La gestion en confinement : les effets budgétaires de la pandémie et le maintien de la chaîne de dépense et recette

Les effets budgétaires de la pandémie

L’exécution du budget 2020 de la BnF, en dépenses et en recettes, témoigne des conséquences de la crise sanitaire liée à l’épidémie de Sars-COV-2.

Les périodes de fermeture et la reprise très contrainte et limitée de certaines activités ont eu pour conséquences, à la fois des décalages et des économies de dépenses, des pertes de recettes et des coûts non prévus, notamment liés aux fournitures indispensables à la sécurité des agents et des publics (masques, nettoyage des locaux, etc.), au travail à distance et aux nouvelles conditions d’organisation de l’accueil des agents et du public.

Au total, les surcoûts se montent à +1,07 M€ en dépenses de fonctionnement et à +884 k€ en investissement, soit un total de +1,95 M€. Les pertes de recettes représentent -2,58 M€. Au total, l’impact de la crise sanitaire sur la BnF s’élève donc à -4,53 M€.

Vu depuis l’intérieur du site François-Mitterrand © Guillaume Murat / BnF

Le maintien de la chaîne de dépense et recette

La BnF disposait, avant le déclenchement de la crise sanitaire, d’une chaîne budgétaire et comptable quasiment complètement dématérialisée, situation qui a été un atout considérable pour maintenir la chaîne de dépense et de recette durant la crise sanitaire.

À la mi-mars 2020, avec l’entrée dans le premier confinement, la forte mobilisation d’un nombre très important d’agents en capacité de travailler à distance et la mise en place rapide de procédures exceptionnelles (notamment signature par messagerie électronique) en interne et avec le contrôle budgétaire et comptable ministériel, ont permis le maintien de l’activité sur les achats, la commande publique, l’exécution de la dépense, la recette et la paie des agents. Dès mi-avril 2020, la chaîne budgétaire et comptable, exploitant pleinement les possibilités offertes par la dématérialisation et le travail à distance, était totalement sécurisée, permettant tout au long de l’année 2020 et malgré les aléas de la crise, de produire le service attendu par l’établissement.

Quelques indicateurs permettent d’étayer cette constatation, notamment en dépenses : on peut ainsi suivre le nombre de factures reçues (fait générateur de l’activité), le nombre des engagements juridiques (consommation des autorisations d’engagement, par exemple une fois un marché public ou un bon de commande signés), le nombre des services faits (qui « valide » la dépense côté ordonnateur) et enfin le nombre des demandes de paiements (la dépense réelle effectuée). En 2020, on constate ainsi une baisse de l’activité, que ce soit en matière de factures reçues, d’engagements juridiques, de services faits ou de demandes de paiement (DP), soit respectivement -17,04% de factures, -9,82% de services faits et -12,07% de demandes de paiement par rapport à 2019.

Cette baisse est cependant à moduler :

  • en infra-annuel : elle était respectivement, pour les factures et les demandes de paiement, de -45% et -46% fin août 2020, soit un rattrapage important en fin d’année, ce qui est habituel mais particulièrement marqué cette année ;
  • en pluriannuel : l’année 2019 avait été particulièrement intense, et les baisses respectives par rapport à 2017 par exemple ne sont plus que de -1% et -4,4% (factures et demandes de paiement).
Rapport d’activité 2020 de la bibliothèque nationale
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