En l'an 2000 : Elevage intensif - La chasse aux microbes - Un orchestre docile -  - Jean-Marc Côté, 1910
Prochainement

Demain, quelle Terre nourricière ?

18 h 30 - 20 h

Petit auditorium

En l'an 2000 : Elevage intensif - La chasse aux microbes - Un orchestre docile - - Jean-Marc Côté, 1910

Le cycle « Débats au cœur de la science », dont la première saison est intitulée Demain, la vie ?, invite plusieurs scientifiques à apporter leur éclairage sur un thème qui agite la communauté scientifique ou, plus largement, la société. Consacrée aux modèles de production agricole et alimentaire, cette séance confronte les points de vue d’un biologiste, d’une spécialiste de bioprotection des cultures et d’un économiste.

Avec Vincent Bretagnolle, écologue, Centre d’études biologiques de Chizé (CNRS, La Rochelle Université), Catherine Regnault-Roger, membre de l’Académie d’agriculture de France et de l’Académie nationale de pharmacie et David Cayla, enseignant-chercheur en économie à l’université d’Angers.

Selon les projections démographiques, la population mondiale devrait augmenter de deux milliards d’individus d’ici à 2050. Pourrons-nous relever le défi qui consiste à nourrir une population de presque 10 milliards de personnes ? Pourquoi aujourd’hui près de  690 millions d’êtres humains souffrent de la faim, alors que le gaspillage alimentaire représente 30% de la production agricole mondiale et qu’un milliard de personnes souffrent de surpoids ?

Aujourd’hui, les agrocarburants concurrencent fortement les usages alimentaires de certaines productions végétales et l’agriculture comme l’élevage sont à l’origine de problèmes environnementaux majeurs : augmentation des gaz à effet de serre, dégradation des sols, perte de biodiversité, pollution de l’air et des eaux par l’utilisation massive d’engrais, de pesticides, d’antibiotiques.

L’agro-écologie qui réintroduit de la diversité dans les systèmes de production agricole serait-elle alors une solution d’avenir pour tous ? Ou bien au contraire, pour faire face à la demande alimentaire, ne faut-il pas miser sur une plus grande fréquence des récoltes et l’amélioration des rendements grâce à l’irrigation, à l’usage d’intrants de synthèse, à la sélection et aux biotechnologies ?

Une autre question mérite d’être posée : qui, aujourd’hui, nourrit la population mondiale ? 70 % des terres agricoles appartiennent à 1 % des exploitants. Les petites fermes représentent encore plus de 85 % de toutes les exploitations agricoles de la planète. Génératrices d’emplois, elles participent à la dynamique locale. Or dans les pays en voie de développement, l’agriculture de rente progresse au détriment de l’agriculture vivrière. En Europe, les exploitants agricoles ont les plus grandes difficultés à affronter la compétition des prix agricoles et la tendance est à la concentration des terres.

Ici et là-bas, les solutions existent pour réinventer des systèmes agricoles vertueux. Elles requièrent probablement un changement de gouvernance des instances internationales et régionales associé à une prise de conscience citoyenne.
Les avis sont très partagés, le débat est loin d’être tranché.

Vincent Bretagnolle

Vincent Bretagnolle est écologue, directeur de recherches au Centre d’études biologiques de Chizé (CNRS, La Rochelle université) où il a créé et dirige  la Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre (département des Deux-Sèvres), site pilote pour l’expérimentation de systèmes de culture innovants permettant de satisfaire les besoins socioéconomiques tout en préservant la biodiversité. Sur ce territoire de plaine céréalière de 450 km² regroupant 450 exploitations, l’équipe tente d’inventer un modèle agricole alternatif auquel sont associés les agriculteurs et les apiculteurs mais aussi les habitants des 28 communes que compte le territoire.

Vincent Bretagnolle a par ailleurs coordonné Écobiose, un travail prospectif interdisciplinaire sur la biodiversité en Nouvelle-Aquitaine qui a permis, avec la contribution de 110 scientifiques, d’évaluer la dépendance de l’économie et de la culture régionales aux écosystèmes naturels.

Parmi les publications auxquelles il a participé, on citera l’article « Quelles questions émergentes pour les politiques publiques de biodiversité en France métropolitaine ? Résultats et perspectives » (Nature Sciences Société, 2015) et l’ouvrage Rapaces nicheurs de France : distribution, effectifs et conservation, co-écrit avec Jean-Marc Thiollay (Delachaux et Niestlé, 2004).

Catherine Regnault-Roger

Catherine Regnault-Roger est professeure des universités émérite à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA), membre de l’Académie d’agriculture de France et membre correspondant de l’Académie nationale de Pharmacie. Elle est également membre du Haut Conseil des Biotechnologies, organisme chargé d’éclairer la décision publique sur les questions relatives aux biotechnologies, notamment les OGM.

Spécialiste d’écologie chimique et de protection des cultures, elle est connue pour ses travaux sur la bioprotection des agrosystèmes et de l’environnement.

Elle a de nombreuses publications à son actif, comme autrice ou co-autrice, par exemple Insectes ravageurs des graines de légumineuses (Quae, 2011) et Au-delà des OGM : science, innovation, société (Presses des Mines, 2018).
Elle a également dirigé aux Presses des Mines en 2018 un ouvrage intitulé Idées reçues et agriculture. Parole à la science dans lequel des membres de l’Académie d’agriculture font le point sur des sujets particulièrement sensibles ou controversés (dépérissement des abeilles, pesticides, alimentation bio, perturbateurs endocriniens, OGM…). En 2020, elle a rédigé une note publiée par la Fondation pour l’innovation politique sous le titre : Des plantes biotech au service de la santé du végétal et de l’environnement (56 p., disponible en ligne).

David Cayla

David Cayla est maître de conférences en économie à l’Université d’Angers et chercheur au GRANEM (Groupe de Recherche ANgevin en Économie et Management). Défenseur d’une économie hétérodoxe ouverte aux autres sciences sociales, il a rejoint en 2013 le collectif des Économistes atterrés, qui dénoncent les dangers du néolibéralisme. Il a publié en 2018 L’Économie du réel : face aux modèles trompeurs (De Boeck Supérieur), livre dans lequel un chapitre est consacré à la question agricole, puis en 2020 Populisme et néolibéralisme. Dans ce dernier ouvrage, il tente de montrer en quoi une gestion néolibérale de l’État et de nos économies a pour effet de favoriser l’émergence de populismes autoritaires.

Sur la question agro-alimentaire, il présente ses thèses de manière claire et didactique dans une conférence qu’il a donnée le 8 novembre 2019 dans le cadre de l’Université permanente de Nantes : La science économique face à la crise agricole(disponible en ligne).

 

En partenariat avec France Média Monde

 

En savoir plus sur les collections du département Sciences et techniques

Informations pratiques

tarifs et conditions d’accès

Entrée gratuite – Réservation recommandée via l’application Affluences ou sur affluences.com
Il est recommandé de se présenter en avance (jusqu’à 20 minutes avant la manifestation)

Date et Horaires

Vendredi 28 mai 2021
18 h 30 – 20 h

Accès

François-Mitterrand - Petit auditorium
Quai François-Mauriac – Paris 13e
Entrée Est face à la rue Émile Durkheim

 

Toutes les scéances des Débats au cœur de la science