L’actualité des études

Tout au long de l’année, le service des études de la délégation à la stratégie et à la recherche pilote ou mène en propre des études qui ont trait à différents aspects de la vie de la Bibliothèque. Elles peuvent reposer sur des méthodes quantitatives, mixtes ou ethnographiques. 
Tour d’horizon des principales études en cours ou récemment achevées.

 

La BnF et vous – Enquête sur les publics de la BnF

Synthèse de l’observatoire des publics 2020 - Une « photo de famille »

À l’automne 2020, 5198 enquêtés ont pris le temps de répondre aux multiples questions de l’Observatoire des publics, et 2700 avaient ajouté des commentaires en fin d’enquête : merci à celles et ceux qui ont pris soin de nous faire ces retours !

Cette grande enquête, reconduite régulièrement par l’établissement, vise à prendre une « photo de famille » de nos publics. L’édition 2020, diffusée uniquement en ligne, a permis de questionner l’ensemble des activités de nos usagers, à distance et sur place, pour des démarches studieuses ou du loisir. La synthèse de l’observatoire est maintenant disponible: elle résume les grands enseignements de cette enquête et les perspectives renouvelées sur nos publics, au fil des évolutions de nos services et des pratiques.

Si cette étude ne peut rendre compte des singularités de chacun de nos publics, elle permet d’identifier quelques grandes lignes de partage distinguant les pratiques et les offres servant de trait-d’union entre nos usagers.

Tout d’abord, certains utilisent un service de la BnF en particulier (Gallica, les salles de lecture, les activités culturelles) quand d’autres ont fait de l’établissement un réservoir de ressources et contenus multiples. Cette porosité des usages se construit bien sûr dans la durée, et ce sont nos publics les plus anciens qui indiquent se servir de la BnF comme d’un couteau suisse. Cette observation est d’autant plus nette que l’édition 2020 de l’Observatoire a été réalisée uniquement par un recrutement en ligne et donc les usagers à distance y figurent en bonne place : plus de 60% des répondants résident hors de l’Île-de-France, un tiers n’est jamais venu in situ. C’est bien la dimension « nationale » de notre établissement qui s’observe dans ces résultats, notamment grâce à la bibliothèque numérique Gallica mais aussi grâce aux offres culturelles à distance (expositions.bnf.fr, classes.bnf.fr) ou aux relais dans divers espaces comme les réseaux sociaux.

Ensuite, ces usages multiples se font dans des cadres d’activité différenciés : certains viennent réviser un concours en salle, d’autres se piquent de curiosité pour les conférences ou explorent leur généalogie à travers la presse numérisée… Ainsi, si les salles de lecture accueillent principalement des publics académiques (étudiants, doctorants, enseignants-chercheurs), l’Observatoire des publics donne à voir, d’une part, les publics professionnels qui se remarquaient déjà dans les enquêtes de 2016 portant sur le catalogue général ou le site bnf.fr mais plus encore, d’autre part, les publics amateurs, qui mènent des recherches par intérêt personnel pour l’histoire ou la littérature. Ce public est significativement plus âgé et globalement moins diplômé que les publics académiques, montrant une certaine diversification des utilisateurs des ressources de la BnF grâce en particulier à Gallica.

Enfin, les enquêtés expriment de nombreuses fois leurs gratitudes à l’égard du personnel en particulier et du travail de l’institution en général, soulignant à la fois l’ampleur de la tâche à réaliser et la qualité des échanges avec les agents. Si le taux de satisfaction mesuré dans l’enquête est très élevé et nous conforte dans nos actions, nous porterons bien évidemment un intérêt particulier aux critiques qui s’expriment, notamment de la part des usagers intensifs comme les doctorants, dont la situation et la nature du travail mettent à l’épreuve nos services et modalités de mise à disposition des collections et méritent un plan d’action précis sur certains points.

Ce qui réunit l’ensemble de ces divers pratiques et profils d’usagers se trouve dans l’attachement à des collections et un patrimoine d’une richesse exceptionnelle, l’attention à la valorisation de ces collections autant à travers les recherches qu’à l’occasion des activités culturelles, et le souhait de mieux être accompagné dans l’appropriation de ces ressources et des outils permettant de les explorer. Ces résultats engagent bien sûr l’établissement tant à poursuivre ses missions avec soin qu’à porter attention à ces observations pour le développement de ses offres et ses services.

Télécharger la synthèse de l’observatoire des publics – 2020

Les résultats détaillés de l’Observatoire des publics sont disponibles à la demande.

Quels publics pour les expositions en ligne ? Prolonger l’enquête « Pratiques culturelles 2018 »

Lors de la dernière enquête menée par le Ministère de la Culture consacrée aux pratiques culturelles des Français, 9,7% des répondants déclaraient visiter des expositions en ligne. Dans le cadre du prolongement de ce rapport qui réunit plusieurs centres de recherche, le pôle études de la BnF creuse le sujet en lançant une enquête centrée sur ces publics. Qui les composent ? Comment définir leurs expériences, leurs pratiques sur les espaces numériques ? De quelle façon les rapports aux œuvres et aux institutions s’en trouvent-ils changés ? Autant de questions qui seront adressées au cours de ce projet de recherche de 18 mois, débuté en avril dernier.

Pour mener à bien cette enquête, la sociologue Marie-Laure Bernon (marie-laure.bernon@bnf.fr) a rejoint ce printemps la délégation à la Stratégie et à la recherche de la BnF.

Publications de 2020

Au cours de l’année 2020, les Études de la BnF ont contribué à deux ouvrages. Dans un numéro de Musées et recherche coordonné par Joëlle Le Marec et Ewa Maczek, sur le thème « Le souci du public », Irène Bastard explore ce qu’entreprennent les publics studieux et culturels en qualifiant le « job » qu’ils se donnent et les exigences et repères auxquels ils se réfèrent. 
À l’automne, les presses de l’ENSSIB ont publié L’expérience sensibles des bibliothèques, sous la direction de Christophe Evans. En relisant diverses enquêtes conduites à la BnF, Irène Bastard propose de dépasser l’opposition entre les activités en salle de lecture et celles dans les galeries d’exposition pour chercher un lien commun aux publics dans leur rapport aux documents.
Les résultats en seront communiqués dans le courant du premier semestre 2021.

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