Histoire de la monnaie en 20 objets
La valeur des images : imiter, falsifier, revisiter
Les cours de numismatique proposés sur le site Richelieu offrent l’occasion de découvrir l’histoire des monnaies et des médailles à travers une sélection de 20 objets emblématiques présentés au public lors de chaque séance. Cette quatrième édition interroge la notion de « faux » monétaire, des fraudes aux réappropriations créatives, en explorant les collections de la BnF, de l’Antiquité à la Renaissance.
Depuis l’Antiquité, l’histoire de la monnaie est marquée par la crainte du « faux ». Mais que recouvre exactement cette notion ? Elle renvoie d’abord aux pièces fabriquées par des faussaires pour tromper les usagers comme l’État, mais aussi à celles destinées à abuser les collectionneurs en quête d’exemplaires rares. Pourtant, l’imitation ne se réduit pas à la fraude. Elle peut aussi témoigner d’une appropriation : ainsi, les Gaulois ont adopté l’usage de la monnaie en imitant des modèles grecs. Les images portées par ces monnaies constituent par ailleurs un répertoire d’une richesse exceptionnelle, constamment cité, transformé et réinterprété, de l’Antiquité jusqu’à la Renaissance, où elles deviennent un véritable imagier de l’humanisme.
Cette nouvelle édition des cours de numismatique permettra de mettre en valeur les riches fonds conservés à la BnF. Des pièces remarquables y seront présentées et commentées en direct, afin d’éclairer les mécanismes de falsification, d’imitation et de réutilisation des images monétaires, de la Grèce antique à l’Époque moderne.
Les cours publics à la bibliothèque : de 1795 à aujourd’hui
En 1795, le cabinet des Médailles de la Bibliothèque, devenue nationale après avoir été royale, devient le muséum des Antiques. La période est en effet propice à l’étude des sociétés de l’Antiquité qui inspirent idées nouvelles aussi bien que mode vestimentaire. Suivant l’idéal révolutionnaire d’éducation et d’ouverture à tous des collections nationales, le muséum est un lieu de présentation des œuvres au public. Il a aussi une vocation didactique qui se traduit par la création d’un poste de conservateur-professeur : la première chaire d’enseignement de l’archéologie en France est née. Attribuée à Aubin-Louis Millin, elle contribue à la popularité de l’institution et de ses collections. Le public se presse nombreux à ces leçons qui débutent en 1798 et se poursuivent pendant la plus grande partie du XIXe siècle. Elles sont l’occasion de présenter des œuvres au public à travers un enseignement scientifique ambitieux.
Rendre accessibles les connaissances les plus récentes
La réouverture du site Richelieu, avec son musée rénové, renouvelé, agrandi et étendu à l’ensemble des collections, offre l’opportunité de relancer ce projet. Comme à l’époque de la Révolution, le principe est de permettre au public d’approcher les œuvres de plus près. Les enseignements ne requièrent aucune connaissance particulière sur les collections ou leur histoire. Le projet d’Aubin-Louis Millin était d’offrir à son auditoire un accès savant à ces fonds. Aujourd’hui comme hier, ce sont les personnels scientifiques de la BnF qui présentent ces collections et rendent ainsi accessibles à tous les connaissances les plus récentes. Nourris des travaux des chercheurs, des analyses scientifiques ou des dernières restaurations, ces cours sont autant d’occasions de révéler des sujets nouveaux, de redécouvrir une œuvre ou de présenter des acquisitions inédites.
Un rapport plus intime avec les œuvres
Les collections de la BnF embrassent très largement, non seulement l’histoire et les arts développés en France, mais aussi ceux d’autres cultures, de l’Antiquité à nos jours. Bibliothèque-musée depuis plusieurs siècles, la BnF est le lieu d’une diversité qui se manifeste aussi dans la nature des œuvres qui y sont conservées : livres, objets, monnaies, imprimés, estampes, manuscrits, cartes, globes, costumes. Les cours publics épousent ces caractéristiques et sont l’occasion de révéler des pièces qui ne sont pas présentées au musée. Ils permettent d’apprendre à les regarder, à les décrire, à connaître les techniques déployées pour leur création, l’histoire de la civilisation dont elles sont issues, la manière dont elles sont entrées dans les collections. Changer le regard du public par un rapport plus intime aux œuvres, telle est la visée de ces cours que la Bibliothèque souhaite ranimer.
- Numismatique, archéologie ou les deux ? Article paru dans Chroniques n°99, janvier-mars 2024
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