Lettre du CCFr nº 35 (juillet 2020)

Les actualités de la Base patrimoine

Malgré le confinement lié à l’épidémie de Covid-19, les chargements de notices bibliographiques de différentes bibliothèques partenaires n’ont guère stoppé ces derniers mois. Pour preuve, ces nombreux apports bibliographiques.


Deux bibliothèques municipales classées ont enrichi la Base patrimoine.

La bibliothèque municipale de Lyon a ajouté et mis à jour différents fonds patrimoniaux dans la Base patrimoine révélant l’extrême diversité de ses collections, avec plus de 540 000 notices.
Ainsi, le fonds d’Incunables, ceux de la Maison du Fleuve Rhône, du Dépôt légal imprimeur, le fonds régional et le fonds ancien, extrêmement riches, ont été restructurés pour l’opération.
Le fonds de l’Ecole de tissage traite de la formation des soyeux du 18e siècle à 1960 avec des précis de physique-chimie, de techniques de tissage dont la « Théorie du tissage des étoffes de soie » de Joanny Loir , « l’ABC du tisseur » d’Edmond Leclerc, des traités de sériculture ou des ouvrages historiques comme «l’Encyclopédie méthodique» de Roland de La Platière.

 

Le fonds chinois, très spécifique et de grande ampleur, régulièrement alimenté par des dons et achats du 19e au 21e siècle provient en partie du transfert de l’ancienne bibliothèque de l’institut franco-chinois et de différentes et riches donations de sinologues et traducteurs. Plus de 12 000 de ses sources ont été héritées de la bibliothèque jésuites des Fontaines de Chantilly composée de travaux scientifiques des Jésuites de Shanghai.
Déménagée depuis 1998 dans la bibliothèque de Lyon pour 50 ans, les fameuses collections religieuses de cette dernière institution, forment un ensemble exceptionnel sur l’histoire de l’Eglise et de la religion, la patristique, la théologie, l’Ecriture sainte avec des textes spirituels et œuvres de pères de l’Eglise sans oublier une large part faite à l’histoire, la géographie, l’histoire de l’art, l’ésotérisme, la franc-maçonnerie, la magie, la démonologie et l’occultisme.

 

 

La médiathèque Jacques Demy à Nantes a rajouté des collections inédites avec 203 588 notices bibliographiques supplémentaires pour son fonds patrimonial numérisé et des pièces du fonds du Centre Bermond-Boquié de recherche et d’information sur l’édition francophone pour la jeunesse. Situé dans la médiathèque, le Centre d’études verniennes, en charge de la conservation des collections Jules Verne présentées pour partie au musée a versé dans la Base patrimoine, le fonds consacré à l’écrivain.

D’autres chantiers ont eu lieu avec la collaboration de :
 

Le Répertoire : 5 000 notices de bibliothèques et plus

Pireneas, fruit du partenariat entre la Bibliothèque nationale de France et la Communauté d’agglomération Pau Béarn Pyrénées, est la dixième bibliothèque numérique réalisée dans le cadre du programme «Gallica Marque blanche».
Depuis le 10 avril dernier, elle dispose d’un nouveau portail et regroupe des documents dispersés sur le territoire béarnais et midi pyrénéen avec, provenant de différentes institutions, une multitude de documents régionaux. Certains sont décrits et recensés dans des notices de fonds régionaux et locaux du Répertoire, tels ceux de la bibliothèque d’étude et du patrimoine de Toulouse ou les collections de documentation courante du Musée national et domaine du Château de Pau.
La bibliothèque patrimoniale de Pau, y offre par exemple sur le pyrénéisme, le manuscrit remarquable du Voyage de Paris aux Eaux-Bonnes par Armand-Gustave Houbigant (1841) et la médiathèque Jean-Louis Curtis d’Orthez, les documents relatifs à Francis Jammes issus de son fonds patrimonial.

Quelques exemples récents de notices d’institutions et de fonds mis en ligne dans le Répertoire montrent sa grande diversité :

Les actualités des Manuscrits & Archives

Les dernières publications d’inventaires du Catalogue général des manuscrits (CGM) ?

 

  • En région Occitanie :

La bibliothèque patrimoniale et de recherche du Grand Cahors a publié un supplément d’inventaire de ses manuscrits et de la collection Louis Greil, bibliophile et amateur d’histoire, composée de 1805 composants EAD. A Auch, c’est un nouvel inventaire également pour la bibliothèque de la communauté d’agglomération cœur de Gascogne qui a pu être mis en ligne.

  • En région Auvergne-Rhône Alpes :

La campagne de signalement des manuscrits, lancée depuis octobre 2019 par l’Agence Auvergne Rhône- Alpes Livre et Lecture se poursuit de façon très constructive.

La médiathèque Le Trente à Vienne a publié, en plus de la suite des manuscrits du fonds général, l’inventaire du fonds Roger Dufroid avec ses 388 classeurs et dossiers, véritable encyclopédie régionale. La bibliothèque municipale du Puy-en-Velay, de même, avec d’autres manuscrits du fond général, a publié l’inventaire du fonds Léon Cortial, collectionneur décédé en 1937 qui légua à la ville une bibliothèque d’ouvrages rares et de premier ordre sur l’histoire locale.

La bibliothèque municipale classée de Lyon continue également ses publications dans le CGM avec notamment le fonds de l’artiste-peintre, graveur, illustrateur, Pierre Combet-Descombes (1844-1966) composé d’aquarelles, huiles, dessins, correspondances et archives personnelles.
Il s’ajoute à l’illustre et très hétéroclite fonds de manuscrits d’Alexandre Lacassagne (1843-1924) qui fut un des principaux fondateurs de la médecine légale et de l’anthropologie criminelle. Cet éminent savant et érudit institua les bases de la police criminelle en se passionnant pour plusieurs affaires (Henri Vidal, Joseph Vacher) et contribuant à leur élucidation. Il s’intéressa par ailleurs fortement à J.B. Marat, médecin révolutionnaire en conservant, entre autre, son masque mortuaire. D’autres documents rares et originaux sur les tatouages ou l’argot soulignent encore la forte originalité de ce fonds.

  • En région Grand Est :

L’association professionnelle de coopération régionale Interbibly vient de publier un bilan complet quantitatif et qualitatif des travaux de mise à jour du CGM réalisés sur deux phases distinctes en Lorraine, la première sans l’outil de catalogage TapIR entre juillet et décembre 2018 et l’autre avec TapIR entre septembre 2019 et mars 2020.
Le lancement d’un dispositif de formation pour les professionnels et le recrutement successif de deux bibliothécaires catalogueuses itinérantes, Estelle Schneider et Manon Hue, a permis l’achèvement de cette vaste opération soutenue par la DRAC du Grand-Est, la BnF et les villes de Nancy et de Metz. Les résultats y sont très évocateurs pour plusieurs sites avec un total final de 81 nouveaux instruments de recherche de fonds d’archives et de collections de manuscrits soit, en tout, 13 199 composants EAD. Ceci concerne les manuscrits et archives des bibliothèques d’Epinal, Forbach, Mirecourt, Toul, Verdun, Bar-le-Duc, Nancy, Metz, Saint-Dié-des-Vosges et Lunéville.

Focus sur la bibliothèque Stanislas de Nancy :
Pour ces trois derniers mois, un travail notable de publication de fonds de manuscrits et d’archives s’est poursuivi activement tels ceux de Maurice Toussaint (1885-1955) linguiste, historien et archéologue, Robert Honnert (1919-1938) poète, romancier et journaliste, Moselly (1870-1918) poète de la Lorraine, Jean Lahner (1924-2018) linguiste spécialiste de dialectologie, Haldat du Lys (1770-1852) médecin et physicien et la collection de J.B. Thiéry-Solet (1803-1889).

D’autres chantiers d’inventaires spécifiques sont évoqués dans la rubrique ci-dessous.

Le CCFr a rencontré

Claire Haquet, responsable du service Patrimoine de la bibliothèque municipale classée Stanislas de Nancy. Cet établissement, membre du réseau Co-libris, a pour mission principale, la collecte, la valorisation et la conservation des documents patrimoniaux lorrains. Egalement présidente de l’association professionnelle Bibliopat, Claire est revenue avec nous sur l’histoire d’une valorisation inédite avec ses conséquences locales et humaines.

Quelles ont été les étapes du partenariat de la bibliothèque de Nancy avec le CCFr ?
Dès mon arrivée du Havre en 2009, j’étais déterminée à me familiariser très rapidement avec les collections riches et très nombreuses de ma bibliothèque d’accueil. Le Répertoire s’est révélé être un excellent outil d’appropriation, l’occasion de m’y plonger en priorité pour y effectuer toutes les mises à jour nécessaires.
 

En plus du dépôt légal imprimeur, la bibliothèque conserve en effet des pièces prestigieuses, diverses et surprenantes. En exemple, l’incunable le plus ancien de la bibliothèque qui est le De arte praedicandi de Saint Augustin, quatrième livre de la Doctrine chrétienne daté d’avant 1467 ou encore le Journal de Durival l’aîné, de 1737 à 1795.
Autre ressource passionnante : le fonds d’Augustin-Charles Piroux, composé de portefeuilles d’architecte et de dossiers documentaires sur les sciences et arts de l’époque. La collection est d’ailleurs numérisée en partie sur Limédia Galerie (patrimoine écrit) un des trois sites de la bibliothèque numérique de référence des bibliothèques du Sillon lorrain avec Limédia kiosque ( presse ancienne) et Limédia Mosaique (presse contemporaine, livres, musique et autoformation).
Après une période de fermeture en 2015 pour travaux, il a fallu passer par la case rétroconversion pour alimenter la Base patrimoine, opération d’envergure réalisée en deux périodes, terminée avec plus de 90 000 notices en ligne. A cette occasion, un travail approfondi de classification et de signalisation a permis de rendre ses lettres de noblesse au métier de catalogueur avec la création d’un pôle qualité des données. Une prise de conscience collective sur l’importance de la mise en place de catalogues et du traitement numérique des données bibliographiques s’est effectuée. L’attrait professionnel autour du patrimoine écrit s’en est trouvé renforcé au sein de l’équipe du service Patrimoine, forte d’une quinzaine de membres. Elle est très souvent complétée par des étudiants stagiaires, la bibliothèque s’honorant d’un rôle pédagogique avec, localement un IUT Nancy-Charlemagne (BUT Métiers du livre et du patrimoine) et une filière Master Histoire, civilisations, patrimoine à l’université de Lorraine.
Comment s’est déroulé le chantier de mise à jour du CGM?
L’insurmontable a été vaincu ! Tous les manuscrits étaient en fait mélangés à d’autres fonds identifiés. Il a fallu faire émerger un iceberg d’innombrables papiers d’érudits, sans inventaire d’origine, soit plus de deux ans d’intense débroussaillage avec l’aide d’Interbibly. On a démêlé un magma général avec méthode, comme si on reconstituait un puzzle géant à l’aide de couvertures cartonnées, avec un tri assez physique. Le traitement préparatif fut assez fastidieux avec la manutention de plus de trente cartons poussiéreux stockés sous une soupente. Une bonne connaissance de l’environnement culturel et social du passé s’avéra nécessaire au fil des découvertes pour lier différents évènements évoqués dans les archives. Des ressources extérieures d’historiens locaux et des retours du monde de la recherche nous ont été utiles.
Plusieurs pistes se sont dessinées et une quinzaine de fonds d’archives ont pu se reconstituer dont certains inventaires ont d’ailleurs été publiés dans le CGM très récemment. Beaucoup présentent des documents inédits et remarquables ainsi le fonds du couvent des Thiercelins de Nancy avec l’apport de 250 pièces de correspondances, archives du père Donat, historien et confesseur du duc Charles IV. Avec ces pépites historiques, dont on ne soupçonnait pas l’existence, s’ajoutent des fonds originaux comme celui de Paul Jeandelize (1872-1969), médecin ophtalmologue, celui du compositeur, chef d’orchestre et professeur de musique nancéen Gaston Stoltz (1890-1976) ou celui d’Hubert Soyer-Willemet (1791-1867) pharmacien et botaniste. Ces deux dernières personnalités ont d’ailleurs fait l’objet d’articles dans le blog Epitomé rédigé par les bibliothécaires. Ce carnet virtuel est consacré aux recherches sur l’histoire et les collections de la bibliothèque municipale de Nancy faisant l’écho de ses travaux concertés, découvertes inattendues et projets culturels.
Quels sont vos retours d’expérience avec l’outil TapIR ?
Avec TapIR le gain ergonomique est considérable et permet l’immédiateté de la valorisation des fonds ce qui nous motive grandement. Le troisième supplément depuis 1921 reconverti en 2018 vient juste d’être publié, Interbibly ayant boosté réellement nos actions. TapIR est un levier précieux pour la découverte de fonds qui incite à un travail de recensement complet avec finalisation. Ceci permet de cristalliser, de fait, un intérêt du public et de provoquer, quelques mois après les publications, la mise en place d’expositions ou de travaux universitaires. Que du vivant !
Quelques conseils ?
Toutes ces opérations exigent d’avoir une vision synthétique des collections, ce qui demande un temps d’observation conséquent, dénué de précipitation, pour se familiariser avec la masse patrimoniale. Des erreurs irréparables peuvent être ainsi évitées ! Travailler de concert avec les chargées de missions patrimoine des agences régionales est nécessaire car cela permet de prendre de la distance sur notre vécu avec l’apport d’autres expériences similaires. Enfin, se former sur TapIR reste incontournable comme de s’adresser toujours directement aux interlocuteurs du CCFr, pivots humains indispensables et réellement salvateurs !

L’outil TAPIR rassemble !

 

Nous adressons nos plus vifs remerciements aux 39 utilisateurs professionnels ayant répondu à l’enquête en ligne depuis mai sur l’utilisation de TapIR et le traitement des fonds d’archives et de manuscrits.
Clôturée le 15 juin, ses résultats seront prochainement publiés.

Contact : tapirccfr@bnf.fr

Agenda

Report des 19es Journées des Pôles associés et de la Coopération (JPAC) à une date ultérieure, suite aux circonstances liées à la crise sanitaire.

Le CCFr : à votre service

Qualité des données bibliographiques: le meilleur pour la Base patrimoine !

Réservoir de plus de 7 millions de notices bibliographiques, décrivant les fonds patrimoniaux de plus de 300 bibliothèques en France, la Base patrimoine représente une source primordiale pour tous ceux qui s’intéressent au patrimoine écrit. En constante augmentation, elle bénéficie de trois à quatre chargements par an qui suivent les processus suivants :

  • Chargement par fonds

Dans la Base patrimoine, les notices bibliographiques sont rattachées à près de 1000 fonds à ce jour. Ce qui permet d’effectuer des recherches ciblées très précises vers le fonds Mazarinades de la Bibliothèque municipale de Bordeaux par exemple ou le fonds Wybaw-Delmas de la Médiathèque Grain d’Sel de Carcassonne. La mise à jour d’un fonds peut ainsi se faire assez facilement, en supprimant d’anciennes notices bibliographiques avant d’en importer de nouvelles. L’alimentation de la Base patrimoine ne fonctionne en effet que par ces imports et ne permet pas d’enrichir des notices déjà présentes.

  • Chargement sans modifications

Pour conserver toutes les particularités d’exemplaires et pour pouvoir restituer les notices telles qu’elles ont été fournies, celles-ci sont chargées sans être retouchées. Des échanges ont cependant lieu avec les établissements partenaires afin d’obtenir des données de bonne qualité avant de les incorporer dans la Base patrimoine.

  • Chargement sans dédoublonnage

Le chargement par fonds et l’exigence de respecter les choix de catalogage ou les spécificités de chaque exemplaire font qu’aucun dédoublonnage des notices n’est effectué lors du chargement.

Toutes ces opérations expliquent certaines des difficultés pointées dans l’enquête utilisateurs de 2018 notamment la présence de doublons et une certaine hétérogénéité des données.

Interrogation des données : des évolutions pour la Base patrimoine !
Le chargement par fonds et l’absence de dédoublonnage restent la règle. Les notices pourront généralement être corrigées afin d’améliorer le dédoublonnage dynamique et la pertinence des réponses avec une utilisation plus avantageuse des filtres et facettes d’affinage. Dans un premier temps, ces retouches seront limitées au pays, à la date de publication ou à la langue du document. L’enrichissement des notices grâce à des alignements avec le Catalogue Général de la BnF, l’ajout de liens vers des notices d’autorités, opérations à investissements conséquents, n’aboutiront qu’ultérieurement.

 

 

 

Question / Réponse sur le CCFr

Question : Comment le professionnel peut-il utiliser à bon escient l’accès «Mon compte CCFr» et le lien «Contact» ?

Réponse : Les bibliothécaires utilisent «Mon compte CCFr» en rentrant un mot de passe et code spécifiques pour modifier et mettre à jour leurs notices descriptives d’institutions et de fonds du Répertoire via une plateforme interne. Nul besoin d’adresse courriel. La création d’une notice implique la délivrance automatique de ces identifiants. Pensez à les réclamer. Attention à la fonction copier/coller source habituelle d’erreurs !

 


Rappel : le bordereau à remplir et à renvoyer pour la création de notice d’institution est en ligne.
Astuce : une fois votre notice retrouvée en interne, la fonction panier vous permet d’’enregistrer de manière persistante des notices de toute nature classées en onglets nominatifs, votre institution, vos fonds, vos inventaires (ou instances) du CGM, notices de la Base patrimoine et autres. Elles y resteront en vous faisant gagner du temps.

A savoir :

  • Le lien contact offre une liste de 4 courriels génériques correspondant à chaque champ d’expertise du CCFr. Ils sont destinés aux usagers et aux professionnels des bibliothèques. Ils sont consultés de manière régulière selon les exigences de la charte Marianne et chaque question trouve sa réponse en direct ou via une redirection vers les institutions concernées.
  • La page version (rubrique Actualités) permet de connaitre l’historique et le détail de toutes les évolutions apportées au CCFr, exemple la version 26.4.O du 15 juin dernier.