Amos Gitai -  - © India Roper-Evans
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Yitzhak Rabin / Amos Gitai

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Allée Julien Cain

Amos Gitai - - © India Roper-Evans

Vingt ans après l’assassinat d’Yitzhak Rabin à Tel Aviv, Amos Gitai revient sur cet événement tragique dans son film Le Dernier Jour d’Yitzhak Rabin. L’exposition de la BnF invite à découvrir le processus de création du cinéaste pour son thriller politique. Dans une double démarche documentaire et artistique, Gitai explore les archives de son travail données à la BnF en 2018 et en tire une exposition sous forme de création visuelle inédite, interrogeant une nouvelle fois les multiples retentissements politiques et intimes de cet événement.

Un artiste « embarqué »

Depuis ses premiers films, notamment House (1980), Amos Gitai est un « artiste embarqué » dans l’histoire du temps présent et dans celle de son pays natal Israël. Il y prend « ce qu’il peut en voir lui-même ou y souffrir lui-même, directement ou indirectement, c’est-à-dire l’actualité au sens strict du mot », comme aurait dit Albert Camus, et en fait la matière d’une œuvre d’une grande diversité – films, installations, expositions, créations visuelles, performances théâtrales et livres.

Un événement matriciel

L’assassinat du premier ministre israélien Yitzhak Rabin, le 4 novembre 1995, est l’un des événements historiques dont la violence a le plus marqué le cinéaste et dont les ondes sismiques ne cessent de se répliquer dans son travail. Sous le choc de cette déflagration à la fois politique et intime, il réalise en 1996 un premier film intitulé L’Arène du meurtre. Le second, fruit d’une longue maturation et de recherches documentaires considérables, sort en 2015, vingt ans après l’assassinat. Il s’agit du Dernier Jour d’Yitzhak Rabin, film majeur pour lequel Amos Gitai taille dans la réalité des archives pour sculpter une fiction qui montre l’implacable enchaînement des événements, depuis les premiers discours de haine contre l’artisan du processus de paix jusqu’aux coups de feux tirés à deux pas de la foule des manifestants venus soutenir ce rapprochement historique entre Israéliens et Palestiniens. D’emblée, le film donne naissance à d’autres créations, en particulier une exposition présentée à la Collection Lambert d’Avignon et une lecture dans la Cour d’honneur du Palais des papes lors du Festival 2016, Yitzhak Rabin. Chronique d’un assassinat, reprises régulièrement jusqu’à aujourd’hui.

Entre mémoire et création

L’ensemble des matériaux documentaires réunis ou produits pour ces créations autour d’Yitzhak Rabin a été donné par Amos Gitai à la BnF en 2018. Principalement numériques, ces documents font l’objet d’un programme de recherche et de développement pionnier sur les nouvelles archives du cinéma, en lien avec l’université de Stanford. Le choix d’un don à la Bibliothèque a aussi été dicté par la volonté de mettre à l’abri cet ensemble très symbolique dans un pays, la France, dont il a pu éprouver les qualités d’accueil et de soutien à la création lors de ses années d’exil loin d’Israël. Cherchant toujours l’équilibre entre mémoire et création, Amos Gitai a confié ses archives à une grande institution patrimoniale dans laquelle il voit un lieu où aller à la rencontre des contemporains. Avec l’obstination d’un archéologue, il a puisé à nouveau dans ses archives pour en extraire les éléments d’une création visuelle inédite déroulant, pour les interroger, les étapes de cette histoire bouleversante. En écho à l’exposition, les éditions Gallimard publient un livre qui en approfondit les thèmes à travers réflexions et analyses sur les archives, et qui fait place à des poèmes composés par l’artiste. Pour Amos Gitai, la nécessité de penser le temps présent n’est jamais séparée de la liberté de créer.

Commissariat

Conception, Amos Gitai
Commissariat, Joël Huthwohl
, département des Arts du spectacle, BnF
Graphisme, Émilie Paillot

En partenariat média avec Arte et Télérama

Informations pratiques

Tarifs et conditions d’accès
 

Entrée libre et gratuite

Horaires

Lundi :
14 h- 20 h

Mardi, mercredi,  jeudi, vendredi, samedi :
10 h - 19 h

Dimanche :
13 h - 19 h

Fermé les jours fériés

Accès

François-Mitterrand - Allée Julien Cain
Quai François-Mauriac – Paris 13e
Entrée Est face à la rue Émile Durkheim