertinents et de favoriser ainsi les échanges scientifiques autour des collections, la BnF s’est dotée d’un Annuaire des spécialistes et des experts qui valorise cette entrée par les personnes, présentant leurs parcours, leurs compétences et leur production scientifique.

Une entreprise collective

Investie de longue date dans des projets collectifs de recherche, sur ressources propres ou sur financement extérieur, la BnF entend être partenaire à part entière des organismes et groupements de recherche nationaux et internationaux (Labex, Equipex, EUR, communauté d’universités et établissements, etc.). Elle participe fréquemment à l’élaboration des hypothèses scientifiques et des méthodologies des projets dans lesquels elle choisit de s’impliquer et elle est à l’initiative de certains. La connaissance de l’histoire des collections, de leur constitution et de leur conservation, se révèle bien souvent essentielle pour l’interprétation rigoureuse de celles-ci.

Établissement public sous tutelle du ministère de la Culture, la BnF a intégré par ailleurs dans l’ensemble de ses activités l’évaluation comme une pratique naturelle et régulière, condition de son bon développement et de l’accomplissement de ses missions. L’implication de la BnF dans des projets de recherche requiert ainsi en amont que soient soigneusement mesurés et équilibrés les moyens investis (en particulier le temps qu’y consacrent ses personnels) et ceux demandés (en particulier le coût des prestations numériques : numérisation, océrisation, fourniture de corpus).

Les défis pour la BnF sont à la fois de :

  • pouvoir sélectionner les projets dans lesquels elle s’investit en fonction de l’intérêt qu’elle y trouve pour l’accomplissement de ses missions  nationales. Une attention particulière est portée à quatre critères : 1) la qualité scientifique des propositions, 2) leur contribution à la connaissance et à la diffusion des collections de la BnF, 3) la dimension collaborative, 4) la cohérence avec les autres projets dans lesquels la BnF est déjà engagée ;
  • être en mesure d’articuler la temporalité singulière des projets à l’activité courante de l’établissement, en particulier quand l’intégration des résultats de recherche dans ses systèmes d’information implique des changements d’échelle, la transmission à d’autres acteurs et services, une adaptation des chaînes de production ;
  • maintenir, à côté des projets, devenus une forme majeure du financement et de la gouvernance de la recherche, une recherche au long cours qui sait elle aussi être collaborative, ouverte sur l’extérieur.

Les résultats de la recherche

Au-delà des événements, articles et ouvrages scientifiques, la recherche est aujourd’hui productrice de résultats qui améliorent l’accès, la description ou la valorisation des collections de la BnF. Ces résultats étant désormais le plus souvent produits sous forme numérique (transcription de documents ou notices encodées, base de données, site web, etc.), la question de leur avenir touche à celle des développements informatiques nécessaires à leur hébergement, leur maintenance, leur accessibilité et leur éventuel enrichissement. La BnF privilégie l’intégration des résultats de la recherche dans un des catalogues ou un site existant de la BnF pour des questions de soutenabilité économique et technique, mais aussi de facilité d’usage et de partage. Néanmoins, la BnF s’efforce également de proposer des solutions complémentaires, en particulier quand il s’agit de pouvoir rendre accessibles sur le web des collections singulières, dont le modèle de description s’éloigne par trop de celui des imprimés ou des archives, ou de les organiser d’une manière raisonnée et éditorialisée.

À côté de ces projets spécifiques, la BnF a choisi d’instruire, dans le cadre de son Plan quadriennal 2020-2023, la mise en place d’une solution mutualisée pour la gestion de bases de données produites par la recherche. L’objectif est de disposer d’un système unique permettant de gérer des bases composées de données hétérogènes, de leur saisie jusqu’à leur diffusion, et d’assurer ainsi la pérennité de leur maintenance et de leur accès, plutôt que de développer des solutions sur mesure pour chaque projet.

VOIR AUSSI

  La recherche à la BnF : document de synthèse, [Paris] : Bibliothèque nationale de France, 2020, 1 vol. (24 p.),

 

«Les humanités numériques à la Bibliothèque nationale de France», Culture et recherche, 2016, n° 133. Pardé, Thierry ; Jacquot, Olivier,

 

«TROIS QUESTIONS À… Olivier Jacquot et Thierry Pardé, sur les modes de collaboration entre la Bibliothèque nationale de France (BnF) et le CNRS» , La lettre de l’InSHS , 2016, n° 39, p. 4. Jacquot, Olivier,

 

Le décret n° 2006-1365 du 9 novembre 2006 modifiant le décret n° 94-3 du 3 janvier 1994 portant création de la Bibliothèque nationale de France.

Vos contacts

Olivier Jacquot

Responsable de la coordination de la recherche

recherche.coordination@bnf.fr

Sur la coordination et la valorisation de la recherche à la BnF.