Enquête des usages du CCFr 2025 : synthèse des résultats

Face à une obsolescence technique et à une complexité du Catalogue collectif de France (CCFr), et dans un contexte de transition bibliographie avec l’évolution des formats (Unimarc, EAD, interopérabilité) et d’émergence de l’IA, la Bibliothèque nationale de France a souhaité reconduire une vaste enquête d’usages du CCFr, dans l’esprit de celle menée en 2018.
Mieux comprendre les tendances d’usages du CCFr parmi les professionnels et identifier les premières pistes d’améliorations de l’outil, en vue d’une refonte de ce catalogue fédéré, ce questionnaire quantitatif a été exclusivement pensé comme la première brique d’une réflexion majeure sur l’évolution du CCFr.

 

Le questionnaire utilisé pour cette enquête, accessible en ligne du 14 septembre au 13 octobre 2025, a permis de recueillir 389 réponses. Il a été complété par des groupes de réflexion, réunissant des participants ayant accepté d’être recontactés à la suite du questionnaire.

Il conviendra d’organiser par la suite une nouvelle enquête quantitative à destination du « grand public », à savoir les usagers qui utilisent le CCFr exclusivement pour des raisons de recherches universitaire ou personnelle.

Résumé des résultats de l’enquête

L’enquête sur les usages du CCFr, menée en 2025 en vue de sa refonte à l’horizon 2030, dresse un état des lieux précis des pratiques et des attentes des utilisateurs.


En 2025, le choix a été fait de ne pas toucher en priorité le grand public. Les 389 répondants (en nette hausse par rapport à 2018, avec ses (266 répondants) sont donc très majoritairement des professionnels des bibliothèques, des archives et de la documentation, principalement issus des bibliothèques territoriales et de l’Enseignement supérieur et de la recherche.

La plupart déclarent utiliser le CCFr au moins une fois par mois : la fréquence d’usage reste majoritairement occasionnelle. Parmi les non utilisateurs, les principales raisons évoquées sont le manque de besoin et la méconnaissance du portail.

Les motifs d’utilisation confirment la dimension professionnelle du CCFr. En effet, 90 % des répondants l’utilisent dans le cadre de leurs fonctions, contre 26 % pour la recherche ou l’enseignement et 12 % pour un usage personnel.

L’analyse de l’utilisation des différentes bases du CCFr révèle des pratiques contrastées selon les profils des usagers.
La base Manuscrits et archives et la Base patrimoine sont les plus consultées, avec des taux d’utilisation fréquente dépassant 50 %, qui confirme leur rôle central dans la recherche de documents patrimoniaux.
À l’inverse, les bases Imprimés multimédia et Sources musicales sont beaucoup moins sollicitées, en raison de la spécificité de leurs contenus, de leur pertinence et d’une visibilité plus faible. Les Répertoires de bibliothèques et de fonds sont utilisés de manière plus ponctuelle, principalement pour des recherches ciblées.

Concernant les usages concrets, le CCFr est avant tout perçu comme un outil de repérage documentaire. La majorité des usagers l’emploient pour localiser un document dont ils connaissent déjà les références (67,8 %) ou trouver des documents répondant à leurs besoins (57,6 %).
Les fonctions liées au Répertoire de fonds (localiser ou chercher un fonds) sont également bien utilisées, autour de 45 %, tandis que la constitution de bibliographies et la recherche de services demeurent marginales.

Les réponses à la catégorie « Autre » mettent en lumière des usages plus spécialisés, notamment pour analyser la composition des fonds, évaluer la rareté des documents, présenter le CCFr en formation, ou vérifier la visibilité des notices. Ces pratiques, surtout observées chez les bibliothèques territoriales et les établissements de l’ESR, confirment que le CCFr joue un rôle essentiel dans la gestion, le signalement et la valorisation des collections.

Globalement, l’enquête montre que le CCFr est un outil reconnu, utile et polyvalent, mais dont certaines fonctionnalités restent sous-exploitées. Il est avant tout perçu comme un catalogue de localisation, davantage que comme une plateforme de découverte et de valorisation patrimoniale.

Avant-propos : les préliminaires d’un grand projet de refonte

Ce questionnaire quantitatif a été exclusivement pensé comme la première brique d’une réflexion majeure sur l’évolution du Catalogue collectif de France (CCFr).

Avant de proposer des pistes d’évolution pour notre outil, nous avons jugé essentiel de réaliser une vaste enquête d’usages, dans l’esprit de celle menée en 2018. L’objectif était de recueillir largement l’avis des utilisateurs sur leurs pratiques et la fréquence d’utilisation (ou non) du CCFr, afin d’obtenir un état des lieux précis de son usage actuel.

Nous avons donc conçu un questionnaire clair et rapide, avec peu de questions ouvertes et des chemins de réponse adaptés, pour maximiser le nombre de retours sur les points qui étaient selon nous les plus importants, tout en limitant le risque d’abandon.

L’un de nos enjeux principaux était de définir quel serait le public cible de cette enquête quantitative. Pour des raisons de réseaux et d’enjeux professionnels, nous avons pris le parti de communiquer et de n’envoyer le questionnaire qu’à des listes de professionnels des bibliothèques, centres de documentation et d’archives. Il conviendra d’organiser par la suite une nouvelle enquête quantitative à destination du « grand public », à savoir les usagers qui utilisent le CCFr exclusivement pour des raisons de recherches universitaire ou personnelle.

Les résultats de cette enquête nous aideront à mieux comprendre les tendances d’usages du CCFr parmi les professionnels et à identifier les premiers axes d’évolution de l’outil. Elle a été complétée par des groupes de réflexion, réunissant des participants ayant accepté d’être recontactés à la suite du questionnaire. 

Synthèse des profils de nos participant⸱e⸱s

L’analyse des réponses aux différentes réponses permet donc de répartir nos participants en trois catégories :

  • Nos non-usagers (ou usager⸱ère⸱s en devenir), très certainement des professionnels des bibliothèques, des centres de documentation et des archives qui ne connaissent pas le CCFr ou ne l’utilisent pas car ils n’en n’ont pas besoin ou utilisent d’autres catalogues collectifs, comme le Sudoc
  • Notre « grand public » usager, non professionnel, qui représente toute petite minorité et qui sont en réalité des chercheurs proches du monde des bibliothèques et des archives
  • La plus grande partie de nos usagers dans cette enquête sont des professionnels des bibliothèques, des centres de documentation et des archives, qui travaillent dans de nombreux types de bibliothèques, types qui influencent la répartition de ces derniers : les personnels des bibliothèques territoriales étant les plus présents, les personnels de la BnF et de la ville de Paris les moins représentés.

Ces résultats ne sont évidemment pas surprenants dans la mesure où nous avons surtout ciblé les listes de diffusion des professionnels. Toutefois, ils permettent de nous rendre compte des biais de certaines questions, des améliorations possibles pour les prochaines enquêtes, mais surtout des différentes tendances de fréquentation en fonction du type de bibliothèques dans lesquelles nos participants travaillent.

Figure 1 : Dans quelle catégorie d’établissement travaillez-vous ?


Synthèse de leurs habitudes de fréquentation

La majorité des répondants utilisent le CCFr de manière occasionnelle, soit plusieurs fois par mois (38 %) ou moins d’une fois par mois (37 %), tandis qu’un noyau plus restreint (23 %) l’emploie chaque semaine.

La fréquence d’usage varie selon les profils : elle est plus faible dans les bibliothèques de l’enseignement supérieur, du ministère de la Culture et les archives, et plus régulière dans les bibliothèques territoriales, la BnF et le grand public. Les bibliothèques de la Ville de Paris se distinguent par une utilisation plus intensive, bien que sur un échantillon restreint.

Figure 2 : A quelle fréquence utilisez-vous le CCFr ?

 


Synthèse des habitudes de recherche de nos usagers

L’analyse des modes de recherche montre des usages contrastés : la recherche rapide, bien que lente et peu pertinente, reste la plus utilisée grâce à sa simplicité et à sa mise en avant. La recherche avancée est également largement mobilisée, souvent pour affiner les résultats. À l’inverse, la recherche cartographique est très peu employée, sans doute en raison de sa lenteur et d’une faible connaissance de l’outil. La recherche par formulaire présente un usage plus équilibré, dépendant des profils et des besoins.

Concernant les bases du CCFr, chaque fonctionnalité affiche une tendance nette d’utilisation. Les plus sollicitées sont Manuscrits et archives et Base Patrimoine, deux ressources internes au CCFr et essentielles pour les usagers. À l’opposé, Imprimés multimédia et surtout Sources musicales sont peu utilisées, probablement en raison d’une pertinence jugée moindre, d’une spécialisation forte, et d’un manque de visibilité. Les Répertoires (Bibliothèques et Fonds) sont consultés de manière plus occasionnelle, notamment pour des recherches géographiques ou thématiques ciblées.

Dans l’ensemble, l’utilisation des outils reflète des besoins variés et parfois très spécialisés. Les résultats indiquent la nécessité de valoriser davantage les fonctionnalités sous-exploitées, de clarifier certains usages et d’envisager des évolutions, comme une meilleure intégration de Sources musicales, potentiellement au sein de la Base Patrimoine.

Figure 3 : Quelles ressources utilisez-vous pour vos recherches ?

 


Synthèse des usages du CCFr

L’enquête confirme que le CCFr est avant tout un outil professionnel, utilisé à 90 % dans le cadre d’activités liées aux bibliothèques. L’analyse par profil montre que les bibliothèques territoriales, du ministère de la Culture et de la Ville de Paris l’emploient quasi exclusivement à des fins professionnelles, tandis que les archivistes et la BnF présentent des usages plus variés.

Les pratiques déclarées révèlent que le CCFr est principalement utilisé comme outil de repérage documentaire, plus que comme plateforme d’exploration. La majorité des usagers s’en servent pour localiser un document connu ou identifier des documents répondant à un besoin. Les usages bibliographiques ou la recherche de bibliothèques sont nettement plus marginaux.

Les fonctionnalités du Répertoire de fonds (localiser ou identifier un fonds pertinent) sont, elles, relativement bien mobilisées, confirmant le rôle du CCFr dans le repérage patrimonial. La catégorie « Autre » met en lumière des usages plus spécialisés, surtout chez les partenaires professionnels : évaluation de la rareté, analyse des fonds, vérification d’affichages, signalement dans TapIR ou utilisation en formation.

Dans l’ensemble, le CCFr apparaît comme un outil polyvalent, utilisé autant pour la recherche documentaire que pour la gestion, le signalement ou la valorisation des fonds. Cependant, son usage dominant reste le repérage ciblé d’un document précis, ce qui souligne une perception encore limitée du CCFr comme espace de découverte ou d’exploration patrimoniale.

Figure 4 : Quels sont vos usages du CCFr ?

 

Conclusion générale

Ce rapport avait pour objectif de présenter et d’analyser les résultats obtenus via l’application Evalandgo, en croisant les données selon les différents profils d’usagers afin de mettre en lumière les principaux enseignements de l’enquête.

Cette analyse a permis de dégager des tendances, d’en proposer des explications et d’identifier des pistes d’amélioration pour le futur développement du CCFr.
Cette enquête d’usages constitue ainsi un état des lieux essentiel des pratiques, des besoins et des attentes vis-à-vis du CCFr. Elle confirme la pertinence du portail comme outil central de coopération documentaire et patrimoniale, tout en révélant certaines limites : visibilité insuffisante de certaines fonctionnalités, perception inégale des bases, et appropriation variable selon les profils.

Le questionnaire marque la première étape d’un travail de refonte qui devra renforcer la lisibilité du portail, encourager des usages plus diversifiés, et améliorer la médiation auprès de tous les publics, professionnels comme particuliers.
Cette démarche s’est poursuivie à travers des entretiens individuels et des groupes de réflexion, qui ont permis de recueillir plus finement les satisfactions, besoins et propositions d’évolution des utilisateurs, afin d’adapter le CCFr de demain aux pratiques et aux enjeux actuels du patrimoine écrit et documentaire.

Affiche CCFr - Tout George Sand ? - BnF - Délégation à la communication
Affiche CCFr - Tout Arthur Rimbaud ? ©BnF - Délégation à la communication

 

 

 

CATALOGUE COLLECTIF DE FRANCE

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