Un nouveau dispositif de soutien aux jeunes chercheurs : le financement en partenariat de deux contrats postdoctoraux

Chaque année, une quarantaine de jeunes chercheurs sont accueillis dans des départements de la Bibliothèque pour y conduire un travail au plus près des collections. En collaboration étroite avec des conservateurs, ils contribuent au développement de la connaissance des fonds, en particulier les plus rares ou méconnus, et facilitent ainsi leur accès à la communauté scientifique. Cet accueil, tradition ancienne de la Bibliothèque, a pris plusieurs formes ces dernières décennies : chargés de recherches documentaires depuis 1978, chercheurs associés depuis 2003, certains bénéficiant de bourses de recherche.

 
Supplément grec 1294 – BnF, département des Manuscrits

 

Consciente que ce soutien aux jeunes chercheurs doit s’adapter à l’évolution de leur parcours scientifique et contribuer à leur professionnalisation, la BnF a décidé cette année de contribuer au financement de deux contrats post-doctoraux, respectivement avec le Collège de France et l’École universitaire de recherche Translitteræ (PSL).

Julien Auber de Lapierre, rattaché à la chaire Culture écrite de l’Antiquité tardive et papyrologie byzantine du professeur Jean-Luc Fournet au Collège du France, retrace l’histoire de la collection de papyrus du département des Manuscrits, la plus ancienne conservée en France. Le fonds de papyrus grecs, coptes et latins de la Bibliothèque nationale de France est un témoignage exceptionnel de la culture écrite de l’Égypte post-pharaonique et du monde gréco-romain. Ce projet, qui a débuté par un examen des archives permettant d’éclairer les politiques d’acquisition, met en lumière le rôle que jouent la Bibliothèque et le Collège de France dans l’essor des sciences de l’Antiquité ainsi que la place qu’occupent ces deux institutions dans le jeu complexe des relations franco-égyptiennes durant les deux siècles qui suivent la Campagne d’Égypte de Bonaparte.

Sarah Hassid, en lien avec le laboratoire THALIM et l’Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM), contribue à la redécouverte d’un compositeur et musicographe majeur du XIXe siècle, pionnier dans maints domaines : Jean-Georges Kastner. Sa recherche permet la reconstitution du périmètre de ce fonds d’une grande richesse, conservé au département de la Musique, dont les modalités d’entrée dans les collections sont mal connues. Des manuscrits inédits, jusqu’alors non référencés, ont ainsi été mis au jour et un projet d’édition critique de l’un d’eux est en cours d’élaboration. Outre l’enrichissement des catalogues de la BnF, l’analyse génétique et contextuelle de plusieurs manuscrits permettra de mieux appréhender l’approche innovante de Kastner dans le domaine des sciences musicales et en particulier de l’ethnomusicologie, anticipant l’émergence de la discipline de plusieurs décennies.

Dans chacun de ces départements, les post-doctorants bénéficient d’un référent scientifique qui les guide dans les collections et les sensibilise à leur histoire et leur organisation. Ces deux projets témoignent de l’importance des croisements entre la recherche contemporaine et les sciences des bibliothèques et du patrimoine, dans une attention renouvelée à la dimension matérielle des sources, en particulier à la manière dont elles ont été transmises et conservées.

Rapport d’activité 2020 de la bibliothèque nationale
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