Femmes de lettres

Alors qu’aujourd’hui la majorité des lecteurs sont des lectrices, les femmes de lettres d’hier sont souvent oubliées, celles d’aujourd’hui sont moins éditées et reçoivent moins de prix littéraires que les hommes de lettres.


Les écrivaines des siècles passés ont trop souvent été escamotées dans le grand silence des oubliés de l’histoire littéraire. Quand elles n’ont pas été complètement invisibilisées par les institutions littéraires, elles sont souvent décrites dans les dictionnaires et les manuels comme la muse, le prête-nom, la femme, la fille ou l’héritière intellectuelle d’un écrivain. Beaucoup sont passées à la postérité sous le pseudonyme masculin qu’elles avaient dû prendre pour se faire accepter ; d’autres ont été injustement décriées, et parfois dans le même temps plagiées par des confrères masculins.

Les autrices sont par conséquent moins rééditées, et nettement moins présentes dans les programmes scolaires et universitaires que leurs homologues masculins. Aujourd’hui encore, éditeurs et critiques cantonnent parfois les écrivaines dans certains genres, de la littérature pour la jeunesse à l’autofiction, ou dans une écriture dite « féminine ». L’Académie française, qui leur avait jadis retiré ce privilège, vient de leur concéder le droit à la féminisation de leurs noms de métiers.

Une relecture de l’histoire littéraire mettant davantage en lumière ces femmes de lettres était devenue indispensable, et elle a d’ailleurs été largement mise en œuvre ces dernière années, comme en témoigne une riche production éditoriale.

Les femmes de lettres des siècles passés sont bien entendu également très présentes dans les collections de littératures française, francophones et du monde entier.
Concernant les autrices contemporaines voir aussi la page :

Sélection Femmes de lettres

Un rééquilibrage était aussi nécessaire dans Gallica : une campagne de numérisation massive d’un corpus de plus de 600 écrivaines françaises a été lancée il y a quelques années, et est toujours en cours.
La sélection Femmes de lettres rend compte de ce travail et vous invite à explorer notre riche matrimoine littéraire, à redécouvrir des autrices effacées par l’histoire littéraire, pour les rééditer, étudier leurs textes, les faire analyser par vos élèves ou tout simplement les lire.
 
Pour retrouver rapidement et télécharger gratuitement les œuvres disponibles dans Gallica de plus de 200 autrices françaises et étrangères, trop souvent et trop longtemps restées dans l’ombre.Vous y trouverez aussi des liens vers les billets de blog ou sélections concernant ces autrices, ou des critiques, biographies, etc. Ces pages seront progressivement complétées par de nouvelles entrées et enrichies en nouveaux liens.
Deux nouvelles pages viennent d’être ajoutées à cette sélection :

Poétesses travailleuses au XIXe siècle
Au XIXe siècle, une production poétique issue des classes populaires émerge. Comme dans bien d’autres cas, ce sont surtout les hommes qui en ont récolté les (rares) lauriers. Qu’en est-il des poétesses travailleuses, rebelles plus ou moins discrètes, entre révolte et conformité?

Les Saint-Simoniennes
Ancêtres des féministes, les Saint-Simoniennes, premières socialistes françaises, ont imposé leur présence dans l’espace politique machiste en créant leurs propres organisations et en diffusant leurs réflexions dans des écrits dont certains frappent encore aujourd’hui par leur modernité.

Elles sont complétées par une série de trois billets de blog concernant les écrivaines travailleuses au XIXe siècle :

Et encore dans Gallica

 
Ce billet propose un parcours instructif et « récréatif » (pour reprendre le trait de Marie de Romieu), à travers les textes sur les femmes, pour les femmes… et contre les hommes parfois, écrits par des autrices, du Moyen âge au XIXe siècle, pour défendre la cause des femmes.
 

Fières de lettres

Dans la chronique intitulée « Fières de lettres », le quotidien Libération, en partenariat avec la BnF, met chaque mois en lumière une œuvre d’écrivaine disponible dans Gallica, et à télécharger gratuitement.
L’ensemble de la série est à retrouver dans le blog Gallica, et bien sûr également sur le site de Libération.

Cycle Autrices oubliées de l’histoire littéraire

Physiologie du Bas-Bleu - Frédéric Soulié – Vignettes de Jules Vernier
En 2021, un cycle de conférences et de lectures a mis en lumière des autrices oubliées de l’histoire littéraire, de l’époque classique au XXe siècle. Une occasion de découvrir quatre femmes de lettres dont la production littéraire, pourtant très riche, demeure méconnue du grand public.
Les conférences du cycle sont disponibles en ligne :

Les femmes de lettres en bibliothèques

Un atelier du livre était consacré le 21 novembre 2023 à la place des femmes en bibliothèque avec notamment deux parties :
Faire vivre des fonds féministes en bibliothèque
avec France Chabod, responsable du Centre des Archives du féminisme et des archives littéraires à l’université d’Angers
et Carole Chabut, directrice de la bibliothèque Marguerite Durand (Ville de Paris)
et Valoriser les autrices et le matrimoine en bibliothèque
Table ronde animée par Fanny Guyomard, journaliste à Livres Hebdo, avec Léa Castor, autrice de bandes dessinées et illustratrice, Aurore Evain, metteuse en scène, autrice et chercheuse, et Nathalie Hersent, coordonnatrice scientifique de la numérisation du département Littérature et art (BnF).

Voir aussi l’Atelier Lire au féminin, le 30 mars 2021

Autres vidéos et livres lus

On peut trouver des films et des livres lus écrits par des femmes à écouter sur les postes audiovisuels dans toutes les salles de la Bibliothèque tous publics.
De nombreuses conférences sur des femmes de lettres sont également disponibles en vidéo dans Gallica :
Des vidéos de conférences passées, par exemple celle sur Simone de Beauvoir par Elisabeth Badinter (28 février 2001) sont aussi disponibles sur ce site.

Bibliographies et billets de blog

 

Des études critiques

… et beaucoup d’autres titres.

Des articles en ligne

Dictionnaire universel des créatrices

Éditions des femmes-Antoinette Fouque
Des créatrices de tous les continents, de toutes les époques et dans tous les domaines de l’activité humaine sont recensées dans le Dictionnaire universel des créatrices, qui est désormais disponible en accès illimité, sur place et à distance, dans les ressources électroniques de la BnF.
Le dictionnaire universel des créatrices. Sous la direction de Béatrice Didier, Antoinette Fouque, Mireille Calle-Gruber ; lettrines dessinées par Sonia Rykiel. Des femmes, 2013. 3 tomes, est égalment disponible en version imprimée en libre-accès.
Voir aussi le site : https://www.dictionnaire-creatrices.com/

Pour aller plus loin