Les collections de photographies

Le dispositif du Dépôt Légal a permis à la BnF de réunir une collection en dehors de toute considération de tendance ou de mode, constituant une sédimentation unique pour l’histoire de la photographie. Des dons, legs et acquisitions ont complété les entrées réglementaires. L’envergure universelle, la diversité et le volume résultant de ces politiques d’enrichissement donnent à ces collections un caractère exceptionnel.
 
Damas. La Grande Mosquée et vue générale. Joseph Philibert Girault de Prangey, 1842-1844, daguerréotype - BnF

La naissance d’un art et d’une collection

Dès 1851, une première épreuve photographique originale entre dans les collections, au titre du Dépôt Légal grâce à l’imprimeur lillois Louis-Désiré Blanquart-Évrard. Des dons, des achats complètent les ensembles déposés, selon une logique au périmètre large, tant du point de vue documentaire que technique (autochromes, vues stéréoscopiques, négatifs papier…).

À titre d’exemples des ensembles collectés entre 1851 et 1914 : les vues de cathédrales d’Henri le Secq, cinq albums sur le Moyen-Orient de Félix Bonfils, Animal Locomotion d’Edward Muybridge, 4 500 épreuves d’Eugène Atget, ou encore la collection d’histoire du baron de Vinck et ses photographies de la Commune …

 

Le fait photographique dans son ensemble

Dans l’entre-deux-guerres, la prise en compte de la photographie au sein du département se concrétise par la création d’un poste de conservateur entièrement dédié à son traitement : le premier sera Jean Prinet.

Des ensembles constitués par les premiers collectionneurs de photographies anciennes enrichissent considérablement le département : en 1955, la Bibliothèque acquiert ainsi auprès de Georges Sirot 60 000 épreuves et de nombreux albums. Des fonds d’atelier entrent dans leur intégralité, comme le fonds Nadar en 1949 (50 000 épreuves et les archives), le fonds Reutlinger en 1954 (30 000 épreuves), le fonds Séeberger à partir de 1976 (62 000 négatifs et les tirages correspondants).

 

La même année, entre au département la photothèque du Touring Club de France qui s’inscrit dans la lignée des séries documentaires. Des fonds de presse viennent compléter ces collections encyclopédiques : un ensemble photographique du Petit Parisien en 1935, les photothèques des journaux Ce Soir et L’Humanité saisies en 1939 et versées à la BN après-guerre, le fonds des quatre agences de presse Rol, Meurisse, Mondial et SAFARA (200 000 clichés d’actualité de 1904 à 1945) acquis en 1961. En 1980, ce sont les archives du Journal et de L’Aurore qui dotent le département d’environ deux millions d’images de presse, prises du début du XXe siècle à 1980. Des collections d’artistes ou d’écrivains sont aussi recueillies : le fonds de photographies personnelles de Robert et Sonia Delaunay ou le fonds de photographies de Raymond Roussel.

Dans les années d’après-guerre, une politique active de relance du dépôt légal et d’expositions collectives annuelles permet de susciter l’entrée de nombreuses images issues de l’école française de photographie et notamment du courant dit « humaniste » (Doisneau, Ronis, Boubat…).

Une collection vivante

En 1968, l’arrivée d’un conservateur désormais dédié à la photographie contemporaine, Jean-Claude Lemagny, permet de rassembler une collection exceptionnelle d’épreuves, axée sur la photographie dite « créative » et le regard d’auteur. Cette politique active entraîne de nombreuses entrées de tirages de tous horizons. De nombreux photographes américains, japonais, anglais, italiens ainsi que de très nombreux français voient leurs travaux entrer dans les collections.

 

Cette collection continue de s’enrichir activement par voie de dons et d’acquisitions. Pour les épreuves entrées au cours des dix dernières années, citons, parmi de très nombreux enrichissements, le mythique Portfolio Private Property Suite I-III (1984) composé de 45 épreuves d’Helmut Newton, 65 tirages cyanotypes de Thomas Ruff ou le fonds du Bar Floréal et ses 20 000 phototypes de reportage social de 1985 à 2015.

La collection se développe par ailleurs grâce à des acquisitions prestigieuses dans le domaine ancien et moderne (une plaque de Daguerre en 2001, un album de Gustave Le Gray en 2016) mais aussi, selon la tradition, par l’entrée de fonds de presse, de photographies vernaculaires ou d’ensembles documentaires venant compléter des points forts des collections historiques du Département et représentatifs des pratiques et des usages multiples de la photographie. C’est le cas par exemple de la collection de cartes postales d’Alexandre Kojève, du fonds de la Documentation française, du fonds photographique de la DATAR, ou encore de celui de la photographe Yvette Troispoux sur la vie photographique française des années 1970 à 1990…

Expositions

Le département des Estampes et de la photographie contribue régulièrement à des expositions sur le thème des photographies. En voici une sélection :

  • Gustave Le Gray (2002) voir dans l’exposition virtuelle
  • De qui s’agit-il ? Henri Cartier-Bresson (2003)
  • Portraits-visages : 1853-2003 (2003) voir dans l’exposition virtuelle
  • Capa connu et inconnu (2004)
  • Les photographes de l’Empereur : des albums pour Napoléon III (2004) voir dans l’exposition virtuelle
  • Objets dans l’objectif : de Nadar à Doisneau (2005) voir dans l’exposition virtuelle
  • Mario Giacomelli : Métamorphoses (2005)
  • Sebastião Salgado : territoires et vies (2005)
  • Roger Ballen, dans la chambre d’ombre (2006) voir dans l’exposition virtuelle
  • Exposition virtuelle La photographie humaniste, 1945-1968 (2006) voir dans l’exposition virtuelle
  • Les Séeberger, photographes de l’élégance (2006)
  • Exposition virtuelle Atget, une rétrospective (2007) voir dans l’exposition virtuelle

 

Contact

Publications

Par Sylvie Aubenas, Dominique Versavel, Héloïse Conésa, Flora Triebel

45 €, 256 pages, 26 × 24 cm

Sous la direction d’Héloïse Conesa

34 €, 256 pages, 40 illustrations, 16,5 × 24 cm

Sous la direction d’Hélène Blais et Olivier Loiseaux

29 €, 240 pages, 120 illustrations, 18 x 26 cm

 

 

En vidéo

Visite virtuelle de l’exposition Noir et Blanc

L’exposition Noir et blanc, installée en novembre 2020 au Grand Palais,  et portée par le Département des Estampes et de la photographie de la BnF, été démontée sans avoir pu ouvrir au public. Une visite virtuelle a été proposée en en direct le 5 février 2021, animée par trois des commissaires : Sylvie Aubenas, directrice du département des Estampes et de la photographie de la BnF, Héloïse Conésa, conservatrice en charge de la photographie contemporaine au département des Estampes et de la photographie de la BnF, et Dominique Versavel, cheffe du service de la photographie et conservatrice en charge de la photographie moderne au département des Estampes et de la Photographie de la BnF, ainsi que de la journaliste Philomène Bon.

Cette visite exceptionnelle peut être revisionnée ci-dessous :