Vernissage de l'exposition "Dada Max Ernst" à la librairie Au Sans Pareil, Paris, le 2 mai 1921 -  - Bibliothèque littéraire Jacques Doucet
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L’invention du surréalisme : Des Champs magnétiques à Nadja

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Vernissage de l'exposition "Dada Max Ernst" à la librairie Au Sans Pareil, Paris, le 2 mai 1921 - - Bibliothèque littéraire Jacques Doucet

L’année 2020 marque le centenaire de la publication par André Breton et Philippe Soupault de leur recueil commun, Les Champs magnétiques – « première œuvre purement surréaliste », dira plus tard André Breton. À cette occasion, la Bibliothèque nationale de France et la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet associent la richesse de leurs collections pour présenter la première grande exposition consacrée au surréalisme littéraire.

L'exposition en détails

À travers plus de 200 pièces réunies pour l’occasion, L’Invention du surréalisme invite à suivre les pas d’André Breton, Louis Aragon, Philippe Soupault, Paul Eluard et les autres lorsque, de 1918 à 1928, ils se lancent dans la conquête de territoires inconnus. Autour d’œuvres emblématiques telles Les Champs magnétiques ou Nadja, costumes, tableaux, collages, photographies, films, dessins hypnotiques et cadavres exquis viennent restituer le bouillonnement créatif de ces années d’éclosion du mouvement.

Cette exposition-événement raconte comment, sur les décombres d’une guerre barbare, une génération de poètes se lève, criant son dégoût pour une société jugée responsable du massacre, et entame la construction d’un nouveau rapport à l’écriture et au monde. Car le surréalisme est d’abord une aventure littéraire : traumatisé par la guerre, animé d’une haine dirigée autant contre les valeurs de la société bourgeoise jugée responsable de ce massacre que contre la littérature officielle, un petit groupe de jeunes gens tente de construire un rapport nouveau à l’écriture et au monde.

En guise d’introduction, la première partie, « Guerre et esprit nouveau », pose décor et influences. Elle s’ouvre sur un ensemble monumental regroupant les costumes du ballet Parade, dessinés par Picasso, et le manuscrit des Mamelles de Tirésias, de Guillaume Apollinaire. Tandis qu’à Paris, l’« esprit nouveau » se cristallise autour d’Apollinaire et de son cercle d’amis, à Zurich avec Dada, à New York et Barcelone avec Marcel Duchamp et Francis Picabia, d’autres foyers de modernité se développent. Bientôt, ils convergent vers la capitale française où les jeunes poètes de la revue Littérature (André Breton, Louis Aragon, Philippe Soupault, puis Paul Éluard) accueillent avec ferveur l’esprit Dada, prélude au surréalisme.

 

Le deuxième temps de l’exposition s’articule autour de la découverte de l’écriture automatique, fondatrice du surréalisme : une transcription de la « pensée parlée », libérée de toute forme de censure. Le manuscrit des Champs magnétiques en constitue l’amorce. L’exploration du rêve, les séances de sommeils hypnotiques sont les deux autres voies privilégiées par le groupe pour accéder à l’inconscient, ce réservoir d’une matière mentale inédite où s’inventent des formes nouvelles d’imaginaire. Nourri par ces expériences, le champ plastique s’enrichit lui aussi d’une multitude d’expressions originales, qui dessinent une vision élargie du monde, décalée du réel : une surréalité.

La troisième partie de l’exposition traite des formes d’irruption du groupe dans l’espace public comme dans le champ intellectuel. Elles ont pour cœur les nombreuses manifestations Dada, qui se succèdent en 1920 et 1921, et la multitude de tracts et revues qui les accompagne. L’exposition présente un grand nombre de ces « éphémères », parmi lesquels des exemplaires exceptionnels de la revue Dada : exemplaires de luxe ou annotés et ornés par Tristan Tzara et Francis Picabia. À la déraison de la civilisation, Dada oppose sa folie. Happenings et publications se font l’écho de l’ambition de subversion absolue – d’« idiotie » – prônée par Tzara, que le surréalisme viendra dépasser. La parution, en 1924, du Manifeste du surréalisme d’André Breton, au terme de ces années de prise de parole et d’activisme, consacre les théories bretoniennes. Une vague de petits billets colorés, les papillons, diffusés à travers Paris, couronne cet acte de naissance du surréalisme.

 

Construite autour du manuscrit exceptionnel de Nadja, présenté pour la première fois dans le cadre d’une importante exposition, la dernière section de l’exposition répond en un écho glaçant aux expériences conduites par le surréalisme dans sa première jeunesse. La rencontre d’André Breton et de Nadja, jeune femme qui lui sembla incarner au plus haut point l’éthique surréaliste, se présente ici comme une expérience-limite. Dans un dialogue constant entre le texte de Breton, paru en 1928, et les traces laissées par la jeune femme, certaines récemment découvertes et montrées pour la première fois, se dessine, au-delà du mythe, le témoignage d’une authentique fascination, vécue aux confins de la folie.

Commissariat :

  • Bérénice Stoll, Réserve des livres rares, BnF
  • Olivier Wagner, département des Manuscrits, BnF
  • Isabelle Diu, directrice de la bibliothèque littéraire Jacques Doucet
  • Jacqueline Chénieux-Gendron, directrice de recherche au CNRS, conseillère scientifique pour l’exposition

Partenaire institutionnel

Exposition organisée en partenariat avec la bibliothèque littéraire Jacques Doucet.

Partenaires Presse

En partenariat avec Le MondeTéléramaLire le nouveau magazine littéraire et France Culture

Infos pratiques

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En raison du plan Vigipirate, seule l’entrée Est du site est accessible.

Horaires

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Mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi :
10 h 00 - 19 h 00

Dimanche :
13 h 00 - 19 h 00

Fermé le lundi et les jours fériés. Fermeture des caisses à 18 h.

Accès

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Bibliothèque François-Mitterrand
Quai François Mauriac,
75706 Paris Cedex 13

Tarifs

Tarif plein :
9 €
Tarif plein - billet couplé 2 expositions :
11 €
Tarif réduit - billet couplé 2 expositions :
9 €
Gratuit avec :
Gratuit avec :